Comme je suis du Parti de Gauche (qui a d'ailleurs lui-même produit une excellente analyse du scrutin de l'autre soir), je vais surtout parler du résultat du Front de Gauche mais aussi, parce que c'est ce qui choque les gens, du FN.
Déception au Front de Gauche ?
On est en dessous des espérances que certains sondages et ce qu'on observait sur le terrain avaient nourris. Pourquoi ? Bien malin qui pourrait le dire. Entre l'imprécision des sondages, le décalage dans le temps entre la date de réalisation et la date du vote et l'enthousiasme particulier de nos électeurs ou l'enthousiasme d'électeurs de Hollande pour le Front de Gauche (vote utile), il y a mille façons d'expliquer les résultats (voir plus bas pour quelques unes qui nous donnent le beau rôle).
Ce qui est certains c'est que tous les gens qui venaient à nos meetings et nos réunions de quartier, les gens qui avaient un grand sourire en nous voyant, collant et diffusant des tracts, existent. Mais on n'avait pas de moyen de savoir combien ça ferait en pourcentage des voix. Maintenant, on sait plus ou moins. Et on n'a pas fait un mauvais score. Le Front de Gauche continue de progresser : en pourcentage par rapport à notre point haut des cantonales et en voix, bien entendu, vu la participation à la présidentielle. Ce que j'espère, c'est que l'enthousiasme palpable qui a entouré la campagne ne retombera pas, que les électeurs du Front de Gauche donneront beaucoup de militants et seront mobilisés supérieurement pour les scrutins et les luttes sociales à venir.
En fait, la déception qu'on sent actuellement est une très bonne chose. Ça montre qu'on n'est plus résigné à faire des scores riquiquis.
BONUS 1 : On a eu raison d'être optimiste et il faut qu'on le reste, qu'on garde à chaque élection, à chaque mobilisation sociale, l'objectif de la gagner. C'est comme ça qu'on peut mobiliser des millions de gens. Pas en disant : "on va pas gagner cette fois-ci mais votez pour nous quand même" et en attendant indéfiniment qu'un concours de circonstances nous amène le pouvoir sur un plateau. C'est en se battant pour la victoire qu'on la fait venir. C'est en étant défaitiste qu'on nourrit la défaite. Ainsi des législatives à venir : nous voulons la majorité absolue des députés, votez pour nous !
Parlons maintenant du FN.
Pour contester le vote des classes populaire au FN, il aurait fallu qu'on n'en fasse pas tant pour accréditer le mythe de "Le Pen candidate des ouvriers" ou à défaut qu'on en fasse plus pour casser le mythe.
Pour cela, on pouvait montrer que ce qu'ils nous proposent, c'est simplement de remplacer l'exploitation des prolétaires de tous les pays par les capitalistes de tous les pays par une exploitation des prolétaires français par les capitalistes français.
Or, personne (sauf nous) n'a attaqué le FN sur l'absence de partage des richesses dans son programme parce que personne (sauf nous) n'est pour le partage des richesses.
De même, le FN avait l'austérité dans son programme mais personne (sauf nous) ne l'a attaqué là-dessus parce que tout le monde (sauf nous) est pour l'austérité.
Enfin, personne (sauf nous) n'a relevé l'anti-syndicalisme du FN parce que tout le monde (sauf nous) est du côté des patrons.
Ce qui fait que le mythe du FN défenseur des petites gens a tenu jusqu'au bout.
Le FN est favorisé par rapport au Front de Gauche parce qu'il cadre beaucoup mieux avec l'idéologie dominante (anti-égalitaire, pro-austérité et casseuse de syndicaliste).
Pour résumer, le FN a pu se présenter en parti anti-système tout en cadrant relativement bien avec l'ordre actuel, ce qui fait qu'il est facile pour les déçus du système de s'en rapprocher. En effet, il est plus facile pour quelqu'un d'accepter un programme "anti-système" si ce programme cadre bien avec son propre inconscient, lui-même façonné par l'ordre actuel et son idéologie dominante. En l'occurrence, c'est la focalisation sur la question de l'euro qui a permis au FN de se présenter comme anti-système. Et ce, alors même qu'il n'y a, à leur programme, qu'une "sortie négociée" de l'euro, c'est-à-dire qui dépend du bon vouloir de nos partenaires européens au moins autant que la stratégie de désobéissance européenne du Front de Gauche.
On aurait pu tirer les fruits du côté pro-système de Le Pen en se présentant comme plus anti-système qu'elle et c'est ce qu'a pu faire, un temps, le Front de Gauche. Mais la campagne médiatique visant à montrer Mélenchon comme un homme du système (à la fois en insistant sur de soi-disant relations troubles et en nous harcelant sur notre "ralliement" à Hollande) a fini par porter ses fruits auprès d'un électorat qui hésitait entre le FN et nous. Car ces arguments étaient précisément ceux du FN : "Mélenchon allié du MEDEF et Mélenchon rabatteur de voix du PS".
BONUS 2 : Un effet qu'on observe une fois de plus, c'est la synergie des campagnes. Sarko a fait une campagne d'extrême droite et le total FN + UMP est élevé. Alors que ni le PS ni les verts n'ont fait campagne à gauche et la montée du score de la gauche est décevante (encore une fois c'est de la bonne déception) compte tenu du fait que la droite gouverne depuis 10 ans et avec un bilan mauvais. J'affirme que, sans notre exceptionnelle campagne face à une adversité médiatique que seul un Cheminade a pu rencontrer, le FN aurait fait les scores au dessus de 20% qu'on annonçait en début de campagne et la gauche n'aurait pas fait son meilleur score de premier tour depuis 1988.
lundi 23 avril 2012
mercredi 18 avril 2012
Personnalisation
Dernier de trois vices dont je parlerai parmi tout ce qui affaiblit l'efficacité du vote (les deux autres sont l’abstention et le "vote utile").
Personnaliser, c’est déterminer son vote (ou son engagement) en fonction de la personnalité d'un ou d'une candidat-e. On vote alors en fonction du sentiment que nous inspire la personnalité de quelqu'un. Ça peut-être très flou comme impression ("celui-là, je le sens pas") ou ça peut-être déterminé par des choses plus précises ("machin a fait ci, a dit ça, ça va pas"). C'est un comportement bien naturel. C'est comme cela qu'on juge les gens qu'on rencontre dans la vie de tout les jours, qu'on détermine ses amitiés ou à qui l'on accorde sa confiance. Mais ça n'est pas du tout adapté aux choix politiques qu'on doit faire en tant que citoyen.
Cela parce qu'on a, le plus souvent, une image des politiciens qui ne correspond pas du tout à ce qu'ils sont réellement. Cela aussi parce que ce qui sera fait réellement par le pouvoir politique dépend très peu ou pas du tout de la personnalité du candidat élu. Enfin, ça masque les vrais enjeux. Ce qui est important, c'est que le peuple se mobilise sur un programme. Si il est aveuglé par la personnalité de tel ou tel candidat, il en oublie de s'interroger sur ce qu'il faudrait faire (on pourrait aussi dire : si les médias nous saoulent en permanence avec des considérations sur le caractère de tel ou tel, c'est autant de temps d'antenne qui ne sera pas consacré au débat sur les programmes).
Je reviens sur les deux premiers points.
Premier point.
A moins qu'on ne connaisse personnellement la personne, l'image qu'on a des politiciens est une construction médiatique. Elle résulte d'un jeu où tous (les médias stipendiés ou eux-mêmes manipulés, les politiciens coachés ou simplement malins) cherchent à manipuler les autres (les médias, les politiciens et les citoyens).
Parenthèse : la manipulation est parfois inconsciente ! On (on, c’est-à-dire nous, simples citoyens ou eux, gens de médias) peut se laisser prendre au piège des préjugés. C'est le cas lorsqu'une opinion dominante bien enracinée fait apparaître comme excessif ce qui n'est qu'une critique argumentée de cette même opinion dominante. Une paraphrase pour essayer de me faire bien comprendre : une opinion peut être tellement enracinée dans nos consciences qu'on a du mal à accepter de la considérer comme un préjugé (ce que la critique nous demande) plutôt que comme une loi de la nature (ce que l'on fait inconsciemment).
Bref, cette image est extrêmement malléable, surtout par ceux qui ont prise sur les médias (l'UMP et le PS, bien inscrits dans les cercles du pouvoir). C'est donc un mauvais critère de jugement.
Deuxième point.
Que les actes ne dépendent que peu de la personnalité (ou soi-disant personnalité, puisqu'on a vu qu'on ne la connait pas réellement) des politiciens se voit bien avec l'exemple de Chirac et Sarkozy. Deux personnalités différentes au possible, entre l'homme qui boit des bières et mange de la tête de veau et le président du Fouquet's, on était en droit d'attendre que Sarko favorise éhontément les super riches et que Chirac réduise la fracture sociale. Cependant les chiffres montrent que, sous Chirac, la réforme de l'imposition a été bien plus favorable aux gros revenus que sous Sarkozy. En fait, Sarko a eu une politique dans la droite ligne de celle qu'a menée Chirac, tout juste infléchie par l'irruption de la crise qui l'a forcé à quelques mesures cosmétiques de taxations des riches (un peu et dans le même temps qu'on taxe beaucoup les pauvres).
C'est d'abord l'état idéologique de la société qui conditionne l'action gouvernementale, puis, dans le désordre la force de l'administration, des partis, la situation internationale etc. Mais la personnalité pas trop, non.
Épilogue centré sur l'actualité.
Tout ceci est (entre autres) la raison pour laquelle il ne faut pas se formaliser sur le tombereau de soi disant révélations qui s'abattent en cette fin de campagne de premier tour sur le candidat du Front de Gauche. Toutes ces attaques sont censées nous montrer un candidat qui complote, qui a quelques références idéologiques un peu troubles mais l'important reste le programme. Ce que ça révèle surtout, c'est que le PS (ou l'UMP, on pourrait passer devant eux au premier tour) avait gardé dans ses cartons de quoi animer la dernière semaine, qu'ils le déversent sans vergogne par leurs canaux médiatiques et que si des gens se formalisent parce qu'on discute avec ses adversaires politiques, ils ont perdu le sens de l'idéal républicain.
Mais pourquoi avoir choisi Mélenchon si c'est un homme si sulfureux (enfin pas pour moi mais bon) ? Ce que le Front de Gauche demande à son candidat, c'est d'être le porte voix d'un programme. Mélenchon est excellent pour faire passer les idées du Front de Gauche en interview et en meeting. On a choisi le bon.
Personnaliser, c’est déterminer son vote (ou son engagement) en fonction de la personnalité d'un ou d'une candidat-e. On vote alors en fonction du sentiment que nous inspire la personnalité de quelqu'un. Ça peut-être très flou comme impression ("celui-là, je le sens pas") ou ça peut-être déterminé par des choses plus précises ("machin a fait ci, a dit ça, ça va pas"). C'est un comportement bien naturel. C'est comme cela qu'on juge les gens qu'on rencontre dans la vie de tout les jours, qu'on détermine ses amitiés ou à qui l'on accorde sa confiance. Mais ça n'est pas du tout adapté aux choix politiques qu'on doit faire en tant que citoyen.
Cela parce qu'on a, le plus souvent, une image des politiciens qui ne correspond pas du tout à ce qu'ils sont réellement. Cela aussi parce que ce qui sera fait réellement par le pouvoir politique dépend très peu ou pas du tout de la personnalité du candidat élu. Enfin, ça masque les vrais enjeux. Ce qui est important, c'est que le peuple se mobilise sur un programme. Si il est aveuglé par la personnalité de tel ou tel candidat, il en oublie de s'interroger sur ce qu'il faudrait faire (on pourrait aussi dire : si les médias nous saoulent en permanence avec des considérations sur le caractère de tel ou tel, c'est autant de temps d'antenne qui ne sera pas consacré au débat sur les programmes).
Je reviens sur les deux premiers points.
Premier point.
A moins qu'on ne connaisse personnellement la personne, l'image qu'on a des politiciens est une construction médiatique. Elle résulte d'un jeu où tous (les médias stipendiés ou eux-mêmes manipulés, les politiciens coachés ou simplement malins) cherchent à manipuler les autres (les médias, les politiciens et les citoyens).
Parenthèse : la manipulation est parfois inconsciente ! On (on, c’est-à-dire nous, simples citoyens ou eux, gens de médias) peut se laisser prendre au piège des préjugés. C'est le cas lorsqu'une opinion dominante bien enracinée fait apparaître comme excessif ce qui n'est qu'une critique argumentée de cette même opinion dominante. Une paraphrase pour essayer de me faire bien comprendre : une opinion peut être tellement enracinée dans nos consciences qu'on a du mal à accepter de la considérer comme un préjugé (ce que la critique nous demande) plutôt que comme une loi de la nature (ce que l'on fait inconsciemment).
Bref, cette image est extrêmement malléable, surtout par ceux qui ont prise sur les médias (l'UMP et le PS, bien inscrits dans les cercles du pouvoir). C'est donc un mauvais critère de jugement.
Deuxième point.
Que les actes ne dépendent que peu de la personnalité (ou soi-disant personnalité, puisqu'on a vu qu'on ne la connait pas réellement) des politiciens se voit bien avec l'exemple de Chirac et Sarkozy. Deux personnalités différentes au possible, entre l'homme qui boit des bières et mange de la tête de veau et le président du Fouquet's, on était en droit d'attendre que Sarko favorise éhontément les super riches et que Chirac réduise la fracture sociale. Cependant les chiffres montrent que, sous Chirac, la réforme de l'imposition a été bien plus favorable aux gros revenus que sous Sarkozy. En fait, Sarko a eu une politique dans la droite ligne de celle qu'a menée Chirac, tout juste infléchie par l'irruption de la crise qui l'a forcé à quelques mesures cosmétiques de taxations des riches (un peu et dans le même temps qu'on taxe beaucoup les pauvres).
C'est d'abord l'état idéologique de la société qui conditionne l'action gouvernementale, puis, dans le désordre la force de l'administration, des partis, la situation internationale etc. Mais la personnalité pas trop, non.
Épilogue centré sur l'actualité.
Tout ceci est (entre autres) la raison pour laquelle il ne faut pas se formaliser sur le tombereau de soi disant révélations qui s'abattent en cette fin de campagne de premier tour sur le candidat du Front de Gauche. Toutes ces attaques sont censées nous montrer un candidat qui complote, qui a quelques références idéologiques un peu troubles mais l'important reste le programme. Ce que ça révèle surtout, c'est que le PS (ou l'UMP, on pourrait passer devant eux au premier tour) avait gardé dans ses cartons de quoi animer la dernière semaine, qu'ils le déversent sans vergogne par leurs canaux médiatiques et que si des gens se formalisent parce qu'on discute avec ses adversaires politiques, ils ont perdu le sens de l'idéal républicain.
Mais pourquoi avoir choisi Mélenchon si c'est un homme si sulfureux (enfin pas pour moi mais bon) ? Ce que le Front de Gauche demande à son candidat, c'est d'être le porte voix d'un programme. Mélenchon est excellent pour faire passer les idées du Front de Gauche en interview et en meeting. On a choisi le bon.
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jeudi 8 mars 2012
Stratégie sarkozienne
Pourquoi Sarkozy copie-t-il Le Pen ?
Ça ressemble pourtant à une stratégie perdante. Cela rebutera beaucoup de monde à droite, au moment où il faudra voter pour lui au deuxième tour (si jamais il y arrive). Une grosse part de l'électorat traditionnel UMP et la quasi totalité de l'électorat de Bayrou seront perdues. De l'autre côté, l'extrême droite monte mais pas au point que ses voix garantissent la victoire sur la ligne actuelle de Sarkozy. Le rejet de la xénophobie et de mesures violentes d'expulsions d'immigrés (c'est cela qu'implique les objectifs d'immigration que se fixent l'UMP et le FN : une grande violence se cache derrière ce qui ressemble à une simple mesure administrative) est encore vif dans le pays. Et on n'est pas encore une majorité (malgré la propagande du patronat sur ces sujets) à croire que si les gens sont au RSA ou au chômage, c'est que c'est top pour se la couler douce (on vit très mal au RSA ; si l'économie était tellement en manque de travailleurs que ça, les salaires monteraient).
J'ai une hypothèse sur ce sujet.
La droite ne croit pas qu'elle puisse gagner l'élection. Depuis le début de la crise, dans tous les pays du monde, tous les sortants ont été battus, il en ira de même pour Sarkozy. Dès lors une partie de la droite se serait repliée sur une stratégie de plus long terme.
Le but est de mettre le paquet pour couper les classes populaires de la gauche. Pour ce faire, il ne faut pas parler du monde économique. En effet, comment vanter les vertus (théoriques) du modèle capitaliste face au chômage, à la dureté du travail, la précarité, la faiblesse des payes, la chèreté de la vie, toutes ces choses bien concrètes, constatables par tous, qui n'ont fait que s'amplifier depuis le temps qu'on dérégule à tout va (bientôt 30 ans). Par contre, on peut y arriver en parlant aux prolétaires de leur voisin qui vit vaguement mieux qu'eux ou qui vit moins bien mais on ne s'en aperçoit pas. On dit aux gens : "regardez cette personne-là, elle coûte cher (c'est pas vrai, ce qui coûte cher, c'est les riches qui planquent leur pognon en Suisse, qui fraudent le fisc etc.), c'est à cause d'elle que ça va moins bien pour vous". Et comme on a expliqué aux gens que c'était impossible de rien changer au système, ils se rabattent sur ce qui leur apparaît plus simple pour résoudre leurs problèmes : virer l'immigré, mettre au travail forcé le chômeur, même si, en vrai, cela ne les aiderait en rien.
Mais dans le même temps qu'ils acceptent l'idée que le chômeur/RMIste/immigré est un parasite, on les éloigne de la gauche. Car la gauche dit le contraire. Elle dit qu'il faut des protections sociales pour éviter que les travailleurs soient à la merci du patronat. Elle dit qu'on doit régulariser les travailleurs immigrés. Rappelez-vous que les expulser efficacement demande un niveau de violence inacceptable. Partant, il faut qu'ils aient des papiers. Il le faut parce que avec des papiers, ils pourront participer aux luttes des prolétaires (de tous les pays qui doivent s'unir) pour le progrès social pour tous.
Ajoutez un peu de saupoudrage avec des éléments culturels (viande hallal) qui choquent parfois certaines habitudes même si au fond ça ne remet pas en cause notre bien-être. Ajoutez y encore un peu de calomnie sur le mouvement syndical (qui est parfois dysfonctionnel mais surtout parce que le patronat lutte avec acharnement contre, au point d'acheter des délégués syndicaux) et la coupure d'avec la gauche est réalisée. Au final, on se retrouve à la prochaine élection (après l'échec attendu de Hollande et de ses politiques d'austérité) en très bonne posture pour avoir une grosse majorité et pouvoir faire des réformes en profondeur.
En plus, Sarkozy prend sur lui toute la saloperie extrêmedroitière qui devrait entacher la totalité de l'UMP, puisqu'elle l'a toujours soutenu et voté toutes ses lois. Ainsi, Juppé ou un autre pseudo-modéré pourra revenir en 2017, blanc comme neige et rafler les votes modérés quand les votes populaires seront largement détournés de la gauche par l'extrême droite ou l'abstention. Sarkozy, il s'en fout de ne pas être réélu, il se fera bien plus de maille à faire jouer son réseau auprès de grands groupes fortunés (comme Gerhard Schröder, Blair, Clinton et d'autres)
Heureusement qu'ils sont tombés sur un os, qui dénonce les impostures et propose un autre avenir. Participez à la lutte politique avec nonos !
Complément.
Pourquoi parlé-je des classes populaires en particulier ? D'abord, j'admets que c'est un point faible dans mon raisonnement, prenez-y garde ! D'expérience, je sais que toutes les classes sont sensibles à la stigmatisation des rmistes, des chômeurs et des immigrés. Tout le monde peut tomber dans le piège.
Mon hypothèse, c'est que ceux qui souffrent le plus sont plus pressés d'avoir un peu de soulagement et peuvent être plus enclins à céder à l'apparente facilité des mesures. Ils ont peut-être plus de difficulté à croire qu'on peut tout changer parce que leurs préoccupation quotidiennes ne leur laissent pas le loisir d'imaginer une autre société.
A l'inverse, les gens des classes populaires savent ce que c'est que la souffrance sociale mieux que personne et voient bien que le chômage, ça résulte rarement d'un choix. Il n'y a que les plus repliés dans leur bulle qui croiront que tout le monde peut s'en sortir comme eux si ils acceptent d'en chier comme eux.
C'est pourquoi la gauche peut s'appuyer sur des éléments concrets pour contrer l'offensive sarkozyste. C'est pourquoi aussi il faut lutter contre l'isolement des gens et c'est pourquoi le parti de l'os organise tant de réunions publiques.
Deuxième complément : autre hypothèse.
Peut-être que ce n'est même pas une stratégie perdante. On peut se dire que ce que cherche Sarko, c'est de s'assurer le bon report des voix de Le Pen. Pour l'instant, ces voix se répartissent plutôt en sa défaveur entre lui et Hollande au deuxième tour. Il y a donc gros à gagner de ce côté là. D'autant qu'en copiant Le Pen, il seront deux à lutter pour ces idées et cela peut aider à augmenter leurs scores cumulés du 1er tour. Le tout, c'est de la jouer finement pour ne pas perdre trop de Bayrouistes. Quoiqu'il en soit, il serait idiot pour la gauche de draguer le centre droit, car elle perdrait sur le terrain des classes populaires et car en assumant des valeurs de gauche, on peut convaincre des bayrouistes que l'UMP c'est l'horreur à éviter à tout prix (fut-ce au prix d'un vote Mélenchon). Il y a aussi l'enjeu des législatives : l'UMP veut éviter autant que possible les triangulaires en siphonnant le FN. En effet, il pourrait y avoir une chance pour la droite de conserver l'assemblée nationale avec peu de triangulaires FN-UMP-Gauche et compte tenu du nouveau découpage des circonscriptions et des nouvelles circonscriptions de l'étranger qui favorisent la droite.
Le fond de l'affaire, c'est de toutes les façons la bataille culturelle pour que les idéaux de gauche reprennent l'hégémonie aux idées tordues des droitiers. C'est l'objet de pas mal d'articles sur ce blog.
Ça ressemble pourtant à une stratégie perdante. Cela rebutera beaucoup de monde à droite, au moment où il faudra voter pour lui au deuxième tour (si jamais il y arrive). Une grosse part de l'électorat traditionnel UMP et la quasi totalité de l'électorat de Bayrou seront perdues. De l'autre côté, l'extrême droite monte mais pas au point que ses voix garantissent la victoire sur la ligne actuelle de Sarkozy. Le rejet de la xénophobie et de mesures violentes d'expulsions d'immigrés (c'est cela qu'implique les objectifs d'immigration que se fixent l'UMP et le FN : une grande violence se cache derrière ce qui ressemble à une simple mesure administrative) est encore vif dans le pays. Et on n'est pas encore une majorité (malgré la propagande du patronat sur ces sujets) à croire que si les gens sont au RSA ou au chômage, c'est que c'est top pour se la couler douce (on vit très mal au RSA ; si l'économie était tellement en manque de travailleurs que ça, les salaires monteraient).
J'ai une hypothèse sur ce sujet.
La droite ne croit pas qu'elle puisse gagner l'élection. Depuis le début de la crise, dans tous les pays du monde, tous les sortants ont été battus, il en ira de même pour Sarkozy. Dès lors une partie de la droite se serait repliée sur une stratégie de plus long terme.
Le but est de mettre le paquet pour couper les classes populaires de la gauche. Pour ce faire, il ne faut pas parler du monde économique. En effet, comment vanter les vertus (théoriques) du modèle capitaliste face au chômage, à la dureté du travail, la précarité, la faiblesse des payes, la chèreté de la vie, toutes ces choses bien concrètes, constatables par tous, qui n'ont fait que s'amplifier depuis le temps qu'on dérégule à tout va (bientôt 30 ans). Par contre, on peut y arriver en parlant aux prolétaires de leur voisin qui vit vaguement mieux qu'eux ou qui vit moins bien mais on ne s'en aperçoit pas. On dit aux gens : "regardez cette personne-là, elle coûte cher (c'est pas vrai, ce qui coûte cher, c'est les riches qui planquent leur pognon en Suisse, qui fraudent le fisc etc.), c'est à cause d'elle que ça va moins bien pour vous". Et comme on a expliqué aux gens que c'était impossible de rien changer au système, ils se rabattent sur ce qui leur apparaît plus simple pour résoudre leurs problèmes : virer l'immigré, mettre au travail forcé le chômeur, même si, en vrai, cela ne les aiderait en rien.
Mais dans le même temps qu'ils acceptent l'idée que le chômeur/RMIste/immigré est un parasite, on les éloigne de la gauche. Car la gauche dit le contraire. Elle dit qu'il faut des protections sociales pour éviter que les travailleurs soient à la merci du patronat. Elle dit qu'on doit régulariser les travailleurs immigrés. Rappelez-vous que les expulser efficacement demande un niveau de violence inacceptable. Partant, il faut qu'ils aient des papiers. Il le faut parce que avec des papiers, ils pourront participer aux luttes des prolétaires (de tous les pays qui doivent s'unir) pour le progrès social pour tous.
Ajoutez un peu de saupoudrage avec des éléments culturels (viande hallal) qui choquent parfois certaines habitudes même si au fond ça ne remet pas en cause notre bien-être. Ajoutez y encore un peu de calomnie sur le mouvement syndical (qui est parfois dysfonctionnel mais surtout parce que le patronat lutte avec acharnement contre, au point d'acheter des délégués syndicaux) et la coupure d'avec la gauche est réalisée. Au final, on se retrouve à la prochaine élection (après l'échec attendu de Hollande et de ses politiques d'austérité) en très bonne posture pour avoir une grosse majorité et pouvoir faire des réformes en profondeur.
En plus, Sarkozy prend sur lui toute la saloperie extrêmedroitière qui devrait entacher la totalité de l'UMP, puisqu'elle l'a toujours soutenu et voté toutes ses lois. Ainsi, Juppé ou un autre pseudo-modéré pourra revenir en 2017, blanc comme neige et rafler les votes modérés quand les votes populaires seront largement détournés de la gauche par l'extrême droite ou l'abstention. Sarkozy, il s'en fout de ne pas être réélu, il se fera bien plus de maille à faire jouer son réseau auprès de grands groupes fortunés (comme Gerhard Schröder, Blair, Clinton et d'autres)
Heureusement qu'ils sont tombés sur un os, qui dénonce les impostures et propose un autre avenir. Participez à la lutte politique avec nonos !
Complément.
Pourquoi parlé-je des classes populaires en particulier ? D'abord, j'admets que c'est un point faible dans mon raisonnement, prenez-y garde ! D'expérience, je sais que toutes les classes sont sensibles à la stigmatisation des rmistes, des chômeurs et des immigrés. Tout le monde peut tomber dans le piège.
Mon hypothèse, c'est que ceux qui souffrent le plus sont plus pressés d'avoir un peu de soulagement et peuvent être plus enclins à céder à l'apparente facilité des mesures. Ils ont peut-être plus de difficulté à croire qu'on peut tout changer parce que leurs préoccupation quotidiennes ne leur laissent pas le loisir d'imaginer une autre société.
A l'inverse, les gens des classes populaires savent ce que c'est que la souffrance sociale mieux que personne et voient bien que le chômage, ça résulte rarement d'un choix. Il n'y a que les plus repliés dans leur bulle qui croiront que tout le monde peut s'en sortir comme eux si ils acceptent d'en chier comme eux.
C'est pourquoi la gauche peut s'appuyer sur des éléments concrets pour contrer l'offensive sarkozyste. C'est pourquoi aussi il faut lutter contre l'isolement des gens et c'est pourquoi le parti de l'os organise tant de réunions publiques.
Deuxième complément : autre hypothèse.
Peut-être que ce n'est même pas une stratégie perdante. On peut se dire que ce que cherche Sarko, c'est de s'assurer le bon report des voix de Le Pen. Pour l'instant, ces voix se répartissent plutôt en sa défaveur entre lui et Hollande au deuxième tour. Il y a donc gros à gagner de ce côté là. D'autant qu'en copiant Le Pen, il seront deux à lutter pour ces idées et cela peut aider à augmenter leurs scores cumulés du 1er tour. Le tout, c'est de la jouer finement pour ne pas perdre trop de Bayrouistes. Quoiqu'il en soit, il serait idiot pour la gauche de draguer le centre droit, car elle perdrait sur le terrain des classes populaires et car en assumant des valeurs de gauche, on peut convaincre des bayrouistes que l'UMP c'est l'horreur à éviter à tout prix (fut-ce au prix d'un vote Mélenchon). Il y a aussi l'enjeu des législatives : l'UMP veut éviter autant que possible les triangulaires en siphonnant le FN. En effet, il pourrait y avoir une chance pour la droite de conserver l'assemblée nationale avec peu de triangulaires FN-UMP-Gauche et compte tenu du nouveau découpage des circonscriptions et des nouvelles circonscriptions de l'étranger qui favorisent la droite.
Le fond de l'affaire, c'est de toutes les façons la bataille culturelle pour que les idéaux de gauche reprennent l'hégémonie aux idées tordues des droitiers. C'est l'objet de pas mal d'articles sur ce blog.
dimanche 22 janvier 2012
Logique
Ceci est la 2ème partie d’une série en trois partie sur le vote. La 1ère est ici, la troisième est enfin publiée.
Je parlais du sentiment de l’inutilité du vote qui nourrit l’abstention. Parmi ce qui participe à donner ce sentiment, le comportement moutonnier qu’on appelle abusivement vote « utile » que je nommerai vote futile par la suite, joue un rôle non négligeable.
Qu’est-ce que le vote futile ? Il en existe au moins deux variantes. Dans la première, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » de gagner au second (ce qui pousse en général les gens de gauche à voter vers le centre). C’était essentiellement comme cela qu’on votait avant 2002 et cela assurait une bonne part du vote PS. En 2007 encore, on peut attribuer une bonne part du vote Bayrou à ce genre de comportement : pensant que Ségolène Royal « n’avait aucune chance » face à Sarkozy, beaucoup d’électeurs de gauche se sont rabattus sur un vote Bayrou parce qu’avec lui, « on avait une chance » d’éviter le pire. Dans la deuxième variante, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » d’aller au second, c’est ce qu’on appelle aussi « éviter un nouveau 21 Avril ». C’est la grande trouvaille de la décennie pour les partis dominants, qui leur permet de maintenir leur domination alors même que la détestation qu’ils inspirent est à son comble. En un sens, le PS et l’UMP sont donc grandement redevables au FN pour son rôle d’épouvantail rabatteur d’électeurs déçus.
J’utilise des guillemets dans le paragraphe précédent afin de marquer le caractère de « on dit » des affirmations. Car c’est bien sur une rumeur que l’on se fonde quand on se lance dans le vote futile. Une rumeur légitimée par le système médiatique et l’aspect pseudo scientifique de sondages mais une rumeur quand même. Et comme toutes les rumeurs, les conditions de sa production sont sujettes à bien des manipulations.
Production d'une rumeur
Trois temps pour cette production :
Primo, le système médiatique fait le black-out sur la plupart des candidats. En général, on n’entend parler de personne sauf du PS et de l’UMP. Parfois, quand les médiacrates ne sont pas satisfaits de ce que leurs proposent ces deux partis, ils vont chercher un autre candidat de droite pour lui donner aussi une exposition médiatique (Bayrou, par exemple, ou Balladur). Et bien sûr, même si on ne l’invite pas à s’exprimer, le FN est toujours présent. Cité par tous, il est censé agir comme un épouvantail. Ce black-out provient tout autant des affinités des médiacrates (souvent copain comme cochons avec les gens bien des partis dominants) que de leur paresse intellectuelle. Pour eux, deux partis ça suffit, si on en rajoute de trop, ils ne s’y retrouvent plus.
Secundo, dans ces conditions, il est bien normal que l’opinion admise soit que les deux principaux prétendants sont au PS et à l’UMP avec le FN en embuscade. Le triste de l'affaire, c'est qu'on admette trop facilement cette opinion. En effet, pourquoi écouter un expert politologue ou éditorialiste qui n’en sait au fond pas plus que toi ? Ou un sondage qui, s’il mesure parfois quelque chose sur le moment (et avec quelles barres d'erreur ?) n’a aucune valeur prédictive ? On gobe donc, on gobe.
Tertio, les jeux sont faits. La position dans les sondages et l’air du temps (qui est une création des quelques têtes parlantes qui monopolisent l’espace médiatique plus qu'une réalité objective) déterminant à la fois l’écho donné aux déclarations du candidat et sa capacité à s’attirer le vote futile, la première prophétie (pipée) détermine les sondages et les avis éclairés qui suivent et elle devient auto réalisatrice. Quand par malheur, quelqu’un apprend qu’il existe d’autres candidats plus compétents, plus respectueux de la démocratie et avec des programmes bien meilleurs, il a déjà suffisamment en tête que les Français n’aiment que la sociale démocratie tirant à droite (le PS) ou la droite tirant vers l’extrême droite (l’UMP) pour imaginer que son choix en faveur d’un autre candidat plus proche de ses idées pourrait bien être suivi par une grande masse de ses concitoyens si il se décidait.
Dans ce jeu, j’ai cité l’influence des médias et des sondages mais il ne faudrait pas non plus oublier l’influence des grands partis eux-mêmes. Ceux-ci, à défaut de faire campagne sur leurs idées (ce qui ne serait peut-être pas si bien apprécié des électeurs), se contentent souvent de décourager l’électorat ou de l’effrayer. Pour décourager les braves gens, le jeu consiste à renforcer la croyance qu’ils sont les seuls vainqueurs possibles. Et pour les effrayer, rien de tel que d’exagérer le danger FN (ce qui en soi participe à effectivement à l’accroître) et de crier à la traîtrise et à la collusion avec l’extrême droite dès qu’on se permet la moindre critique sur leur compte.
Face à tout cela, soit on fait une croix sur la démocratie soit on revient à une attitude saine, simple et efficace : voter pour ses idées. Car, c’est une banalité de le dire mais quand on oublie de voter pour ses idées, il ne faut pas s’étonner que notre vote ne permette pas qu’elles soient défendues. D’autre part, non seulement, on finit par ne pas voir ses idées représentées mais encore, le vote futile est totalement inefficace pour ce à quoi il prétend servir. C’est
Le triple paradoxe du vote futile.
Le caractère hyper répandu du vote futile est à l’origine du premier paradoxe. La masse qui vote futile finit par donner un sentiment d’impuissance à ceux qui ne cherchent qu’à défendre ce qu’ils croient juste. Le vote futile est donc une machine qui nourrit l’abstention et le vote FN. Certes, il y a ceux qui se résignent à voter pour les candidats que l’establishment leur a choisi mais il y a aussi ceux qui s’abstiennent par sentiment d’impuissance et il y a ceux qui votent FN parce que ça les énerve et que, dans les sondages et par son omniprésence dans les commentaires, le FN leur apparaît comme le seul susceptible de troubler le jeu. Le risque est donc que le vote futile qui prétend servir de rempart contre l’extrémisme le nourrisse au contraire.
Du point de vue psychologique individuel, il y a aussi quelque chose de paradoxal avec le vote futile. En effet, quand on vote futile, on trouve à la fois que notre voix n’a pas de poids (puisqu’on dédaigne de voter pour ses idées) et que notre voix est super importante (puisqu’on imagine que sans nous, le gros parti pourrait bien partir à la trappe). Pour moi, je préfère me dire, "si mon vote ne pèse pas, je peux aussi bien voter pour ce qui me plait". Ou encore, "si mon vote pèse, il faut que je vote pour mes idées".
Le dernier paradoxe se manifeste sur le plan historique. Le vote futile pour le PS est souvent présenté comme un expédient temporaire. On croit éviter le pire en assurant le départ de Sarkozy afin qu’à la prochaine, une fois débarrassé du monstre, on puisse enfin voter pour ce qu’on aime réellement. Or cela a toutes les chances de plutôt nous entraîner dans une séquence historique longue de dérive droitière de notre société. En effet, le PS, en se contentant d’un appel au vote futile et à un « tout sauf sarko » vide de programme, abandonne la lutte idéologique. Pendant ce temps, la droite qui sert un capital jamais repu continue son activisme (bien aidée en cela par le « pluralisme des médias »). Résultat, la société dérive à droite. La droite se permet toujours plus d’outrances et à la prochaine élection, on en a un encore plus vilain que Sarko qu’il faut « éviter à tout prix ». Dès lors, le couvert est remis pour encore plus de vote futile.
Bien sûr, on peut douter du fait que le curseur du centre politique cesserait sa dérive si le PS faisait campagne sur son projet plutôt que sur le vote futile, tant le PS lui-même est en pleine dérive droitière. Cependant, on peut déjà dire que la dérive serait moins rapide. De plus, le PS obligé de se découvrir serait forcé, soit de revenir à gauche, soit de se démasquer comme parti de droite. Cela laisserait alors la place à gauche pour une véritable alternative.
Une atmosphère baignée par le débat d’idée sera toujours plus favorable à la gauche. Il faut en effet, pour que la gauche se relève, qu’on se déshabitue d’écouter les discours des politiciens comme on écoute des spots de pub. Il faut apprendre à remettre en cause les évidences, à raisonner, pour pouvoir résister au fort pouvoir d’injonction du système médiatique (qui passe par l’omniprésence des médiacrates mais aussi de manière très importante par la publicité, le divertissement et parfois par les fictions).
Votez donc pour vos idées et si vous vous inquiétez de l’efficacité de votre vote, militez (que ce soit au sein d’un parti ou non).
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
Je parlais du sentiment de l’inutilité du vote qui nourrit l’abstention. Parmi ce qui participe à donner ce sentiment, le comportement moutonnier qu’on appelle abusivement vote « utile » que je nommerai vote futile par la suite, joue un rôle non négligeable.
Qu’est-ce que le vote futile ? Il en existe au moins deux variantes. Dans la première, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » de gagner au second (ce qui pousse en général les gens de gauche à voter vers le centre). C’était essentiellement comme cela qu’on votait avant 2002 et cela assurait une bonne part du vote PS. En 2007 encore, on peut attribuer une bonne part du vote Bayrou à ce genre de comportement : pensant que Ségolène Royal « n’avait aucune chance » face à Sarkozy, beaucoup d’électeurs de gauche se sont rabattus sur un vote Bayrou parce qu’avec lui, « on avait une chance » d’éviter le pire. Dans la deuxième variante, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » d’aller au second, c’est ce qu’on appelle aussi « éviter un nouveau 21 Avril ». C’est la grande trouvaille de la décennie pour les partis dominants, qui leur permet de maintenir leur domination alors même que la détestation qu’ils inspirent est à son comble. En un sens, le PS et l’UMP sont donc grandement redevables au FN pour son rôle d’épouvantail rabatteur d’électeurs déçus.
J’utilise des guillemets dans le paragraphe précédent afin de marquer le caractère de « on dit » des affirmations. Car c’est bien sur une rumeur que l’on se fonde quand on se lance dans le vote futile. Une rumeur légitimée par le système médiatique et l’aspect pseudo scientifique de sondages mais une rumeur quand même. Et comme toutes les rumeurs, les conditions de sa production sont sujettes à bien des manipulations.
Production d'une rumeur
Trois temps pour cette production :
Primo, le système médiatique fait le black-out sur la plupart des candidats. En général, on n’entend parler de personne sauf du PS et de l’UMP. Parfois, quand les médiacrates ne sont pas satisfaits de ce que leurs proposent ces deux partis, ils vont chercher un autre candidat de droite pour lui donner aussi une exposition médiatique (Bayrou, par exemple, ou Balladur). Et bien sûr, même si on ne l’invite pas à s’exprimer, le FN est toujours présent. Cité par tous, il est censé agir comme un épouvantail. Ce black-out provient tout autant des affinités des médiacrates (souvent copain comme cochons avec les gens bien des partis dominants) que de leur paresse intellectuelle. Pour eux, deux partis ça suffit, si on en rajoute de trop, ils ne s’y retrouvent plus.
Secundo, dans ces conditions, il est bien normal que l’opinion admise soit que les deux principaux prétendants sont au PS et à l’UMP avec le FN en embuscade. Le triste de l'affaire, c'est qu'on admette trop facilement cette opinion. En effet, pourquoi écouter un expert politologue ou éditorialiste qui n’en sait au fond pas plus que toi ? Ou un sondage qui, s’il mesure parfois quelque chose sur le moment (et avec quelles barres d'erreur ?) n’a aucune valeur prédictive ? On gobe donc, on gobe.
Tertio, les jeux sont faits. La position dans les sondages et l’air du temps (qui est une création des quelques têtes parlantes qui monopolisent l’espace médiatique plus qu'une réalité objective) déterminant à la fois l’écho donné aux déclarations du candidat et sa capacité à s’attirer le vote futile, la première prophétie (pipée) détermine les sondages et les avis éclairés qui suivent et elle devient auto réalisatrice. Quand par malheur, quelqu’un apprend qu’il existe d’autres candidats plus compétents, plus respectueux de la démocratie et avec des programmes bien meilleurs, il a déjà suffisamment en tête que les Français n’aiment que la sociale démocratie tirant à droite (le PS) ou la droite tirant vers l’extrême droite (l’UMP) pour imaginer que son choix en faveur d’un autre candidat plus proche de ses idées pourrait bien être suivi par une grande masse de ses concitoyens si il se décidait.
Dans ce jeu, j’ai cité l’influence des médias et des sondages mais il ne faudrait pas non plus oublier l’influence des grands partis eux-mêmes. Ceux-ci, à défaut de faire campagne sur leurs idées (ce qui ne serait peut-être pas si bien apprécié des électeurs), se contentent souvent de décourager l’électorat ou de l’effrayer. Pour décourager les braves gens, le jeu consiste à renforcer la croyance qu’ils sont les seuls vainqueurs possibles. Et pour les effrayer, rien de tel que d’exagérer le danger FN (ce qui en soi participe à effectivement à l’accroître) et de crier à la traîtrise et à la collusion avec l’extrême droite dès qu’on se permet la moindre critique sur leur compte.
Face à tout cela, soit on fait une croix sur la démocratie soit on revient à une attitude saine, simple et efficace : voter pour ses idées. Car, c’est une banalité de le dire mais quand on oublie de voter pour ses idées, il ne faut pas s’étonner que notre vote ne permette pas qu’elles soient défendues. D’autre part, non seulement, on finit par ne pas voir ses idées représentées mais encore, le vote futile est totalement inefficace pour ce à quoi il prétend servir. C’est
Le triple paradoxe du vote futile.
Le caractère hyper répandu du vote futile est à l’origine du premier paradoxe. La masse qui vote futile finit par donner un sentiment d’impuissance à ceux qui ne cherchent qu’à défendre ce qu’ils croient juste. Le vote futile est donc une machine qui nourrit l’abstention et le vote FN. Certes, il y a ceux qui se résignent à voter pour les candidats que l’establishment leur a choisi mais il y a aussi ceux qui s’abstiennent par sentiment d’impuissance et il y a ceux qui votent FN parce que ça les énerve et que, dans les sondages et par son omniprésence dans les commentaires, le FN leur apparaît comme le seul susceptible de troubler le jeu. Le risque est donc que le vote futile qui prétend servir de rempart contre l’extrémisme le nourrisse au contraire.
Du point de vue psychologique individuel, il y a aussi quelque chose de paradoxal avec le vote futile. En effet, quand on vote futile, on trouve à la fois que notre voix n’a pas de poids (puisqu’on dédaigne de voter pour ses idées) et que notre voix est super importante (puisqu’on imagine que sans nous, le gros parti pourrait bien partir à la trappe). Pour moi, je préfère me dire, "si mon vote ne pèse pas, je peux aussi bien voter pour ce qui me plait". Ou encore, "si mon vote pèse, il faut que je vote pour mes idées".
Le dernier paradoxe se manifeste sur le plan historique. Le vote futile pour le PS est souvent présenté comme un expédient temporaire. On croit éviter le pire en assurant le départ de Sarkozy afin qu’à la prochaine, une fois débarrassé du monstre, on puisse enfin voter pour ce qu’on aime réellement. Or cela a toutes les chances de plutôt nous entraîner dans une séquence historique longue de dérive droitière de notre société. En effet, le PS, en se contentant d’un appel au vote futile et à un « tout sauf sarko » vide de programme, abandonne la lutte idéologique. Pendant ce temps, la droite qui sert un capital jamais repu continue son activisme (bien aidée en cela par le « pluralisme des médias »). Résultat, la société dérive à droite. La droite se permet toujours plus d’outrances et à la prochaine élection, on en a un encore plus vilain que Sarko qu’il faut « éviter à tout prix ». Dès lors, le couvert est remis pour encore plus de vote futile.
Bien sûr, on peut douter du fait que le curseur du centre politique cesserait sa dérive si le PS faisait campagne sur son projet plutôt que sur le vote futile, tant le PS lui-même est en pleine dérive droitière. Cependant, on peut déjà dire que la dérive serait moins rapide. De plus, le PS obligé de se découvrir serait forcé, soit de revenir à gauche, soit de se démasquer comme parti de droite. Cela laisserait alors la place à gauche pour une véritable alternative.
Une atmosphère baignée par le débat d’idée sera toujours plus favorable à la gauche. Il faut en effet, pour que la gauche se relève, qu’on se déshabitue d’écouter les discours des politiciens comme on écoute des spots de pub. Il faut apprendre à remettre en cause les évidences, à raisonner, pour pouvoir résister au fort pouvoir d’injonction du système médiatique (qui passe par l’omniprésence des médiacrates mais aussi de manière très importante par la publicité, le divertissement et parfois par les fictions).
Votez donc pour vos idées et si vous vous inquiétez de l’efficacité de votre vote, militez (que ce soit au sein d’un parti ou non).
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
samedi 14 janvier 2012
Tract Média
Un peu arrangé, une sorte de tract sur les médias que j'ai écrit. Les contraintes de la maquette du tract expliquent le style lapidaire. Je suis sûr que certains ne s'en plaindront pas.
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Pluralisme
Nous vivons dans une démocratie imparfaite. Parmi les choses à améliorer pour la parfaire, il y a les médias et l’information. Comment les citoyens peuvent-ils exercer leur pouvoir s’ils sont mal informés ? Pour une bonne information, il faut, non pas l’objectivité absolue (qui n’existe pas) mais trois choses : de la diversité dans les opinions qui s’expriment, que l’usager des médias puisse faire la différence entre les faits et l’opinion de celui qui les rapporte et, bien sûr, que les faits rapportés soient bien réels.
A mon sens, ce qui manque surtout dans les médias, c’est de la diversité. On est tellement matraqué qu’on prend pour des évidences des choses qui n’en sont pas.
Par exemple, presque tout le monde nous présente l’austérité comme la seule voie possible alors qu’il faudrait surtout dire que cela nous enfonce dans la crise. De manière plus générale, les grands médias sont tous possédés par de grands patrons. Aussi, les éditorialistes qui s’y expriment défendent, en gros, la vision de la société de leurs patrons. Enfin, l’opinion dominante peut encore avoir des relais dans la pub (exemple type de matraquage) et dans des fictions qui, elles aussi, véhiculent une vision du monde bien particulière.
Or, il existe de nombreux citoyens qui voient les choses tout différemment et dont les idées ne sont que très peu entendues. Ils se trompent pourtant plutôt moins dans leurs analyses que les supposés experts qu’on invite sur les plateaux télé…
Qui possède quoi ?
Arnaud Lagardère, Serge Dassault, Martin Bouygues, Vincent Bolloré et Bernard Arnault, tous milliardaires et amis de Sarkozy (les quatre derniers ont fêté son élection au Fouquet’s le soir même) et le groupe Bertelsmann (dont Albert Frère, milliardaire, ami de Sarkozy et présent au Fouquet’s a longtemps détenu une grosse part du capital) possèdent :
Télé : TF1, une grosse part de Canal +, M6, LCI, Direct 8, i-télé et d’autres chaînes.
Radio : Europe 1 et 2, RFM, RTL et d’autres chaînes.
Presse : Métro, Direct Soir, Matin Plus, le Figaro, les Échos, le Journal du Dimanche, l’Express, une bonne part du Parisien et d’autres titres.
Ajoutez-y le service public (radios, télés) aux mains de Sarkozy lui-même.
Ça c'est la presse du patronat (pour une critique plus détaillée, allez au cinéma voir les nouveaux chiens de garde ou lisez le bouquin), elle est ultra dominante mais il existe aussi une presse critique du système, parmi laquelle on trouve
Mes lectures favorites.
Essayez-les et dites m’en des nouvelles !
Quotidien :
L’Humanité, le journal fondé par Jean Jaurès, le seul quotidien indépendant des grands groupes en France (Libé est à Rothschild, Le Monde à un trio de millionnaires), proche du Parti Communiste Français.
Hebdomadaire :
Politis, très centré sur l’actualité politique mais dans toute sa diversité (politique intérieure, étrangère, social, économie, environnement), des articles, des interviews, des brèves, des chroniques, des pages culturelles aussi.
Mensuels :
Regards, ressemble à Politis, en mensuel, même si il n’y a pas de liens entre les deux journaux.
Le Monde Diplomatique, mon journal préféré, plus intello, plus international mais parle de tout et pas seulement de diplomatie, vraiment un journal à nul autre pareil !
Parutions plus épisodiques :
Le Sarkophage, connaissez vous la décroissance ? un jeu de mot dans le titre mais c’est du sérieux.
Fakir, sous des dehors bon enfant, des analyses très fines, un journal très militant ET très indépendant.
Sur l’internet :
arretsurimages.net, pas vraiment de l’info, un site qui décrypte l’info et porte un regard critique sur les médias, on y trouve des textes mais aussi des émissions, payant (faut ce qu’il faut).
acrimed.org, le site de l’association ACRIMED, encore un site de critique des médias, un peu plus intello qu’arretsurimages.net, bien documenté et gratuit.
jean-luc-melenchon.fr, le blog de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, très bien pour comprendre ce que c’est que la politique.
Pour aller plus loin
Après l’indigestion de théorie abstraite que j’ai infligée précédemment, je pense que vous trouverez relaxant cet excellent livre écrit par un étudiant en journalisme à propos de ses études.
Pour arranger tout ça.
Dans le programme du Front de Gauche
Nominations dans les chaînes publiques : le personnel aura une voix prépondérante ;
Conditions de travail des journalistes : la lutte contre la précarité (menée dans toute la société, pas seulement dans les médias) permettra aux journalistes de préserver leur indépendance et la qualité de leur travail ;
Concentrations dans les médias : interdites par la loi ;
Coopératives de presse : ce modèle sans actionnaires, où le capital appartient aux travailleurs sera soutenu par l’état.
Dès maintenant
Ne restez pas seuls face à votre télé ! Pour pouvoir forger son opinion indépendamment des médias, il faut une « république permanente ». Cela veut dire, consacrer du temps au débat d’idées (en période électorale et en dehors), en respectant la parole des autres, en pesant rationnellement les arguments, en étant prêt à remettre en cause ses préjugés. C’est pour cela que le Front de Gauche organise depuis sa création, réunions thématiques, projections publiques, assemblées citoyennes. Vous y êtes les bienvenus.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
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Pluralisme
Nous vivons dans une démocratie imparfaite. Parmi les choses à améliorer pour la parfaire, il y a les médias et l’information. Comment les citoyens peuvent-ils exercer leur pouvoir s’ils sont mal informés ? Pour une bonne information, il faut, non pas l’objectivité absolue (qui n’existe pas) mais trois choses : de la diversité dans les opinions qui s’expriment, que l’usager des médias puisse faire la différence entre les faits et l’opinion de celui qui les rapporte et, bien sûr, que les faits rapportés soient bien réels.
A mon sens, ce qui manque surtout dans les médias, c’est de la diversité. On est tellement matraqué qu’on prend pour des évidences des choses qui n’en sont pas.
Par exemple, presque tout le monde nous présente l’austérité comme la seule voie possible alors qu’il faudrait surtout dire que cela nous enfonce dans la crise. De manière plus générale, les grands médias sont tous possédés par de grands patrons. Aussi, les éditorialistes qui s’y expriment défendent, en gros, la vision de la société de leurs patrons. Enfin, l’opinion dominante peut encore avoir des relais dans la pub (exemple type de matraquage) et dans des fictions qui, elles aussi, véhiculent une vision du monde bien particulière.
Or, il existe de nombreux citoyens qui voient les choses tout différemment et dont les idées ne sont que très peu entendues. Ils se trompent pourtant plutôt moins dans leurs analyses que les supposés experts qu’on invite sur les plateaux télé…
Qui possède quoi ?
Arnaud Lagardère, Serge Dassault, Martin Bouygues, Vincent Bolloré et Bernard Arnault, tous milliardaires et amis de Sarkozy (les quatre derniers ont fêté son élection au Fouquet’s le soir même) et le groupe Bertelsmann (dont Albert Frère, milliardaire, ami de Sarkozy et présent au Fouquet’s a longtemps détenu une grosse part du capital) possèdent :
Télé : TF1, une grosse part de Canal +, M6, LCI, Direct 8, i-télé et d’autres chaînes.
Radio : Europe 1 et 2, RFM, RTL et d’autres chaînes.
Presse : Métro, Direct Soir, Matin Plus, le Figaro, les Échos, le Journal du Dimanche, l’Express, une bonne part du Parisien et d’autres titres.
Ajoutez-y le service public (radios, télés) aux mains de Sarkozy lui-même.
Ça c'est la presse du patronat (pour une critique plus détaillée, allez au cinéma voir les nouveaux chiens de garde ou lisez le bouquin), elle est ultra dominante mais il existe aussi une presse critique du système, parmi laquelle on trouve
Mes lectures favorites.
Essayez-les et dites m’en des nouvelles !
Quotidien :
L’Humanité, le journal fondé par Jean Jaurès, le seul quotidien indépendant des grands groupes en France (Libé est à Rothschild, Le Monde à un trio de millionnaires), proche du Parti Communiste Français.
Hebdomadaire :
Politis, très centré sur l’actualité politique mais dans toute sa diversité (politique intérieure, étrangère, social, économie, environnement), des articles, des interviews, des brèves, des chroniques, des pages culturelles aussi.
Mensuels :
Regards, ressemble à Politis, en mensuel, même si il n’y a pas de liens entre les deux journaux.
Le Monde Diplomatique, mon journal préféré, plus intello, plus international mais parle de tout et pas seulement de diplomatie, vraiment un journal à nul autre pareil !
Parutions plus épisodiques :
Le Sarkophage, connaissez vous la décroissance ? un jeu de mot dans le titre mais c’est du sérieux.
Fakir, sous des dehors bon enfant, des analyses très fines, un journal très militant ET très indépendant.
Sur l’internet :
arretsurimages.net, pas vraiment de l’info, un site qui décrypte l’info et porte un regard critique sur les médias, on y trouve des textes mais aussi des émissions, payant (faut ce qu’il faut).
acrimed.org, le site de l’association ACRIMED, encore un site de critique des médias, un peu plus intello qu’arretsurimages.net, bien documenté et gratuit.
jean-luc-melenchon.fr, le blog de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, très bien pour comprendre ce que c’est que la politique.
Pour aller plus loin
Après l’indigestion de théorie abstraite que j’ai infligée précédemment, je pense que vous trouverez relaxant cet excellent livre écrit par un étudiant en journalisme à propos de ses études.
Pour arranger tout ça.
Dans le programme du Front de Gauche
Nominations dans les chaînes publiques : le personnel aura une voix prépondérante ;
Conditions de travail des journalistes : la lutte contre la précarité (menée dans toute la société, pas seulement dans les médias) permettra aux journalistes de préserver leur indépendance et la qualité de leur travail ;
Concentrations dans les médias : interdites par la loi ;
Coopératives de presse : ce modèle sans actionnaires, où le capital appartient aux travailleurs sera soutenu par l’état.
Dès maintenant
Ne restez pas seuls face à votre télé ! Pour pouvoir forger son opinion indépendamment des médias, il faut une « république permanente ». Cela veut dire, consacrer du temps au débat d’idées (en période électorale et en dehors), en respectant la parole des autres, en pesant rationnellement les arguments, en étant prêt à remettre en cause ses préjugés. C’est pour cela que le Front de Gauche organise depuis sa création, réunions thématiques, projections publiques, assemblées citoyennes. Vous y êtes les bienvenus.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
lundi 12 décembre 2011
Le minimum
C’est un peu toujours pour la même raison que je me répands sur internet : pour soumettre au débat deux ou trois choses que je pense avoir comprises sur la démocratie et, si possible, en tirer quelques conclusions pratiques, applicables immédiatement.
Pour préciser encore le genre de choses sur lesquelles je m’interroge, disons que c’est sur le pouvoir : d’où il vient, par où il passe, où il va, comment on l’attrape, comment il nous échappe etc. et pardon pour la redondance éventuelle dans ces questions.
Mon impression, c’est que c’est particulièrement difficile de répondre à ce genre de question en démocratie (et même dans une démocratie avec beaucoup de défauts comme la nôtre). En effet, le pouvoir y est fortement dilué en principe (coupé en parts égales entre des millions de citoyens), si bien qu’il en devient très souvent largement invisible. Il se déploie et se concentre à travers de multiples mécanismes où seul un œil exercé peut le surprendre. Puis vient le jour du vote où il se matérialise aux yeux de tous avant de reprendre son évolution mystérieuse dans la minute qui suit le dépouillement.
Parlons du vote, qui est donc la partie la plus visible du processus démocratique, si bien qu’on en arrive à négliger les autres. Ce n’est en fait qu’une toute petite partie du processus mais arrêtons nous dessus, ce sera une occasion d’amener subrepticement le reste sur la table.
Car enfin, l’importance démesurée donnée au vote a au moins cette vertu d’intéresser périodiquement à la politique des gens qui ne s’y intéressent pas en temps normal. Pour tous ceux qui veulent travailler à remettre l’activité politique au centre de la vie des gens (là où elle devrait être, puisque, comme le dit Aristote, c’est d’elle que dépend le Bien Suprême [1]) la saison des élections, c’est la saison de la pêche, qu’on espère miraculeuse.
Cet écart entre la visibilité du vote et son importance réelle dans le processus démocratique a aussi ses côtés négatifs. En dehors des périodes électorales, on peut être amené à penser que rien ne se joue, puisqu’on ne voit rien ou presque. Or, dans ces périodes aussi, l’opinion se forme, plus subtilement mais non moins profondément.
Ceux qui se plaignent que le vote endort les gens ont raison de se plaindre mais cet endormissement, c’est le symptôme d’un bien. On serait peut-être plus révolté en dictature mais que réclamerait-on alors ? Une démocratie. Et on serait de nouveau en face du problème de l’endormissement qui va avec la démocratie. Dès lors, notre but, ce doit être de faire marcher ce truc.
Plein de gens ne votent pas. Pour les présidentielles, un peu plus se déplacent, essentiellement parce que l’injonction est plus forte avec tout le battage médiatique qui accompagne l’élection (ça devient à la mode de voter). Mais en général, ils y vont sans conviction, voter utile. On y reviendra.
Autant, je pense qu’on a toutes les raisons d’aller voter, autant, je pense que les hauts niveaux d’abstention, marquent une prise de conscience de quelque chose de fondamentalement vrai : il n’y a pas grand-chose à attendre du vote. C’est ce que j’indiquais plus haut : le vote, c’est la partie émergée de l’iceberg. Le pouvoir des citoyens est essentiellement ailleurs et une bonne partie de l’affaire est déjà dans le sac le jour de l’élection.
Mais plutôt que de nous amener à rester chez soi et à se désintéresser de la politique, la prise de conscience de ce fait devrait nous amener à nous engager plus profondément, tout au long de l’année. C’est ainsi qu’on va prendre le pouvoir où il est, c'est-à-dire, dans notre propre éducation, dans les médias, dans la rue, sur les lieux de travail, dans toutes les discussions politiques qu’on peut avoir avec les gens qu’on rencontre. J’ai déjà parlé des différents moyens de peser en démocratie, au-delà du vote, je n’y reviens pas ici. Il faut faire tout le reste mais il faut aussi voter pour donner le couronnement attendu pour tous nos efforts d’engagement.
Reste que même avec un comportement parfaitement citoyen, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de miraculeux. Une démocratie parfaite, elle est censée diluer le pouvoir à parts égales entre tous les citoyens. Chacun d’entre nous n’en aura qu’une petite parcelle. Autrement dit, se sentir impuissant en démocratie, c’est normal, c’est comme cela que ça doit être.
Cependant, ce n’est pas parce qu’on se sent impuissant qu’il faut faire comme si on l’était réellement. Il faut se saisir de la part infinitésimale de pouvoir qui nous revient, s’éduquer, s’engager et voter. Car en face il y a des gens qui sont prêt à récupérer tout le pouvoir abandonné dans la démobilisation générale (ex : Serge Dassault, sénateur UMP, milliardaire ami de Sarkozy, industriel de l’armement, propriétaire de médias importants comme le Figaro et truqueur d’élections dans sa commune de Corbeil Essonne).
Pour faire face aux gens les plus assoiffés de pouvoir, il faut que même ceux qui ne se sentent pas des âmes de dictateurs se battent pour prendre la part qui leur revient. Et cela entraîne qu’ils doivent dans une certaine mesure entrer dans des luttes de pouvoir. Prise de parole, de responsabilité, et ce qui va avec : réflexion sur les opinions qu’on va exprimer, sur la façon dont on veut s’organiser.
A la fin, le vote, ça ne coûte pas bien cher et on aurait tort de s’en priver.
Ce texte est la première partie d'un triptyque.
Partie 2 : Vote « utile ».
Partie 3 : Personnalisation.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
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[1] « nous devons essayer d’embrasser [...] la nature du Bien Suprême, et de dire de quelle science particulière ou de quelle potentialité il relève. On sera d’avis qu’il dépend de la science suprême et architectonique par excellence. Or, une telle science est manifestement la politique »
Pour préciser encore le genre de choses sur lesquelles je m’interroge, disons que c’est sur le pouvoir : d’où il vient, par où il passe, où il va, comment on l’attrape, comment il nous échappe etc. et pardon pour la redondance éventuelle dans ces questions.
Mon impression, c’est que c’est particulièrement difficile de répondre à ce genre de question en démocratie (et même dans une démocratie avec beaucoup de défauts comme la nôtre). En effet, le pouvoir y est fortement dilué en principe (coupé en parts égales entre des millions de citoyens), si bien qu’il en devient très souvent largement invisible. Il se déploie et se concentre à travers de multiples mécanismes où seul un œil exercé peut le surprendre. Puis vient le jour du vote où il se matérialise aux yeux de tous avant de reprendre son évolution mystérieuse dans la minute qui suit le dépouillement.
Parlons du vote, qui est donc la partie la plus visible du processus démocratique, si bien qu’on en arrive à négliger les autres. Ce n’est en fait qu’une toute petite partie du processus mais arrêtons nous dessus, ce sera une occasion d’amener subrepticement le reste sur la table.
Car enfin, l’importance démesurée donnée au vote a au moins cette vertu d’intéresser périodiquement à la politique des gens qui ne s’y intéressent pas en temps normal. Pour tous ceux qui veulent travailler à remettre l’activité politique au centre de la vie des gens (là où elle devrait être, puisque, comme le dit Aristote, c’est d’elle que dépend le Bien Suprême [1]) la saison des élections, c’est la saison de la pêche, qu’on espère miraculeuse.
Cet écart entre la visibilité du vote et son importance réelle dans le processus démocratique a aussi ses côtés négatifs. En dehors des périodes électorales, on peut être amené à penser que rien ne se joue, puisqu’on ne voit rien ou presque. Or, dans ces périodes aussi, l’opinion se forme, plus subtilement mais non moins profondément.
Ceux qui se plaignent que le vote endort les gens ont raison de se plaindre mais cet endormissement, c’est le symptôme d’un bien. On serait peut-être plus révolté en dictature mais que réclamerait-on alors ? Une démocratie. Et on serait de nouveau en face du problème de l’endormissement qui va avec la démocratie. Dès lors, notre but, ce doit être de faire marcher ce truc.
Plein de gens ne votent pas. Pour les présidentielles, un peu plus se déplacent, essentiellement parce que l’injonction est plus forte avec tout le battage médiatique qui accompagne l’élection (ça devient à la mode de voter). Mais en général, ils y vont sans conviction, voter utile. On y reviendra.
Autant, je pense qu’on a toutes les raisons d’aller voter, autant, je pense que les hauts niveaux d’abstention, marquent une prise de conscience de quelque chose de fondamentalement vrai : il n’y a pas grand-chose à attendre du vote. C’est ce que j’indiquais plus haut : le vote, c’est la partie émergée de l’iceberg. Le pouvoir des citoyens est essentiellement ailleurs et une bonne partie de l’affaire est déjà dans le sac le jour de l’élection.
Mais plutôt que de nous amener à rester chez soi et à se désintéresser de la politique, la prise de conscience de ce fait devrait nous amener à nous engager plus profondément, tout au long de l’année. C’est ainsi qu’on va prendre le pouvoir où il est, c'est-à-dire, dans notre propre éducation, dans les médias, dans la rue, sur les lieux de travail, dans toutes les discussions politiques qu’on peut avoir avec les gens qu’on rencontre. J’ai déjà parlé des différents moyens de peser en démocratie, au-delà du vote, je n’y reviens pas ici. Il faut faire tout le reste mais il faut aussi voter pour donner le couronnement attendu pour tous nos efforts d’engagement.
Reste que même avec un comportement parfaitement citoyen, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de miraculeux. Une démocratie parfaite, elle est censée diluer le pouvoir à parts égales entre tous les citoyens. Chacun d’entre nous n’en aura qu’une petite parcelle. Autrement dit, se sentir impuissant en démocratie, c’est normal, c’est comme cela que ça doit être.
Cependant, ce n’est pas parce qu’on se sent impuissant qu’il faut faire comme si on l’était réellement. Il faut se saisir de la part infinitésimale de pouvoir qui nous revient, s’éduquer, s’engager et voter. Car en face il y a des gens qui sont prêt à récupérer tout le pouvoir abandonné dans la démobilisation générale (ex : Serge Dassault, sénateur UMP, milliardaire ami de Sarkozy, industriel de l’armement, propriétaire de médias importants comme le Figaro et truqueur d’élections dans sa commune de Corbeil Essonne).
Pour faire face aux gens les plus assoiffés de pouvoir, il faut que même ceux qui ne se sentent pas des âmes de dictateurs se battent pour prendre la part qui leur revient. Et cela entraîne qu’ils doivent dans une certaine mesure entrer dans des luttes de pouvoir. Prise de parole, de responsabilité, et ce qui va avec : réflexion sur les opinions qu’on va exprimer, sur la façon dont on veut s’organiser.
A la fin, le vote, ça ne coûte pas bien cher et on aurait tort de s’en priver.
Ce texte est la première partie d'un triptyque.
Partie 2 : Vote « utile ».
Partie 3 : Personnalisation.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
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[1] « nous devons essayer d’embrasser [...] la nature du Bien Suprême, et de dire de quelle science particulière ou de quelle potentialité il relève. On sera d’avis qu’il dépend de la science suprême et architectonique par excellence. Or, une telle science est manifestement la politique »
dimanche 23 octobre 2011
Critique d'Aphatie
Ci-dessous le texte d'Aphatie (qu'on trouve aussi ici : torchon) et mes commentaires (en italique).
"Pendant que l’euro frôle l’apoplexie, concentrons-nous sur l'essentiel du débat public. Hier soir, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Laurence Ferrari sur TF1."
Comme si Mélenchon était la principale plaie qui empêchait les sujets sérieux d’être abordés dans les médias… La réalité, c’est que Mélenchon est très loin d’être le centre du débat public (on parle plutôt très peu du Front de Gauche et le Front de Gauche a une place dans les médias largement en dessous de celle qu’il représente électoralement). Mélenchon semble par contre être au centre du débat qui s’agite dans l’imagination d’Aphatie.
"Longtemps, Jean-Luc Mélenchon, candidat du parti de gauche à l’élection présidentielle, s’est présenté comme la terreur des journalistes."
Primo, cette phrase contient une erreur factuelle, Mélenchon est candidat du Front de Gauche et non du Parti de Gauche. Quand on se proclame spécialiste de la politique comme Aphatie, et qu’on monnaie chèrement ses chroniques sur de multiples médias (RTL, Canal +, etc.) on devrait au moins savoir faire la différence entre le Parti et le Front de Gauche.
Deuxio, ce n’est pas Mélenchon qui se présente comme « la terreur des journalistes », ce sont Aphatie et consorts qui ont colporté le mythe d’un Mélenchon ennemi des journalistes qui s’énerverait pour un rien et qui ferait frémir la corporation. Mélenchon critique le système médiatique, avec des arguments.
"Pas de tous les journalistes, oh non. Dans une théorisation dont le net a gardé la trace et que j’ai personnellement la flemme de chercher, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il distinguait nettement les soutiers de l’information, victimes d’un système d’exploitation, des commandeurs, décideurs et éditocrates qui pervertissent l’esprit public à la seule fin de préserver leurs intérêts."
Moi, j’ai pas la flemme, si vous voulez avoir autre chose que la vision réductrice d’Aphatie qui veut pas faire son boulot de journaliste, regardez cette émission : la mécanique mélenchon
"Parmi les cibles illustrant ses propos, Laurence Ferrari, journaliste de TF1, tint longtemps une place de choix. Elle se vit traiter de « perruche », nulle misogynie dans l’expression bien sûr, juste le fruit d’une analyse « Front de gauche » du couple journaliste et citoyen. Elle eut aussi l’insigne honneur d’être désignée comme un gros salaire, un million d’euros par an assura Jean-Luc Mélenchon dans une vindicte demeurée célèbre, et qui figure elle aussi sur la Toile, et le même promit, s’il parvenait un jour à l’Elysée, de lui en piquer un bon paquet au titre de la nécessaire égalité dans la République française."
Concentré de mauvaise foi ici, difficile de tout commenter.
Laurence Ferrari n’a pas du tout eu une place de choix dans la critique de Mélenchon (encore l’imagination d’Aphatie).
Il a en effet commenté son salaire dont le montant avait été estimé par Renaud Revel de l’express : salaire de ferrari
mais guère plus. Ce qui a aussi été repris sur la propre radio où officie Aphatie : pujadas sur rtl.
Le « perruche » s’adressait en effet à Ferrari ainsi qu’à Arlette Chabot et Anne-Sophie Lapix qui, sur le plateau où officie Aphatie à Canal +, avaient participé à un grand exercice de dénigrement de Mélenchon (Denisot organise le procès de Montebourg et Mélenchon).
"Hier soir, le candidat était face à la « perruche » au gros salaire. Regardez la vidéo que vous trouverez ici, TF1 news, replay de « Parole directe » diffusée après le journal de 20 heures."
Regardez la vidéo en effet (ici par exemple : invité de parole directe), car Aphatie ne vous rapportera (et de manière déformée) qu’un passage tout à fait mineur (viens te plaindre qu’on parle pas de l’euro, après ça !)
"Vous entendrez ceci à partir de 2’33 :
- Vous avez dit beaucoup de bêtise sur mon salaire, M. Mélenchon, susurre Mlle Ferrari"
Ici, il manque une réponse de Mélenchon qui expliquait que les bêtises, c’étaient d’autres qui les avaient dites (Revel, Poincaré de RTL, Le Matin, journal suisse etc.)
"- Je les retire si vous voulez, répond M. Mélenchon.
- Merci beaucoup, ressusure la journaliste
- Si cela doit faciliter notre dialogue, précise l’homme politique
- J’apprécie beaucoup, termine la journaliste
Que faut-il retenir de cet échange ?"
Certainement pas ce que va en tirer Aphatie, vous avez vu sa mauvaise foi sur le début du billet, imaginez la suite…
"Bien sûr l’analyse matérialiste du Front de gauche sur la nocivité des journalistes demeure puisqu’elle est le produit dialectique d’un raisonnement raisonné. Mais voilà, on peut être un vrai révolutionnaire, on n’en est pas moins un homme."
Ben oui, on peut être poli avec les gens et critiquer le système auquel ils participent. Désolé Aphatie si t’as pas compris ça.
"Quand on a devant soi le titulaire d’un gros salaire, il n’est pas si facile de lui dire qu’on va le lui piquer. Et puis, c’est si bon, si doux, si agréable, de passer sur TF1 pour porter le message de la révolution."
Ce n’est pas du tout pour ça qu’il retire le montant du salaire qu’il avait tiré du papier de Revel et le mot de « perruche ». Mélenchon au contraire a dit (juste avant le passage rapporté par Aphatie, d’ailleurs) qu’elle risquait de perdre gros avec le programme du Front de Gauche.
"Si Paris vaut bien une messe, la conquête du peuple de France ne vaut-il pas une contrition publique, devant le sourire charmeur de Laurence Ferrari en plus ?"
Je passe sur ces pauvres sarcasmes à 2 balles ?
"A part quelques pisse vinaigre dont on pourrait à l’avance écrire la prose tant ils sont prévisibles, qui donc s’offusquera de ce demi-tour droit dans ses bottes du "terrible" M. Mélenchon ? Personne. J’ai dit des conneries sur le salaire de Mamzelle Ferrari ? Je les retire. Illico presto. Mais je maintiens le reste. Au nom de la lutte des classes. Et de la Révolution."
Et bien oui, on peut avoir un exemple un peu foireux tout en gardant le fond de la critique qui s’appuie sur bien d’autres choses. Il n’y a pas de demi tour ici, ni sur la critique médiatique, ni sur le salaire maximum. Il y en a peut-être dans les rêves d’Aphatie. Et puis retire ces guillemets à "terrible" Aphatie ! C'est toi qui vient de lui attribuer cette épithète.
"Si vous avez le temps, peut-être ne l’aurez-vous pas, je comprends, allez donc à 18’58 sur cet entretien d’anthologie. Laurence « perruche » Ferrari pose une question d’apparence anodine :"
On voit que depuis le début Aphatie fait tout pour que personne n'aille voir ce qui s'est effectivement dit à l'antenne. Flipperait-il à l'idée que les gens puissent vraiment comparer avec ce qu'il dit ?
- Regrettez-vous certains de vos excès verbaux ou de vos coups de gueule ?
Téléspectateur ordinaire de l’échange, on croit connaître d’avance la réponse. Un tribun du peuple, « je suis le bruit et la fureur » avait dit un jour de lui-même Jean-Luc Mélenchon, ne regrette rien de ce qu’il dit, jamais, car il le pense, son esprit sans cesse préoccupé par le bien du peuple, et donc inspiré par l’ardent souci d’en exprimer les attentes dans des diatribes susceptibles de faire avancer sa cause en faisant trembler les puissants."
TL;DR
"Or, surprise, hier soir, Jean-Luc Mélenchon, a abaissé la grand-voile, ramené le foc et replié le spi (suis pas voileux). Voici, au mot près, la déclaration du candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle :"
Au mot près dans l’imagination d’Aphatie une fois de plus ! Il y a un préambule qu’Aphatie omet dans sa grande honnêteté journalistique et qui change le sens du petit tronçon de dialogue rapporté (sans parler du ton de voix).
"- Il m’est arrivé dans la taquinerie, des fois peut-être, d’aller un peu au-delà de ce qui aurait été nécessaire. Par exemple avec vous.
Laurence « perruche » Ferrari a doucement cligné des yeux. Clap de fin. Vive la Révolution, camarades!"
Eh oui, camarade Aphatie, c’est pas parce qu’on est révolutionnaire qu’on n’a pas de sentiments humains. Et l’invective « perruche » n’est pas le fond de notre critique contrairement à ce que tu sembles penser. On peut la retirer sans dénaturer le reste.
Je vous laisse juger après cela de ce qu’il faut apporter de crédit au reste des chroniques du misérable Aphatie.
J'ajoute ce commentaire d'un ami fb :
"Peut-on attendre de monsieur Apathique ou Emphatique, je ne sais plus, que sa conception du métier de journaliste consistât en autre chose que du journalisme pour et par les journalistes ? J'en doute, c'est un homme de son temps, et les banquiers font de l'argent par et pour l'argent et rien d'autre, pourquoi pas lui...? Le monde derrière compte bien peu, pour lui comme pour sa caste de clercs médiatiques, garants du sacro-saint et immuable Ordre providentiel pourvoyant chaque jour à l'augment indéfini de sa garde-robe de cravates satins, l'important c'est de bien faire comprendre que selon l'étiquette des Salons, si vous manquez ne serait-ce qu'une seule fois d'égard à l'étiquette, on ne vous accordera plus jamais le pardon de croire vos civilités sincères. Il n'y a que l'opprobre et le dénigrement pour ceux qui, fraternellement rien de plus, par une gifle bien administrée croient pouvoir tirer de leur confortable léthargie les tartuffes mystifiés eux même par le rite qu'ils pratiquent sous l'aile des puissants."
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
"Pendant que l’euro frôle l’apoplexie, concentrons-nous sur l'essentiel du débat public. Hier soir, Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Laurence Ferrari sur TF1."
Comme si Mélenchon était la principale plaie qui empêchait les sujets sérieux d’être abordés dans les médias… La réalité, c’est que Mélenchon est très loin d’être le centre du débat public (on parle plutôt très peu du Front de Gauche et le Front de Gauche a une place dans les médias largement en dessous de celle qu’il représente électoralement). Mélenchon semble par contre être au centre du débat qui s’agite dans l’imagination d’Aphatie.
"Longtemps, Jean-Luc Mélenchon, candidat du parti de gauche à l’élection présidentielle, s’est présenté comme la terreur des journalistes."
Primo, cette phrase contient une erreur factuelle, Mélenchon est candidat du Front de Gauche et non du Parti de Gauche. Quand on se proclame spécialiste de la politique comme Aphatie, et qu’on monnaie chèrement ses chroniques sur de multiples médias (RTL, Canal +, etc.) on devrait au moins savoir faire la différence entre le Parti et le Front de Gauche.
Deuxio, ce n’est pas Mélenchon qui se présente comme « la terreur des journalistes », ce sont Aphatie et consorts qui ont colporté le mythe d’un Mélenchon ennemi des journalistes qui s’énerverait pour un rien et qui ferait frémir la corporation. Mélenchon critique le système médiatique, avec des arguments.
"Pas de tous les journalistes, oh non. Dans une théorisation dont le net a gardé la trace et que j’ai personnellement la flemme de chercher, Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu’il distinguait nettement les soutiers de l’information, victimes d’un système d’exploitation, des commandeurs, décideurs et éditocrates qui pervertissent l’esprit public à la seule fin de préserver leurs intérêts."
Moi, j’ai pas la flemme, si vous voulez avoir autre chose que la vision réductrice d’Aphatie qui veut pas faire son boulot de journaliste, regardez cette émission : la mécanique mélenchon
"Parmi les cibles illustrant ses propos, Laurence Ferrari, journaliste de TF1, tint longtemps une place de choix. Elle se vit traiter de « perruche », nulle misogynie dans l’expression bien sûr, juste le fruit d’une analyse « Front de gauche » du couple journaliste et citoyen. Elle eut aussi l’insigne honneur d’être désignée comme un gros salaire, un million d’euros par an assura Jean-Luc Mélenchon dans une vindicte demeurée célèbre, et qui figure elle aussi sur la Toile, et le même promit, s’il parvenait un jour à l’Elysée, de lui en piquer un bon paquet au titre de la nécessaire égalité dans la République française."
Concentré de mauvaise foi ici, difficile de tout commenter.
Laurence Ferrari n’a pas du tout eu une place de choix dans la critique de Mélenchon (encore l’imagination d’Aphatie).
Il a en effet commenté son salaire dont le montant avait été estimé par Renaud Revel de l’express : salaire de ferrari
mais guère plus. Ce qui a aussi été repris sur la propre radio où officie Aphatie : pujadas sur rtl.
Le « perruche » s’adressait en effet à Ferrari ainsi qu’à Arlette Chabot et Anne-Sophie Lapix qui, sur le plateau où officie Aphatie à Canal +, avaient participé à un grand exercice de dénigrement de Mélenchon (Denisot organise le procès de Montebourg et Mélenchon).
"Hier soir, le candidat était face à la « perruche » au gros salaire. Regardez la vidéo que vous trouverez ici, TF1 news, replay de « Parole directe » diffusée après le journal de 20 heures."
Regardez la vidéo en effet (ici par exemple : invité de parole directe), car Aphatie ne vous rapportera (et de manière déformée) qu’un passage tout à fait mineur (viens te plaindre qu’on parle pas de l’euro, après ça !)
"Vous entendrez ceci à partir de 2’33 :
- Vous avez dit beaucoup de bêtise sur mon salaire, M. Mélenchon, susurre Mlle Ferrari"
Ici, il manque une réponse de Mélenchon qui expliquait que les bêtises, c’étaient d’autres qui les avaient dites (Revel, Poincaré de RTL, Le Matin, journal suisse etc.)
"- Je les retire si vous voulez, répond M. Mélenchon.
- Merci beaucoup, ressusure la journaliste
- Si cela doit faciliter notre dialogue, précise l’homme politique
- J’apprécie beaucoup, termine la journaliste
Que faut-il retenir de cet échange ?"
Certainement pas ce que va en tirer Aphatie, vous avez vu sa mauvaise foi sur le début du billet, imaginez la suite…
"Bien sûr l’analyse matérialiste du Front de gauche sur la nocivité des journalistes demeure puisqu’elle est le produit dialectique d’un raisonnement raisonné. Mais voilà, on peut être un vrai révolutionnaire, on n’en est pas moins un homme."
Ben oui, on peut être poli avec les gens et critiquer le système auquel ils participent. Désolé Aphatie si t’as pas compris ça.
"Quand on a devant soi le titulaire d’un gros salaire, il n’est pas si facile de lui dire qu’on va le lui piquer. Et puis, c’est si bon, si doux, si agréable, de passer sur TF1 pour porter le message de la révolution."
Ce n’est pas du tout pour ça qu’il retire le montant du salaire qu’il avait tiré du papier de Revel et le mot de « perruche ». Mélenchon au contraire a dit (juste avant le passage rapporté par Aphatie, d’ailleurs) qu’elle risquait de perdre gros avec le programme du Front de Gauche.
"Si Paris vaut bien une messe, la conquête du peuple de France ne vaut-il pas une contrition publique, devant le sourire charmeur de Laurence Ferrari en plus ?"
Je passe sur ces pauvres sarcasmes à 2 balles ?
"A part quelques pisse vinaigre dont on pourrait à l’avance écrire la prose tant ils sont prévisibles, qui donc s’offusquera de ce demi-tour droit dans ses bottes du "terrible" M. Mélenchon ? Personne. J’ai dit des conneries sur le salaire de Mamzelle Ferrari ? Je les retire. Illico presto. Mais je maintiens le reste. Au nom de la lutte des classes. Et de la Révolution."
Et bien oui, on peut avoir un exemple un peu foireux tout en gardant le fond de la critique qui s’appuie sur bien d’autres choses. Il n’y a pas de demi tour ici, ni sur la critique médiatique, ni sur le salaire maximum. Il y en a peut-être dans les rêves d’Aphatie. Et puis retire ces guillemets à "terrible" Aphatie ! C'est toi qui vient de lui attribuer cette épithète.
"Si vous avez le temps, peut-être ne l’aurez-vous pas, je comprends, allez donc à 18’58 sur cet entretien d’anthologie. Laurence « perruche » Ferrari pose une question d’apparence anodine :"
On voit que depuis le début Aphatie fait tout pour que personne n'aille voir ce qui s'est effectivement dit à l'antenne. Flipperait-il à l'idée que les gens puissent vraiment comparer avec ce qu'il dit ?
- Regrettez-vous certains de vos excès verbaux ou de vos coups de gueule ?
Téléspectateur ordinaire de l’échange, on croit connaître d’avance la réponse. Un tribun du peuple, « je suis le bruit et la fureur » avait dit un jour de lui-même Jean-Luc Mélenchon, ne regrette rien de ce qu’il dit, jamais, car il le pense, son esprit sans cesse préoccupé par le bien du peuple, et donc inspiré par l’ardent souci d’en exprimer les attentes dans des diatribes susceptibles de faire avancer sa cause en faisant trembler les puissants."
TL;DR
"Or, surprise, hier soir, Jean-Luc Mélenchon, a abaissé la grand-voile, ramené le foc et replié le spi (suis pas voileux). Voici, au mot près, la déclaration du candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle :"
Au mot près dans l’imagination d’Aphatie une fois de plus ! Il y a un préambule qu’Aphatie omet dans sa grande honnêteté journalistique et qui change le sens du petit tronçon de dialogue rapporté (sans parler du ton de voix).
"- Il m’est arrivé dans la taquinerie, des fois peut-être, d’aller un peu au-delà de ce qui aurait été nécessaire. Par exemple avec vous.
Laurence « perruche » Ferrari a doucement cligné des yeux. Clap de fin. Vive la Révolution, camarades!"
Eh oui, camarade Aphatie, c’est pas parce qu’on est révolutionnaire qu’on n’a pas de sentiments humains. Et l’invective « perruche » n’est pas le fond de notre critique contrairement à ce que tu sembles penser. On peut la retirer sans dénaturer le reste.
Je vous laisse juger après cela de ce qu’il faut apporter de crédit au reste des chroniques du misérable Aphatie.
J'ajoute ce commentaire d'un ami fb :
"Peut-on attendre de monsieur Apathique ou Emphatique, je ne sais plus, que sa conception du métier de journaliste consistât en autre chose que du journalisme pour et par les journalistes ? J'en doute, c'est un homme de son temps, et les banquiers font de l'argent par et pour l'argent et rien d'autre, pourquoi pas lui...? Le monde derrière compte bien peu, pour lui comme pour sa caste de clercs médiatiques, garants du sacro-saint et immuable Ordre providentiel pourvoyant chaque jour à l'augment indéfini de sa garde-robe de cravates satins, l'important c'est de bien faire comprendre que selon l'étiquette des Salons, si vous manquez ne serait-ce qu'une seule fois d'égard à l'étiquette, on ne vous accordera plus jamais le pardon de croire vos civilités sincères. Il n'y a que l'opprobre et le dénigrement pour ceux qui, fraternellement rien de plus, par une gifle bien administrée croient pouvoir tirer de leur confortable léthargie les tartuffes mystifiés eux même par le rite qu'ils pratiquent sous l'aile des puissants."
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
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