Dernier de trois vices dont je parlerai parmi tout ce qui affaiblit l'efficacité du vote (les deux autres sont l’abstention et le "vote utile").
Personnaliser, c’est déterminer son vote (ou son engagement) en fonction de la personnalité d'un ou d'une candidat-e. On vote alors en fonction du sentiment que nous inspire la personnalité de quelqu'un. Ça peut-être très flou comme impression ("celui-là, je le sens pas") ou ça peut-être déterminé par des choses plus précises ("machin a fait ci, a dit ça, ça va pas"). C'est un comportement bien naturel. C'est comme cela qu'on juge les gens qu'on rencontre dans la vie de tout les jours, qu'on détermine ses amitiés ou à qui l'on accorde sa confiance. Mais ça n'est pas du tout adapté aux choix politiques qu'on doit faire en tant que citoyen.
Cela parce qu'on a, le plus souvent, une image des politiciens qui ne correspond pas du tout à ce qu'ils sont réellement. Cela aussi parce que ce qui sera fait réellement par le pouvoir politique dépend très peu ou pas du tout de la personnalité du candidat élu. Enfin, ça masque les vrais enjeux. Ce qui est important, c'est que le peuple se mobilise sur un programme. Si il est aveuglé par la personnalité de tel ou tel candidat, il en oublie de s'interroger sur ce qu'il faudrait faire (on pourrait aussi dire : si les médias nous saoulent en permanence avec des considérations sur le caractère de tel ou tel, c'est autant de temps d'antenne qui ne sera pas consacré au débat sur les programmes).
Je reviens sur les deux premiers points.
Premier point.
A moins qu'on ne connaisse personnellement la personne, l'image qu'on a des politiciens est une construction médiatique. Elle résulte d'un jeu où tous (les médias stipendiés ou eux-mêmes manipulés, les politiciens coachés ou simplement malins) cherchent à manipuler les autres (les médias, les politiciens et les citoyens).
Parenthèse : la manipulation est parfois inconsciente ! On (on, c’est-à-dire nous, simples citoyens ou eux, gens de médias) peut se laisser prendre au piège des préjugés. C'est le cas lorsqu'une opinion dominante bien enracinée fait apparaître comme excessif ce qui n'est qu'une critique argumentée de cette même opinion dominante. Une paraphrase pour essayer de me faire bien comprendre : une opinion peut être tellement enracinée dans nos consciences qu'on a du mal à accepter de la considérer comme un préjugé (ce que la critique nous demande) plutôt que comme une loi de la nature (ce que l'on fait inconsciemment).
Bref, cette image est extrêmement malléable, surtout par ceux qui ont prise sur les médias (l'UMP et le PS, bien inscrits dans les cercles du pouvoir). C'est donc un mauvais critère de jugement.
Deuxième point.
Que les actes ne dépendent que peu de la personnalité (ou soi-disant personnalité, puisqu'on a vu qu'on ne la connait pas réellement) des politiciens se voit bien avec l'exemple de Chirac et Sarkozy. Deux personnalités différentes au possible, entre l'homme qui boit des bières et mange de la tête de veau et le président du Fouquet's, on était en droit d'attendre que Sarko favorise éhontément les super riches et que Chirac réduise la fracture sociale. Cependant les chiffres montrent que, sous Chirac, la réforme de l'imposition a été bien plus favorable aux gros revenus que sous Sarkozy. En fait, Sarko a eu une politique dans la droite ligne de celle qu'a menée Chirac, tout juste infléchie par l'irruption de la crise qui l'a forcé à quelques mesures cosmétiques de taxations des riches (un peu et dans le même temps qu'on taxe beaucoup les pauvres).
C'est d'abord l'état idéologique de la société qui conditionne l'action gouvernementale, puis, dans le désordre la force de l'administration, des partis, la situation internationale etc. Mais la personnalité pas trop, non.
Épilogue centré sur l'actualité.
Tout ceci est (entre autres) la raison pour laquelle il ne faut pas se formaliser sur le tombereau de soi disant révélations qui s'abattent en cette fin de campagne de premier tour sur le candidat du Front de Gauche. Toutes ces attaques sont censées nous montrer un candidat qui complote, qui a quelques références idéologiques un peu troubles mais l'important reste le programme. Ce que ça révèle surtout, c'est que le PS (ou l'UMP, on pourrait passer devant eux au premier tour) avait gardé dans ses cartons de quoi animer la dernière semaine, qu'ils le déversent sans vergogne par leurs canaux médiatiques et que si des gens se formalisent parce qu'on discute avec ses adversaires politiques, ils ont perdu le sens de l'idéal républicain.
Mais pourquoi avoir choisi Mélenchon si c'est un homme si sulfureux (enfin pas pour moi mais bon) ? Ce que le Front de Gauche demande à son candidat, c'est d'être le porte voix d'un programme. Mélenchon est excellent pour faire passer les idées du Front de Gauche en interview et en meeting. On a choisi le bon.
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mercredi 18 avril 2012
dimanche 22 janvier 2012
Logique
Ceci est la 2ème partie d’une série en trois partie sur le vote. La 1ère est ici, la troisième est enfin publiée.
Je parlais du sentiment de l’inutilité du vote qui nourrit l’abstention. Parmi ce qui participe à donner ce sentiment, le comportement moutonnier qu’on appelle abusivement vote « utile » que je nommerai vote futile par la suite, joue un rôle non négligeable.
Qu’est-ce que le vote futile ? Il en existe au moins deux variantes. Dans la première, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » de gagner au second (ce qui pousse en général les gens de gauche à voter vers le centre). C’était essentiellement comme cela qu’on votait avant 2002 et cela assurait une bonne part du vote PS. En 2007 encore, on peut attribuer une bonne part du vote Bayrou à ce genre de comportement : pensant que Ségolène Royal « n’avait aucune chance » face à Sarkozy, beaucoup d’électeurs de gauche se sont rabattus sur un vote Bayrou parce qu’avec lui, « on avait une chance » d’éviter le pire. Dans la deuxième variante, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » d’aller au second, c’est ce qu’on appelle aussi « éviter un nouveau 21 Avril ». C’est la grande trouvaille de la décennie pour les partis dominants, qui leur permet de maintenir leur domination alors même que la détestation qu’ils inspirent est à son comble. En un sens, le PS et l’UMP sont donc grandement redevables au FN pour son rôle d’épouvantail rabatteur d’électeurs déçus.
J’utilise des guillemets dans le paragraphe précédent afin de marquer le caractère de « on dit » des affirmations. Car c’est bien sur une rumeur que l’on se fonde quand on se lance dans le vote futile. Une rumeur légitimée par le système médiatique et l’aspect pseudo scientifique de sondages mais une rumeur quand même. Et comme toutes les rumeurs, les conditions de sa production sont sujettes à bien des manipulations.
Production d'une rumeur
Trois temps pour cette production :
Primo, le système médiatique fait le black-out sur la plupart des candidats. En général, on n’entend parler de personne sauf du PS et de l’UMP. Parfois, quand les médiacrates ne sont pas satisfaits de ce que leurs proposent ces deux partis, ils vont chercher un autre candidat de droite pour lui donner aussi une exposition médiatique (Bayrou, par exemple, ou Balladur). Et bien sûr, même si on ne l’invite pas à s’exprimer, le FN est toujours présent. Cité par tous, il est censé agir comme un épouvantail. Ce black-out provient tout autant des affinités des médiacrates (souvent copain comme cochons avec les gens bien des partis dominants) que de leur paresse intellectuelle. Pour eux, deux partis ça suffit, si on en rajoute de trop, ils ne s’y retrouvent plus.
Secundo, dans ces conditions, il est bien normal que l’opinion admise soit que les deux principaux prétendants sont au PS et à l’UMP avec le FN en embuscade. Le triste de l'affaire, c'est qu'on admette trop facilement cette opinion. En effet, pourquoi écouter un expert politologue ou éditorialiste qui n’en sait au fond pas plus que toi ? Ou un sondage qui, s’il mesure parfois quelque chose sur le moment (et avec quelles barres d'erreur ?) n’a aucune valeur prédictive ? On gobe donc, on gobe.
Tertio, les jeux sont faits. La position dans les sondages et l’air du temps (qui est une création des quelques têtes parlantes qui monopolisent l’espace médiatique plus qu'une réalité objective) déterminant à la fois l’écho donné aux déclarations du candidat et sa capacité à s’attirer le vote futile, la première prophétie (pipée) détermine les sondages et les avis éclairés qui suivent et elle devient auto réalisatrice. Quand par malheur, quelqu’un apprend qu’il existe d’autres candidats plus compétents, plus respectueux de la démocratie et avec des programmes bien meilleurs, il a déjà suffisamment en tête que les Français n’aiment que la sociale démocratie tirant à droite (le PS) ou la droite tirant vers l’extrême droite (l’UMP) pour imaginer que son choix en faveur d’un autre candidat plus proche de ses idées pourrait bien être suivi par une grande masse de ses concitoyens si il se décidait.
Dans ce jeu, j’ai cité l’influence des médias et des sondages mais il ne faudrait pas non plus oublier l’influence des grands partis eux-mêmes. Ceux-ci, à défaut de faire campagne sur leurs idées (ce qui ne serait peut-être pas si bien apprécié des électeurs), se contentent souvent de décourager l’électorat ou de l’effrayer. Pour décourager les braves gens, le jeu consiste à renforcer la croyance qu’ils sont les seuls vainqueurs possibles. Et pour les effrayer, rien de tel que d’exagérer le danger FN (ce qui en soi participe à effectivement à l’accroître) et de crier à la traîtrise et à la collusion avec l’extrême droite dès qu’on se permet la moindre critique sur leur compte.
Face à tout cela, soit on fait une croix sur la démocratie soit on revient à une attitude saine, simple et efficace : voter pour ses idées. Car, c’est une banalité de le dire mais quand on oublie de voter pour ses idées, il ne faut pas s’étonner que notre vote ne permette pas qu’elles soient défendues. D’autre part, non seulement, on finit par ne pas voir ses idées représentées mais encore, le vote futile est totalement inefficace pour ce à quoi il prétend servir. C’est
Le triple paradoxe du vote futile.
Le caractère hyper répandu du vote futile est à l’origine du premier paradoxe. La masse qui vote futile finit par donner un sentiment d’impuissance à ceux qui ne cherchent qu’à défendre ce qu’ils croient juste. Le vote futile est donc une machine qui nourrit l’abstention et le vote FN. Certes, il y a ceux qui se résignent à voter pour les candidats que l’establishment leur a choisi mais il y a aussi ceux qui s’abstiennent par sentiment d’impuissance et il y a ceux qui votent FN parce que ça les énerve et que, dans les sondages et par son omniprésence dans les commentaires, le FN leur apparaît comme le seul susceptible de troubler le jeu. Le risque est donc que le vote futile qui prétend servir de rempart contre l’extrémisme le nourrisse au contraire.
Du point de vue psychologique individuel, il y a aussi quelque chose de paradoxal avec le vote futile. En effet, quand on vote futile, on trouve à la fois que notre voix n’a pas de poids (puisqu’on dédaigne de voter pour ses idées) et que notre voix est super importante (puisqu’on imagine que sans nous, le gros parti pourrait bien partir à la trappe). Pour moi, je préfère me dire, "si mon vote ne pèse pas, je peux aussi bien voter pour ce qui me plait". Ou encore, "si mon vote pèse, il faut que je vote pour mes idées".
Le dernier paradoxe se manifeste sur le plan historique. Le vote futile pour le PS est souvent présenté comme un expédient temporaire. On croit éviter le pire en assurant le départ de Sarkozy afin qu’à la prochaine, une fois débarrassé du monstre, on puisse enfin voter pour ce qu’on aime réellement. Or cela a toutes les chances de plutôt nous entraîner dans une séquence historique longue de dérive droitière de notre société. En effet, le PS, en se contentant d’un appel au vote futile et à un « tout sauf sarko » vide de programme, abandonne la lutte idéologique. Pendant ce temps, la droite qui sert un capital jamais repu continue son activisme (bien aidée en cela par le « pluralisme des médias »). Résultat, la société dérive à droite. La droite se permet toujours plus d’outrances et à la prochaine élection, on en a un encore plus vilain que Sarko qu’il faut « éviter à tout prix ». Dès lors, le couvert est remis pour encore plus de vote futile.
Bien sûr, on peut douter du fait que le curseur du centre politique cesserait sa dérive si le PS faisait campagne sur son projet plutôt que sur le vote futile, tant le PS lui-même est en pleine dérive droitière. Cependant, on peut déjà dire que la dérive serait moins rapide. De plus, le PS obligé de se découvrir serait forcé, soit de revenir à gauche, soit de se démasquer comme parti de droite. Cela laisserait alors la place à gauche pour une véritable alternative.
Une atmosphère baignée par le débat d’idée sera toujours plus favorable à la gauche. Il faut en effet, pour que la gauche se relève, qu’on se déshabitue d’écouter les discours des politiciens comme on écoute des spots de pub. Il faut apprendre à remettre en cause les évidences, à raisonner, pour pouvoir résister au fort pouvoir d’injonction du système médiatique (qui passe par l’omniprésence des médiacrates mais aussi de manière très importante par la publicité, le divertissement et parfois par les fictions).
Votez donc pour vos idées et si vous vous inquiétez de l’efficacité de votre vote, militez (que ce soit au sein d’un parti ou non).
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
Je parlais du sentiment de l’inutilité du vote qui nourrit l’abstention. Parmi ce qui participe à donner ce sentiment, le comportement moutonnier qu’on appelle abusivement vote « utile » que je nommerai vote futile par la suite, joue un rôle non négligeable.
Qu’est-ce que le vote futile ? Il en existe au moins deux variantes. Dans la première, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » de gagner au second (ce qui pousse en général les gens de gauche à voter vers le centre). C’était essentiellement comme cela qu’on votait avant 2002 et cela assurait une bonne part du vote PS. En 2007 encore, on peut attribuer une bonne part du vote Bayrou à ce genre de comportement : pensant que Ségolène Royal « n’avait aucune chance » face à Sarkozy, beaucoup d’électeurs de gauche se sont rabattus sur un vote Bayrou parce qu’avec lui, « on avait une chance » d’éviter le pire. Dans la deuxième variante, on vote au premier tour pour celui « qui a une chance » d’aller au second, c’est ce qu’on appelle aussi « éviter un nouveau 21 Avril ». C’est la grande trouvaille de la décennie pour les partis dominants, qui leur permet de maintenir leur domination alors même que la détestation qu’ils inspirent est à son comble. En un sens, le PS et l’UMP sont donc grandement redevables au FN pour son rôle d’épouvantail rabatteur d’électeurs déçus.
J’utilise des guillemets dans le paragraphe précédent afin de marquer le caractère de « on dit » des affirmations. Car c’est bien sur une rumeur que l’on se fonde quand on se lance dans le vote futile. Une rumeur légitimée par le système médiatique et l’aspect pseudo scientifique de sondages mais une rumeur quand même. Et comme toutes les rumeurs, les conditions de sa production sont sujettes à bien des manipulations.
Production d'une rumeur
Trois temps pour cette production :
Primo, le système médiatique fait le black-out sur la plupart des candidats. En général, on n’entend parler de personne sauf du PS et de l’UMP. Parfois, quand les médiacrates ne sont pas satisfaits de ce que leurs proposent ces deux partis, ils vont chercher un autre candidat de droite pour lui donner aussi une exposition médiatique (Bayrou, par exemple, ou Balladur). Et bien sûr, même si on ne l’invite pas à s’exprimer, le FN est toujours présent. Cité par tous, il est censé agir comme un épouvantail. Ce black-out provient tout autant des affinités des médiacrates (souvent copain comme cochons avec les gens bien des partis dominants) que de leur paresse intellectuelle. Pour eux, deux partis ça suffit, si on en rajoute de trop, ils ne s’y retrouvent plus.
Secundo, dans ces conditions, il est bien normal que l’opinion admise soit que les deux principaux prétendants sont au PS et à l’UMP avec le FN en embuscade. Le triste de l'affaire, c'est qu'on admette trop facilement cette opinion. En effet, pourquoi écouter un expert politologue ou éditorialiste qui n’en sait au fond pas plus que toi ? Ou un sondage qui, s’il mesure parfois quelque chose sur le moment (et avec quelles barres d'erreur ?) n’a aucune valeur prédictive ? On gobe donc, on gobe.
Tertio, les jeux sont faits. La position dans les sondages et l’air du temps (qui est une création des quelques têtes parlantes qui monopolisent l’espace médiatique plus qu'une réalité objective) déterminant à la fois l’écho donné aux déclarations du candidat et sa capacité à s’attirer le vote futile, la première prophétie (pipée) détermine les sondages et les avis éclairés qui suivent et elle devient auto réalisatrice. Quand par malheur, quelqu’un apprend qu’il existe d’autres candidats plus compétents, plus respectueux de la démocratie et avec des programmes bien meilleurs, il a déjà suffisamment en tête que les Français n’aiment que la sociale démocratie tirant à droite (le PS) ou la droite tirant vers l’extrême droite (l’UMP) pour imaginer que son choix en faveur d’un autre candidat plus proche de ses idées pourrait bien être suivi par une grande masse de ses concitoyens si il se décidait.
Dans ce jeu, j’ai cité l’influence des médias et des sondages mais il ne faudrait pas non plus oublier l’influence des grands partis eux-mêmes. Ceux-ci, à défaut de faire campagne sur leurs idées (ce qui ne serait peut-être pas si bien apprécié des électeurs), se contentent souvent de décourager l’électorat ou de l’effrayer. Pour décourager les braves gens, le jeu consiste à renforcer la croyance qu’ils sont les seuls vainqueurs possibles. Et pour les effrayer, rien de tel que d’exagérer le danger FN (ce qui en soi participe à effectivement à l’accroître) et de crier à la traîtrise et à la collusion avec l’extrême droite dès qu’on se permet la moindre critique sur leur compte.
Face à tout cela, soit on fait une croix sur la démocratie soit on revient à une attitude saine, simple et efficace : voter pour ses idées. Car, c’est une banalité de le dire mais quand on oublie de voter pour ses idées, il ne faut pas s’étonner que notre vote ne permette pas qu’elles soient défendues. D’autre part, non seulement, on finit par ne pas voir ses idées représentées mais encore, le vote futile est totalement inefficace pour ce à quoi il prétend servir. C’est
Le triple paradoxe du vote futile.
Le caractère hyper répandu du vote futile est à l’origine du premier paradoxe. La masse qui vote futile finit par donner un sentiment d’impuissance à ceux qui ne cherchent qu’à défendre ce qu’ils croient juste. Le vote futile est donc une machine qui nourrit l’abstention et le vote FN. Certes, il y a ceux qui se résignent à voter pour les candidats que l’establishment leur a choisi mais il y a aussi ceux qui s’abstiennent par sentiment d’impuissance et il y a ceux qui votent FN parce que ça les énerve et que, dans les sondages et par son omniprésence dans les commentaires, le FN leur apparaît comme le seul susceptible de troubler le jeu. Le risque est donc que le vote futile qui prétend servir de rempart contre l’extrémisme le nourrisse au contraire.
Du point de vue psychologique individuel, il y a aussi quelque chose de paradoxal avec le vote futile. En effet, quand on vote futile, on trouve à la fois que notre voix n’a pas de poids (puisqu’on dédaigne de voter pour ses idées) et que notre voix est super importante (puisqu’on imagine que sans nous, le gros parti pourrait bien partir à la trappe). Pour moi, je préfère me dire, "si mon vote ne pèse pas, je peux aussi bien voter pour ce qui me plait". Ou encore, "si mon vote pèse, il faut que je vote pour mes idées".
Le dernier paradoxe se manifeste sur le plan historique. Le vote futile pour le PS est souvent présenté comme un expédient temporaire. On croit éviter le pire en assurant le départ de Sarkozy afin qu’à la prochaine, une fois débarrassé du monstre, on puisse enfin voter pour ce qu’on aime réellement. Or cela a toutes les chances de plutôt nous entraîner dans une séquence historique longue de dérive droitière de notre société. En effet, le PS, en se contentant d’un appel au vote futile et à un « tout sauf sarko » vide de programme, abandonne la lutte idéologique. Pendant ce temps, la droite qui sert un capital jamais repu continue son activisme (bien aidée en cela par le « pluralisme des médias »). Résultat, la société dérive à droite. La droite se permet toujours plus d’outrances et à la prochaine élection, on en a un encore plus vilain que Sarko qu’il faut « éviter à tout prix ». Dès lors, le couvert est remis pour encore plus de vote futile.
Bien sûr, on peut douter du fait que le curseur du centre politique cesserait sa dérive si le PS faisait campagne sur son projet plutôt que sur le vote futile, tant le PS lui-même est en pleine dérive droitière. Cependant, on peut déjà dire que la dérive serait moins rapide. De plus, le PS obligé de se découvrir serait forcé, soit de revenir à gauche, soit de se démasquer comme parti de droite. Cela laisserait alors la place à gauche pour une véritable alternative.
Une atmosphère baignée par le débat d’idée sera toujours plus favorable à la gauche. Il faut en effet, pour que la gauche se relève, qu’on se déshabitue d’écouter les discours des politiciens comme on écoute des spots de pub. Il faut apprendre à remettre en cause les évidences, à raisonner, pour pouvoir résister au fort pouvoir d’injonction du système médiatique (qui passe par l’omniprésence des médiacrates mais aussi de manière très importante par la publicité, le divertissement et parfois par les fictions).
Votez donc pour vos idées et si vous vous inquiétez de l’efficacité de votre vote, militez (que ce soit au sein d’un parti ou non).
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
samedi 14 janvier 2012
Tract Média
Un peu arrangé, une sorte de tract sur les médias que j'ai écrit. Les contraintes de la maquette du tract expliquent le style lapidaire. Je suis sûr que certains ne s'en plaindront pas.
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Pluralisme
Nous vivons dans une démocratie imparfaite. Parmi les choses à améliorer pour la parfaire, il y a les médias et l’information. Comment les citoyens peuvent-ils exercer leur pouvoir s’ils sont mal informés ? Pour une bonne information, il faut, non pas l’objectivité absolue (qui n’existe pas) mais trois choses : de la diversité dans les opinions qui s’expriment, que l’usager des médias puisse faire la différence entre les faits et l’opinion de celui qui les rapporte et, bien sûr, que les faits rapportés soient bien réels.
A mon sens, ce qui manque surtout dans les médias, c’est de la diversité. On est tellement matraqué qu’on prend pour des évidences des choses qui n’en sont pas.
Par exemple, presque tout le monde nous présente l’austérité comme la seule voie possible alors qu’il faudrait surtout dire que cela nous enfonce dans la crise. De manière plus générale, les grands médias sont tous possédés par de grands patrons. Aussi, les éditorialistes qui s’y expriment défendent, en gros, la vision de la société de leurs patrons. Enfin, l’opinion dominante peut encore avoir des relais dans la pub (exemple type de matraquage) et dans des fictions qui, elles aussi, véhiculent une vision du monde bien particulière.
Or, il existe de nombreux citoyens qui voient les choses tout différemment et dont les idées ne sont que très peu entendues. Ils se trompent pourtant plutôt moins dans leurs analyses que les supposés experts qu’on invite sur les plateaux télé…
Qui possède quoi ?
Arnaud Lagardère, Serge Dassault, Martin Bouygues, Vincent Bolloré et Bernard Arnault, tous milliardaires et amis de Sarkozy (les quatre derniers ont fêté son élection au Fouquet’s le soir même) et le groupe Bertelsmann (dont Albert Frère, milliardaire, ami de Sarkozy et présent au Fouquet’s a longtemps détenu une grosse part du capital) possèdent :
Télé : TF1, une grosse part de Canal +, M6, LCI, Direct 8, i-télé et d’autres chaînes.
Radio : Europe 1 et 2, RFM, RTL et d’autres chaînes.
Presse : Métro, Direct Soir, Matin Plus, le Figaro, les Échos, le Journal du Dimanche, l’Express, une bonne part du Parisien et d’autres titres.
Ajoutez-y le service public (radios, télés) aux mains de Sarkozy lui-même.
Ça c'est la presse du patronat (pour une critique plus détaillée, allez au cinéma voir les nouveaux chiens de garde ou lisez le bouquin), elle est ultra dominante mais il existe aussi une presse critique du système, parmi laquelle on trouve
Mes lectures favorites.
Essayez-les et dites m’en des nouvelles !
Quotidien :
L’Humanité, le journal fondé par Jean Jaurès, le seul quotidien indépendant des grands groupes en France (Libé est à Rothschild, Le Monde à un trio de millionnaires), proche du Parti Communiste Français.
Hebdomadaire :
Politis, très centré sur l’actualité politique mais dans toute sa diversité (politique intérieure, étrangère, social, économie, environnement), des articles, des interviews, des brèves, des chroniques, des pages culturelles aussi.
Mensuels :
Regards, ressemble à Politis, en mensuel, même si il n’y a pas de liens entre les deux journaux.
Le Monde Diplomatique, mon journal préféré, plus intello, plus international mais parle de tout et pas seulement de diplomatie, vraiment un journal à nul autre pareil !
Parutions plus épisodiques :
Le Sarkophage, connaissez vous la décroissance ? un jeu de mot dans le titre mais c’est du sérieux.
Fakir, sous des dehors bon enfant, des analyses très fines, un journal très militant ET très indépendant.
Sur l’internet :
arretsurimages.net, pas vraiment de l’info, un site qui décrypte l’info et porte un regard critique sur les médias, on y trouve des textes mais aussi des émissions, payant (faut ce qu’il faut).
acrimed.org, le site de l’association ACRIMED, encore un site de critique des médias, un peu plus intello qu’arretsurimages.net, bien documenté et gratuit.
jean-luc-melenchon.fr, le blog de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, très bien pour comprendre ce que c’est que la politique.
Pour aller plus loin
Après l’indigestion de théorie abstraite que j’ai infligée précédemment, je pense que vous trouverez relaxant cet excellent livre écrit par un étudiant en journalisme à propos de ses études.
Pour arranger tout ça.
Dans le programme du Front de Gauche
Nominations dans les chaînes publiques : le personnel aura une voix prépondérante ;
Conditions de travail des journalistes : la lutte contre la précarité (menée dans toute la société, pas seulement dans les médias) permettra aux journalistes de préserver leur indépendance et la qualité de leur travail ;
Concentrations dans les médias : interdites par la loi ;
Coopératives de presse : ce modèle sans actionnaires, où le capital appartient aux travailleurs sera soutenu par l’état.
Dès maintenant
Ne restez pas seuls face à votre télé ! Pour pouvoir forger son opinion indépendamment des médias, il faut une « république permanente ». Cela veut dire, consacrer du temps au débat d’idées (en période électorale et en dehors), en respectant la parole des autres, en pesant rationnellement les arguments, en étant prêt à remettre en cause ses préjugés. C’est pour cela que le Front de Gauche organise depuis sa création, réunions thématiques, projections publiques, assemblées citoyennes. Vous y êtes les bienvenus.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
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Pluralisme
Nous vivons dans une démocratie imparfaite. Parmi les choses à améliorer pour la parfaire, il y a les médias et l’information. Comment les citoyens peuvent-ils exercer leur pouvoir s’ils sont mal informés ? Pour une bonne information, il faut, non pas l’objectivité absolue (qui n’existe pas) mais trois choses : de la diversité dans les opinions qui s’expriment, que l’usager des médias puisse faire la différence entre les faits et l’opinion de celui qui les rapporte et, bien sûr, que les faits rapportés soient bien réels.
A mon sens, ce qui manque surtout dans les médias, c’est de la diversité. On est tellement matraqué qu’on prend pour des évidences des choses qui n’en sont pas.
Par exemple, presque tout le monde nous présente l’austérité comme la seule voie possible alors qu’il faudrait surtout dire que cela nous enfonce dans la crise. De manière plus générale, les grands médias sont tous possédés par de grands patrons. Aussi, les éditorialistes qui s’y expriment défendent, en gros, la vision de la société de leurs patrons. Enfin, l’opinion dominante peut encore avoir des relais dans la pub (exemple type de matraquage) et dans des fictions qui, elles aussi, véhiculent une vision du monde bien particulière.
Or, il existe de nombreux citoyens qui voient les choses tout différemment et dont les idées ne sont que très peu entendues. Ils se trompent pourtant plutôt moins dans leurs analyses que les supposés experts qu’on invite sur les plateaux télé…
Qui possède quoi ?
Arnaud Lagardère, Serge Dassault, Martin Bouygues, Vincent Bolloré et Bernard Arnault, tous milliardaires et amis de Sarkozy (les quatre derniers ont fêté son élection au Fouquet’s le soir même) et le groupe Bertelsmann (dont Albert Frère, milliardaire, ami de Sarkozy et présent au Fouquet’s a longtemps détenu une grosse part du capital) possèdent :
Télé : TF1, une grosse part de Canal +, M6, LCI, Direct 8, i-télé et d’autres chaînes.
Radio : Europe 1 et 2, RFM, RTL et d’autres chaînes.
Presse : Métro, Direct Soir, Matin Plus, le Figaro, les Échos, le Journal du Dimanche, l’Express, une bonne part du Parisien et d’autres titres.
Ajoutez-y le service public (radios, télés) aux mains de Sarkozy lui-même.
Ça c'est la presse du patronat (pour une critique plus détaillée, allez au cinéma voir les nouveaux chiens de garde ou lisez le bouquin), elle est ultra dominante mais il existe aussi une presse critique du système, parmi laquelle on trouve
Mes lectures favorites.
Essayez-les et dites m’en des nouvelles !
Quotidien :
L’Humanité, le journal fondé par Jean Jaurès, le seul quotidien indépendant des grands groupes en France (Libé est à Rothschild, Le Monde à un trio de millionnaires), proche du Parti Communiste Français.
Hebdomadaire :
Politis, très centré sur l’actualité politique mais dans toute sa diversité (politique intérieure, étrangère, social, économie, environnement), des articles, des interviews, des brèves, des chroniques, des pages culturelles aussi.
Mensuels :
Regards, ressemble à Politis, en mensuel, même si il n’y a pas de liens entre les deux journaux.
Le Monde Diplomatique, mon journal préféré, plus intello, plus international mais parle de tout et pas seulement de diplomatie, vraiment un journal à nul autre pareil !
Parutions plus épisodiques :
Le Sarkophage, connaissez vous la décroissance ? un jeu de mot dans le titre mais c’est du sérieux.
Fakir, sous des dehors bon enfant, des analyses très fines, un journal très militant ET très indépendant.
Sur l’internet :
arretsurimages.net, pas vraiment de l’info, un site qui décrypte l’info et porte un regard critique sur les médias, on y trouve des textes mais aussi des émissions, payant (faut ce qu’il faut).
acrimed.org, le site de l’association ACRIMED, encore un site de critique des médias, un peu plus intello qu’arretsurimages.net, bien documenté et gratuit.
jean-luc-melenchon.fr, le blog de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, très bien pour comprendre ce que c’est que la politique.
Pour aller plus loin
Après l’indigestion de théorie abstraite que j’ai infligée précédemment, je pense que vous trouverez relaxant cet excellent livre écrit par un étudiant en journalisme à propos de ses études.
Pour arranger tout ça.
Dans le programme du Front de Gauche
Nominations dans les chaînes publiques : le personnel aura une voix prépondérante ;
Conditions de travail des journalistes : la lutte contre la précarité (menée dans toute la société, pas seulement dans les médias) permettra aux journalistes de préserver leur indépendance et la qualité de leur travail ;
Concentrations dans les médias : interdites par la loi ;
Coopératives de presse : ce modèle sans actionnaires, où le capital appartient aux travailleurs sera soutenu par l’état.
Dès maintenant
Ne restez pas seuls face à votre télé ! Pour pouvoir forger son opinion indépendamment des médias, il faut une « république permanente ». Cela veut dire, consacrer du temps au débat d’idées (en période électorale et en dehors), en respectant la parole des autres, en pesant rationnellement les arguments, en étant prêt à remettre en cause ses préjugés. C’est pour cela que le Front de Gauche organise depuis sa création, réunions thématiques, projections publiques, assemblées citoyennes. Vous y êtes les bienvenus.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
lundi 12 décembre 2011
Le minimum
C’est un peu toujours pour la même raison que je me répands sur internet : pour soumettre au débat deux ou trois choses que je pense avoir comprises sur la démocratie et, si possible, en tirer quelques conclusions pratiques, applicables immédiatement.
Pour préciser encore le genre de choses sur lesquelles je m’interroge, disons que c’est sur le pouvoir : d’où il vient, par où il passe, où il va, comment on l’attrape, comment il nous échappe etc. et pardon pour la redondance éventuelle dans ces questions.
Mon impression, c’est que c’est particulièrement difficile de répondre à ce genre de question en démocratie (et même dans une démocratie avec beaucoup de défauts comme la nôtre). En effet, le pouvoir y est fortement dilué en principe (coupé en parts égales entre des millions de citoyens), si bien qu’il en devient très souvent largement invisible. Il se déploie et se concentre à travers de multiples mécanismes où seul un œil exercé peut le surprendre. Puis vient le jour du vote où il se matérialise aux yeux de tous avant de reprendre son évolution mystérieuse dans la minute qui suit le dépouillement.
Parlons du vote, qui est donc la partie la plus visible du processus démocratique, si bien qu’on en arrive à négliger les autres. Ce n’est en fait qu’une toute petite partie du processus mais arrêtons nous dessus, ce sera une occasion d’amener subrepticement le reste sur la table.
Car enfin, l’importance démesurée donnée au vote a au moins cette vertu d’intéresser périodiquement à la politique des gens qui ne s’y intéressent pas en temps normal. Pour tous ceux qui veulent travailler à remettre l’activité politique au centre de la vie des gens (là où elle devrait être, puisque, comme le dit Aristote, c’est d’elle que dépend le Bien Suprême [1]) la saison des élections, c’est la saison de la pêche, qu’on espère miraculeuse.
Cet écart entre la visibilité du vote et son importance réelle dans le processus démocratique a aussi ses côtés négatifs. En dehors des périodes électorales, on peut être amené à penser que rien ne se joue, puisqu’on ne voit rien ou presque. Or, dans ces périodes aussi, l’opinion se forme, plus subtilement mais non moins profondément.
Ceux qui se plaignent que le vote endort les gens ont raison de se plaindre mais cet endormissement, c’est le symptôme d’un bien. On serait peut-être plus révolté en dictature mais que réclamerait-on alors ? Une démocratie. Et on serait de nouveau en face du problème de l’endormissement qui va avec la démocratie. Dès lors, notre but, ce doit être de faire marcher ce truc.
Plein de gens ne votent pas. Pour les présidentielles, un peu plus se déplacent, essentiellement parce que l’injonction est plus forte avec tout le battage médiatique qui accompagne l’élection (ça devient à la mode de voter). Mais en général, ils y vont sans conviction, voter utile. On y reviendra.
Autant, je pense qu’on a toutes les raisons d’aller voter, autant, je pense que les hauts niveaux d’abstention, marquent une prise de conscience de quelque chose de fondamentalement vrai : il n’y a pas grand-chose à attendre du vote. C’est ce que j’indiquais plus haut : le vote, c’est la partie émergée de l’iceberg. Le pouvoir des citoyens est essentiellement ailleurs et une bonne partie de l’affaire est déjà dans le sac le jour de l’élection.
Mais plutôt que de nous amener à rester chez soi et à se désintéresser de la politique, la prise de conscience de ce fait devrait nous amener à nous engager plus profondément, tout au long de l’année. C’est ainsi qu’on va prendre le pouvoir où il est, c'est-à-dire, dans notre propre éducation, dans les médias, dans la rue, sur les lieux de travail, dans toutes les discussions politiques qu’on peut avoir avec les gens qu’on rencontre. J’ai déjà parlé des différents moyens de peser en démocratie, au-delà du vote, je n’y reviens pas ici. Il faut faire tout le reste mais il faut aussi voter pour donner le couronnement attendu pour tous nos efforts d’engagement.
Reste que même avec un comportement parfaitement citoyen, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de miraculeux. Une démocratie parfaite, elle est censée diluer le pouvoir à parts égales entre tous les citoyens. Chacun d’entre nous n’en aura qu’une petite parcelle. Autrement dit, se sentir impuissant en démocratie, c’est normal, c’est comme cela que ça doit être.
Cependant, ce n’est pas parce qu’on se sent impuissant qu’il faut faire comme si on l’était réellement. Il faut se saisir de la part infinitésimale de pouvoir qui nous revient, s’éduquer, s’engager et voter. Car en face il y a des gens qui sont prêt à récupérer tout le pouvoir abandonné dans la démobilisation générale (ex : Serge Dassault, sénateur UMP, milliardaire ami de Sarkozy, industriel de l’armement, propriétaire de médias importants comme le Figaro et truqueur d’élections dans sa commune de Corbeil Essonne).
Pour faire face aux gens les plus assoiffés de pouvoir, il faut que même ceux qui ne se sentent pas des âmes de dictateurs se battent pour prendre la part qui leur revient. Et cela entraîne qu’ils doivent dans une certaine mesure entrer dans des luttes de pouvoir. Prise de parole, de responsabilité, et ce qui va avec : réflexion sur les opinions qu’on va exprimer, sur la façon dont on veut s’organiser.
A la fin, le vote, ça ne coûte pas bien cher et on aurait tort de s’en priver.
Ce texte est la première partie d'un triptyque.
Partie 2 : Vote « utile ».
Partie 3 : Personnalisation.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
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[1] « nous devons essayer d’embrasser [...] la nature du Bien Suprême, et de dire de quelle science particulière ou de quelle potentialité il relève. On sera d’avis qu’il dépend de la science suprême et architectonique par excellence. Or, une telle science est manifestement la politique »
Pour préciser encore le genre de choses sur lesquelles je m’interroge, disons que c’est sur le pouvoir : d’où il vient, par où il passe, où il va, comment on l’attrape, comment il nous échappe etc. et pardon pour la redondance éventuelle dans ces questions.
Mon impression, c’est que c’est particulièrement difficile de répondre à ce genre de question en démocratie (et même dans une démocratie avec beaucoup de défauts comme la nôtre). En effet, le pouvoir y est fortement dilué en principe (coupé en parts égales entre des millions de citoyens), si bien qu’il en devient très souvent largement invisible. Il se déploie et se concentre à travers de multiples mécanismes où seul un œil exercé peut le surprendre. Puis vient le jour du vote où il se matérialise aux yeux de tous avant de reprendre son évolution mystérieuse dans la minute qui suit le dépouillement.
Parlons du vote, qui est donc la partie la plus visible du processus démocratique, si bien qu’on en arrive à négliger les autres. Ce n’est en fait qu’une toute petite partie du processus mais arrêtons nous dessus, ce sera une occasion d’amener subrepticement le reste sur la table.
Car enfin, l’importance démesurée donnée au vote a au moins cette vertu d’intéresser périodiquement à la politique des gens qui ne s’y intéressent pas en temps normal. Pour tous ceux qui veulent travailler à remettre l’activité politique au centre de la vie des gens (là où elle devrait être, puisque, comme le dit Aristote, c’est d’elle que dépend le Bien Suprême [1]) la saison des élections, c’est la saison de la pêche, qu’on espère miraculeuse.
Cet écart entre la visibilité du vote et son importance réelle dans le processus démocratique a aussi ses côtés négatifs. En dehors des périodes électorales, on peut être amené à penser que rien ne se joue, puisqu’on ne voit rien ou presque. Or, dans ces périodes aussi, l’opinion se forme, plus subtilement mais non moins profondément.
Ceux qui se plaignent que le vote endort les gens ont raison de se plaindre mais cet endormissement, c’est le symptôme d’un bien. On serait peut-être plus révolté en dictature mais que réclamerait-on alors ? Une démocratie. Et on serait de nouveau en face du problème de l’endormissement qui va avec la démocratie. Dès lors, notre but, ce doit être de faire marcher ce truc.
Plein de gens ne votent pas. Pour les présidentielles, un peu plus se déplacent, essentiellement parce que l’injonction est plus forte avec tout le battage médiatique qui accompagne l’élection (ça devient à la mode de voter). Mais en général, ils y vont sans conviction, voter utile. On y reviendra.
Autant, je pense qu’on a toutes les raisons d’aller voter, autant, je pense que les hauts niveaux d’abstention, marquent une prise de conscience de quelque chose de fondamentalement vrai : il n’y a pas grand-chose à attendre du vote. C’est ce que j’indiquais plus haut : le vote, c’est la partie émergée de l’iceberg. Le pouvoir des citoyens est essentiellement ailleurs et une bonne partie de l’affaire est déjà dans le sac le jour de l’élection.
Mais plutôt que de nous amener à rester chez soi et à se désintéresser de la politique, la prise de conscience de ce fait devrait nous amener à nous engager plus profondément, tout au long de l’année. C’est ainsi qu’on va prendre le pouvoir où il est, c'est-à-dire, dans notre propre éducation, dans les médias, dans la rue, sur les lieux de travail, dans toutes les discussions politiques qu’on peut avoir avec les gens qu’on rencontre. J’ai déjà parlé des différents moyens de peser en démocratie, au-delà du vote, je n’y reviens pas ici. Il faut faire tout le reste mais il faut aussi voter pour donner le couronnement attendu pour tous nos efforts d’engagement.
Reste que même avec un comportement parfaitement citoyen, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de miraculeux. Une démocratie parfaite, elle est censée diluer le pouvoir à parts égales entre tous les citoyens. Chacun d’entre nous n’en aura qu’une petite parcelle. Autrement dit, se sentir impuissant en démocratie, c’est normal, c’est comme cela que ça doit être.
Cependant, ce n’est pas parce qu’on se sent impuissant qu’il faut faire comme si on l’était réellement. Il faut se saisir de la part infinitésimale de pouvoir qui nous revient, s’éduquer, s’engager et voter. Car en face il y a des gens qui sont prêt à récupérer tout le pouvoir abandonné dans la démobilisation générale (ex : Serge Dassault, sénateur UMP, milliardaire ami de Sarkozy, industriel de l’armement, propriétaire de médias importants comme le Figaro et truqueur d’élections dans sa commune de Corbeil Essonne).
Pour faire face aux gens les plus assoiffés de pouvoir, il faut que même ceux qui ne se sentent pas des âmes de dictateurs se battent pour prendre la part qui leur revient. Et cela entraîne qu’ils doivent dans une certaine mesure entrer dans des luttes de pouvoir. Prise de parole, de responsabilité, et ce qui va avec : réflexion sur les opinions qu’on va exprimer, sur la façon dont on veut s’organiser.
A la fin, le vote, ça ne coûte pas bien cher et on aurait tort de s’en priver.
Ce texte est la première partie d'un triptyque.
Partie 2 : Vote « utile ».
Partie 3 : Personnalisation.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
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[1] « nous devons essayer d’embrasser [...] la nature du Bien Suprême, et de dire de quelle science particulière ou de quelle potentialité il relève. On sera d’avis qu’il dépend de la science suprême et architectonique par excellence. Or, une telle science est manifestement la politique »
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