jeudi 29 avril 2010

manif dont tout le monde se fout - recap

Je parle bien sûr de cette manif ci : http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/2580-appel-a-un-rassemblement-de-solidarite-avec-le-peuple-grec-victime-des-banques

Et je ne dis pas que c'était si important que ça d'y être. En tous cas, pour moi, c'est beaucoup moins important que de prendre la peine de s'informer sur ce qui se passe en lisant, par exemple, alternatives économiques ou le monde diplomatique. Beaucoup de langage codé dans cet article, n'hésitez pas à poser des questions ! Et bien sûr à critiquer ! (je rigole, je sais bien que c'est le comble du "pas cool" que de discuter politique sur internet (et ailleurs aussi d'ailleurs ; mais ailleurs, au moins, vos amis ne sont pas forcément au courant que vous vous êtes ridiculisés))

Alors j'y étais. On était environ 80. Il n'y a pas eu de vociférations de la foule mais des interventions de diverses personnalités (du PCF, de la FASE, du PCOF, des Alternatifs et du PG). Dans ce que j'ai entendu, pas de cassage de Papandréou. Les interventions étaient de niveau variable. Quelques médias étaient là, dont france cul qui à parlé du rassemblement dans son journal de 7h ce matin.

Encore quelques pensées sur cette affaire grecque.

Au bilan, les états riches d'Europe organisent eux même le dumping social en Europe en demandant que les conditions de travail en Grèce soient altérées. On insiste pour que les salaires des grecs soient baissés et après on aura un prétexte pour ne pas augmenter le SMIC ou pour déclarer irréaliste tout projet de redistribution moins inégalitaire des richesses. Finalement, tous les ultralibéraux n'attendent que ça : une bonne crise de la dette pour casser ce qui reste de services publics et que les intérêts privés puissent se partager les richesses qu'il reste à piller.

Sur la lutte idéologique. Il ne faut pas croire que tous les médias défendent les grecs contre les vilains allemands. Cette nuit à mes heures d'insomnie, j'ai zappé sur RMC et j'entendais des journalistes asséner comme des évidences que les allemands avaient beaucoup souffert, qu'aujourd'hui ils en tiraient les bénéfices et qu'on pouvait comprendre qu'ils ne veuillent pas payer pour la Grèce. On présente comme une vertu le dumping social et fiscal et la montée fulgurante de la pauvreté et des inégalités qui ont eu lieu dans ce pays sans dire que la réussite dans le commerce international de l'Allemagne (qui ne profite pas à la grande majorité du peuple allemand) a beaucoup bénéficié aussi des déficits qui se creusaient dans les autres pays d'Europe. En plus, comme le dit Christine Lagarde, l'Allemagne se fera du blé en prêtant à la Grèce, elle ne va rien perdre (ou alors le spin de Sarkozy sur les bénéfices faramineux qu'il a réalisé en renflouant le banques ne serait qu'un bobard ? non je me refuse à croire que notre président pourrait être malhonnête à ce point).

Autre fait amusant, c'est toute la série des gouvernements un peu de gauche en Europe qui sont attaqués par les spéculateurs : Hongrie (de l'époque), Grèce, Portugal et Espagne.
L'Espagne, dans la tourmente aujourd'hui, était pourtant un modèle de sérieux budgétaire puisqu'il y avait des budgets excédentaires dans ce pays avant la crise. Tout le blabla sur les comptes maquillés (par la droite comme par la gauche mais pas par le gouvernement actuel : on fait payer aux enfants les péchés des parents comme dans l'ancien régime) en Grèce n'était donc que du vent, un prétexte. C'est donc aussi une affaire de sales préjugés infondés des marchés sur le laxisme de la gauche, le manque de sérieux des gens du sud etc. Alors que les plus gros fabricants de déficits sont bien souvent de droite (Reagan, Bush, le précédent gouvernement grec, notre ami Sarkozy et ses prédécesseurs chiraquiens).

lundi 15 mars 2010

regional election - turn one - recap

Grosse crise économique, grosse crise écologique : les Français, peuple supérieur, ont trouvé la solution : l'abstention.

Ce qu'il y a d'écœurant là dedans, c'est que ça révèle notre désintérêt pour nos droits et nos libertés. Résultat d'un cocktail d'idiotie crasse et d'égoïsme très mal compris. Il faut dire que les médias ne nous ont pas aidé avec la façon dont ils ont rendu compte de la campagne. On ne parle d'un politicien qu'à partir du moment où il a quelque chose de scandaleux, de cette manière on sélectionne une classe politique riche en bouffons et en personnes viles. En plus, on s'obstine à essayer de nous faire croire qu'on n'a le choix qu'entre PS et UMP (avec un peu de vert cette fois-ci). Le reste des propositions a été quasi-totalement occulté ou traité avec le plus épais mépris. Imaginez un peu comment vous traiteriez des listes dont vous n'auriez entendu parler que par les affiches électorales et par la profession de foi reçue chez vous. Vous les traiteriez comme des rigolos (cf la liste émergence d'île de france) et même si vous pouvez trouver charmantes leurs propositions, vous ne pourrez pas imaginer d'aller voter pour ces charlots.

54 % d'abstention, c'est scandaleux mais quand ils votent ces abstentionnistes, qui au fond s'en foutent de la politique, on peut se demander si leur vote n'est pas aussi nuisible que leur abstention. Si, par exemple, leur je-m'en-foutisme ne les rend pas aussi plus susceptibles de voter en allant simplement à celui qui les manipule le mieux, sans trop se poser de questions et surtout sans essayer de faire intervenir la raison là-dedans. Une bonne part de ce petit monde a voté à la présidentielle mais étaient-ils plus vertueux à cette époque ? Si on vote juste pour suivre la mode ça ne me dérange pas qu'on reste à la maison à la place.

Fin de l'interlude fasciste.

Pour ma part, je l'ai déjà confessé, ça m'est déjà arrivé une fois de m'abstenir, c'était aux européennes de 2004. Et c'est bien parce que ça a toujours été très facile pour moi d'aller voter. En fait, une seule fois je me suis trouvé avoir besoin d'une procuration et cette fois-là comme une raclure de bidet, je me suis abstenu. I feel for you abstentionnistes just as I feel for my poor wretched soul ayant ce péché sur ma conscience moi aussi. Aujourd'hui, je vous propose une sélection de mantras pour vous aider à vous élever du stade d'abstentionniste vers un stade de conscience supérieur et pourquoi pas, peut-être, un jour, au nirvana.

Fee - C'est super important de voter et ce d'autant que, vu le niveau de l'abstention actuellement, votre vote n'a jamais eu autant de poids.

Fi - C'est super facile de faire une procuration : il suffit d'aller dans n'importe quel commissariat avec une pièce d'identité.

Foh - C'est super facile de s'inscrire sur les listes électorales de là où on habite. Il suffit d'aller à la mairie avec une photocopie de carte d'identité et un justificatif de domicile de moins de 3 mois.

Fum - Changez de priorités. Devenez prêt à tout pour accomplir votre devoir citoyen.

P. S. Dédicace à tous ceux qui ont voté Front de Gauche (FG) ou apparenté.

J'étais un peu déçu des résultats parce qu'il y a un paquet de régions où la liste soutenue par le Parti de Gauche (PG) ne dépasse pas les 5 % nécessaire pour participer aux fusions, parce que les alliances NPA-FG n'ont pas donné des scores mirobolant (moins de 5% en Pays de Loire, moins de 10% en Languedoc) et parce qu'il n'y a pas vraiment de décollage par rapport aux européennes.

MAIS il faut bien voir que dans cinq régions, le PCF était avec le PS. Et que la campagne s'est faite dans la confidentialité la plus parfaite grâce à la discrétion de médias respectueux comme libé, le monde ou france culture (pour ne citer que ceux que j'ai pu côtoyer pendant la campagne).
Et malgré ces conditions les listes soutenues par le Parti de Gauche ont totalisé 1221746 voix en France métropolitaine, c'est-à-dire 6,45% des voix, ce qui est mieux en nombre de voix comme en pourcentage que les résultats du FG des européennes (alors même, je le répète, que, aux européennes, le PCF était allié au PG partout). Si on compte le résultat en outre mer en tenant compte des partis apparentés communistes, on arrive à 1310523 voix, soit 6,73%, c'est toujours mieux que ce qu'on avait aux européennes en nombre comme en pourcentage.

Donc faible progression (0,5%) mais progression quand même. Espérons que le PG ne va pas se faire couillonner dans le processus de fusion des listes.

vendredi 12 mars 2010

Sea, sex and sun

Qu'attendre d'une victoire de la gauche :

Mécanisme :
1 - La gauche (pour être précis : le parti dominant à gauche, appelons-le PS) gagne.
2 - Le PS et ses alliés doivent lutter contre des intérêts puissants pour faire avancer son projet.
3 - Ça n'avance pas et ça finit par se dénaturer, le PS de parti de gauche qu'il était se change en parti centriste. Et c'est bien naturel ! L'exercice du pouvoir droitisera toujours un parti, puisque exercer des responsabilités place les politiciens sous une plus forte pression des milieux d'affaires.
4 - Le résultat, surtout en période de crise comme la période qui dure depuis que je suis né, c'est que les gens ne sont pas contents. Et à la suivante, ils votent moins et à droite parce que les médias (contrôlés essentiellement par la bande du Fouquet's et peuplés de gens beaucoup plus idiots que ce qu'on serait en droit d'attendre de personne ayant d'aussi hautes responsabilités) ne présentent qu'une seule alternative (PS ou UMP ? comme en ce moment dans la campagne des régionales).

Méthode :
1- Ne pas s'attendre à ce qu'un gouvernement de gauche satisfasse les attentes qu'il a suscité : il lutte contre trop d'adversité et les attentes sont toujours trop fortes (quand on ne promet rien comme Jospin, on échoue lamentablement).
2 - Tirer les conclusions de l'usure du pouvoir, non pas avec fatalisme en admettant qu'on n'aura jamais droit qu'à une politique de droite mais en remettant à chaque fois qu'il le faut le curseur à gauche en choisissant les bons candidats et les bons partis. Et, grâce en soit rendue au bon dieu, on a encore la chance en France (pas comme en Angleterre et aux États-Unis par exemple) d'avoir une remarquable diversité à gauche.
3 - Pour espérer que l'adhésion puisse être forte pour un maintien à gauche (c'est à dire à un vote à la gauche de l'actuel parti dominant à gauche), il faut maintenir vivace la bataille médiatique, la bataille idéologique de manière à éviter le désespoir et la manipulation de l'électorat. Les médias sont presque tous contrôlé par des forces hostiles à la gauche on l'a déjà remarqué. Il en reste quelques uns pourtant, qu'il faut soutenir (en ce moment : le monde diplomatique et fakir sont deux excellents choix, il y en a d'autres). Et deuxièmement, comme il ne faut pas trop compter sur les médias, il faut amener le débat politique hors de la sphère médiatique, dans la vie réelle des gens en pratiquant le militantisme (même "sans peine", ça sera un moindre mal).

Avec cette méthode, on peut capitaliser les avancées (parce qu'il y en a quand même) obtenues dans le premier gouvernement PS et, par petites touches et par gouvernements successifs toujours maintenus à gauche, on arrive à nos fins. Mais si la droite arrive au pouvoir, elle a tôt fait de tout casser et on n'avance plus.

mercredi 3 mars 2010

Suite de mes oeuvres... Lisez braves gens ! Lisez !

Pour ma part, les médias que je suis le plus sont France cul et libé. Et à chaque fois que l'un ou l'autre fait le point sur une région, il n'y a jamais un mot sur les listes du Front de Gauche (FG) (littéralement : sur un cahier de 8 pages sur la région Rhône Alpes dans libé, pas une seule mention du FG). J'imagine que ça doit être plus ou moins la même chose sur tous les médias. Ce qui m'emmerde le plus avec ça, en plus du fait que le résultat c'est que des millions de français ignorent ce qu'est le FG et donc ne penseront jamais à mettre ce bulletin dans l'urne, c'est que implicitement, ça fait comme si les médias nous disaient, cette liste là, ce n'est pas du sérieux.

Pas sérieux le FG ?

D'abord, quelle qualification est nécessaire pour être élu ? Je prétends qu'elle n'est pas si énorme qu'on imagine. Pas besoin d'avoir fait l'ENA. Ce sont les conseillers et les hauts fonctionnaires qui ont besoin de compétences techniques. Les élus, il leur suffit d'être capable de comprendre ce qu'on leur dit, d'être capable de ne pas perdre de vue le cap idéologique pour lequel ils se sont fait élire et enfin, d'être capable de comprendre de quoi est fait la vie de leurs administrés (par exemple, arriver à s'imaginer ce que c'est que de prendre le ou ce que c'est qu'être au chômage ou ce que c'est qu'être prof au collège etc.)

Mais admettons qu'on recherche tout de même des compétences techniques.

Pour la question des conseillers, il ne faut pas croire qu'une administration du FG aurait du mal à en trouver de compétents. Des intellectuels, des universitaires liés au front de gauche (ex : Jacques Généreux, tous ceux qui animent les conférences du Parti de Gauche (PG) tous les vendredis) ou que le FG pourrait appeler comme conseiller, il y en a légion (il n'y a qu'à voir tout ce qui est publié en matière de critique sérieuse du capitalisme, du productivisme etc. dans des livres ou dans les médias).

On peut aussi voir que le FG réunit le parti communiste et le PG, qui se compose, entre autres, d'anciens du PS. Or tout ce petit monde inclut de nombreux anciens ministres (dont Mélenchon) et de nombreux parlementaires, au plan local national ou européen. Bref, les listes FG ne contiennent certainement pas moins de personnel "qualifié" que celles d'Europe écologie ou du modem par exemple. Mais je prétends également que le PS et l'UMP qui posent en tant que gens sérieux ne sont pas si qualifiés qu'ils espèrent le paraître. Ce n'est pas parce qu'on admet plus facilement les dogmes de l'idéologie dominante qu'on sait mieux comment gérer une région ou un pays (il n'y a qu'à voir la gestion minable de la France par l'UMP et j'inclus les années Balladur et les années Chirac dans le paquet).

Enfin, c'est une idée idiote de ne vouloir élire que des gens qui aient une expérience préalable d'élu ou qui soient issus d'un parti d'élus. Avec de tels critères, les sud-africains n'auraient jamais élu Mandela. On peut (et doit) renouveler le personnel politique en permanence. Il faut donner leur chance à de nouvelles personnalités de se faire une expérience.

Une partie de l'apparent manque de sérieux du FG pourrait également provenir de la rhétorique de Mélenchon. Je n'en suis pas toujours enchanté moi-même mais elle peut se justifier. D'abord, si il n'avait pas cette façon parfois outrancière de s'exprimer, on n'entendrait absolument pas parler du FG dans les médias (sans Mélenchon, bon client pour des médias en quête de sensation, la visibilité du FG est quasi-nulle). Ensuite, le FG cherche à toucher l'électorat populaire donc il va employer une rhétorique un peu populiste. Il faut bien voir d'abord que populiste ne veut pas dire mensongère : traiter de parasites les banquiers, qui prêtent aux états de l'argent à 6% que leur prête la BCE avec un taux de 1%, ce qui leur permet de faire des bénéfices faramineux sur le dos des états qui doivent emprunter pour sauver l'économie que ces mêmes banques ont plongé dans le marasme, ça me parait tout à fait adéquat. De plus, si on écoute bien, derrière les invectives et les emportements, il y a de réels ferments pour une éducation populaire. Mélenchon, c'est un des hommes politiques qui argumente le plus avec des arguments rationnels et pas avec des sophismes ou avec des slogans. Le bas peuple qui votait coco, dans le temps, il commençait par être attrapé avec des slogans simplistes et puis il se faisait une éducation politique beaucoup plus poussée par la suite, encadré par le parti. Les témoignages sont nombreux de gens issus de milieux très pauvres qui ont dû leur ascension sociale essentiellement à ce qu'il y avait de formateur dans leur engagement militant.

On n'aura jamais un parti politique parfait avec lequel on soit d'accord sur tout. Ça n'empêche pas que ce soit le moindre mal ou encore que ce soit une expérience à tenter de voter FG.

mercredi 3 février 2010

Attablé au Ritz, je finissais mes spaghettis bolognaises...

Six point sur l'insuffisance du vote (nécessaire mais pas suffisant) comme moyen de faire triompher l'intérêt général.

1- Ça fait une grosse différence au niveau du bien-être des gens quand la gauche est puissante (c'est historique)

2- En ce moment, la gauche est faible comme jamais depuis au moins un siècle. Quand elle arrive au pouvoir, c'est toujours sur un malentendu, sur un rejet de la droite sans adhésion à des vrais projets de gauche. De plus, les partis sociaux démocrates comme le SPD allemand, le PD italien, une grosse partie du PS (peut-on encore désigner le labour anglais et les démocrates américains comme des sociaux démocrates ?) etc. sont plutôt de la tendance sociale libérale que de véritables partis de gauche. La propagande qu'ils font dans les médias (ou du moins qu'ils ont faite jusqu'à très récemment), c'est bien souvent pour expliquer comme c'est "raisonnable" de revenir sur les conquêtes sociales, de poursuivre les privatisations et dérégulations comme on ne peut rien faire d'autre et comme il faut être "modéré", c'est à dire de plus en plus à droite etc. (Tout ceci alors même qu'il n'y a absolument pas de consensus la dessus parmi les économistes.) Et dans l'affaire, l'emprise croissante des grandes entreprises sur la société joue un rôle capital. C'est par l'emprise qu'elles ont sur les médias, par la propagande qu'elles font par l'intermédiaire de la pub ou de certains politiciens, leurs laquais, qu'elles ont réussi à faire passer les dogmes libéraux comme des évidences incontestables et la moindre exigence sociale pour des rêves irréalistes ou ringards. Après, les politiciens suivent, le plus souvent, pour des gains électoraux à court terme. Ceux qui ont le malheur de vraiment vouloir faire changer les choses en bien, on les attaque par en haut, avec les menaces des riches de s'enfuir avec leur argent ou les attaques purement spéculatives comme en Grèce, en Espagne et au Portugal en ce moment et par en bas, en menant des campagnes médiatiques pour manipuler la population et lui cacher son intérêt bien compris.

3- Donc la gauche ne reviendra pas et, si elle revient, elle ne pourra pas faire de vraie politique de gauche faute de soutien populaire. Il ne suffit pas d'aller aux urnes quand la grande majorité de la population est si bien matraquée par les sirènes du libéralisme qu'elle finit par y croire. Et quand ce n'est pas le cas, le manque de visibilité des propositions alternatives (partis ou politiciens vraiment à gauche ostracisés par les médias, faiblesse des médias de gauche) fait des abstentionnistes avec ces mécontents.

4- Pour les gens de gauche, il faut donc travailler à contrer la propagande de droite et à rendre visible l'alternative. (C'est pour ça que je me suis inscrit à un parti politique, une association de gauche et abonné à de multiples journaux de gauche.)

5- En ce qui concerne la charité. La charité, ça donne une assurance que quelqu'un recevra un peu de soulagement ponctuellement. Mais sans engagement politique, on a l'assurance que les choses empireront globalement. Il faut saisir la chance qui nous est donnée de pouvoir peser (à notre échelle modeste) sur le devenir du monde et ça ne se fera que par la politique.

6- Pour vraiment aider le tiers monde et les pauvres, le meilleur moyen, c'est le boycott de toutes ces grandes entreprises qui pressurent les malheureux, c'est de faire des choix de consommation qui diminuent l'emprise des grands capitalistes sur la société en les attaquant directement sur les sous qu'ils gagnent.

C'est un peu tout nase cette séparation en six points.

mercredi 27 janvier 2010

En finir avec la droite, sans peine (suite).

1ère partie ici.

Pour y arriver, il faut bien voter et bien placer ses sous. Il y a aussi des trucs à faire en matière de lutte idéologique.

La lutte idéologique c'est agir pour propager ses idées. C'est ce que j'appelle ma propagande. Ça peut avoir l'air pas très sympathique, ça peut avoir des airs de manipulation mais remarquons tout de suite deux choses. Primo, la meilleure propagande se fait avec des arguments rationnels ce qui est l'opposé de la manipulation. Secundo, l'odieux est là surtout quand la manipulation se fait au service d'intérêts particuliers. Or, une société plus juste, mieux éduquée, dans laquelle on a plus de temps, une société apaisée (puisque la justice y règne mais aussi du fait de la meilleure éducation qui permet de régler les conflits de manière non violente) ça profite à tout le monde. De même pour un environnement plus sain, moins standardisé (ce qui s'oppose à ce qu'on trouve dans les villes envahies par les Starbucks et les Subways et où il n'y a plus un café indépendant ou une boulangerie, à ce qu'on subit avec l'absence de saveurs des produits de l'agriculture industrielle et la culture produite par des médias qui ne cherchent qu'à vendre du temps de cerveau disponible).

C'est un enjeu majeur (cette lutte idéologique), parce qu'une victoire électorale qui se fait sur le rejet du pouvoir actuel mais sans adhésion aux idéaux de ceux qui les remplacent n'a pas grand avenir.

Et il y a du boulot parce qu'avec leur argent, les grandes entreprises ont une forte emprise sur le système médiatique et sur les politiciens. Regardez Obama se débattre avec son congrès (voir son cabinet, voir la cour suprême des États-Unis) qui refusent de faire quoi que ce soit qui ne soit pas directement dans l'intérêt des grandes banques, de l'industrie de la santé ou du complexe militaro-industriel (à moins que lui-même n'en ait pas non plus l'intention malgré ses déclarations). Regardez, regardez aussi du côté de l'Italie ! Regardez et vous verrez ce à quoi on aura droit en France si on continue de croire qu'il suffit d'aller voter pour faire vivre une démocratie.

Du boulot ? Ça ne sera pas sans peine alors ? Si ! Pour vous mes amis, rien que pour vous, j'ai sélectionné trois trucs super faciles à faire. Et le plus beau, c'est que ce n'est pas parce que c'est super facile à faire que ce n'est pas aussi super utile (pas de corrélation entre l'effort que vous fournirez et l'efficacité de votre démarche, comme c'est le cas quand on signe cette pétition, kacedédi à tous ceux qui pensaient que je l'avais oubliée).

Bon, ces trucs.

Truc facile à faire n°1 : se cultiver. L'idée, c'est que c'est toujours bon de fortifier son âme de gauche. Il s'agit de ne pas céder soi-même à la propagande de droite, de ne pas en arriver un jour à se dire : "être de gauche à 20 ans ça va mais il y a un moment où il faut grandir..." Il s'agit aussi d'avoir du fond pour pouvoir convaincre les malheureux qui par hasard s'intéresseraient à notre avis. Pourquoi la culture? Parce que souvent, les grands artistes/auteurs ont un fond d'humanisme et qu'ils le communiquent. Mieux connaître tout ce dont est capable un humain et tout ce qui peut se passer dans le vaste univers (et pas seulement le sordide, aussi le merveilleux), ça évite d'avoir comme seule ambition d'amasser de quoi s'acheter une Rolex avant la date fatidique. Quant à la pénibilité de l'affaire, je ne dois pas vous faire un dessin : il n'y a qu'à jouir autant qu'on peut des chefs-d'œuvre de l'humanité (ou de mère nature).

Truc facile à faire n°2 : s'informer. C'est plus austère que le point n°1 ? Hmmm... N'est-on pas tous un peu curieux de savoir ce qui se passe dans le monde ? Alors, il s'agira simplement de satisfaire sa curiosité auprès de médias de qualité (par exemple, les deux excellents mensuels que sont le Monde Diplomatique et Alternatives Économiques). Comme pour le point 1, ça sera un moyen d'affiner ses opinions. Mais il y a un autre effet bonus : en étant client d'un média, on a aussi un effet par l'intermédiaire des audimats de tous poils. Un média à forte audience va voir ses infos reprises plus fréquemment et ses éditorialistes seront plus volontiers invités à partager leurs opinions en d'autres lieux. Dès lors, il faut vraiment faire attention à choisir les bons.

Truc facile à faire n°3 : s'inscrire au Parti de Gauche (ou au parti de votre choix mais j'avoue que, sur le plan stratégique comme sur le plan des idées, le PG, c'est ce qu'on fait de mieux). Ça aura le même effet pour l'influence du parti que celui qu'a l'audimat sur l'influence de la chaîne de télé. Plus de poids dans les médias, plus de poids lors de négociations entre partis. Et comme avec les bons médias, on obtient par le biais du parti des informations très bonnes à savoir et difficiles à trouver ailleurs (à ce sujet, la très excellente feuille hebdomadaire du PG est exemplaire, vous pouvez me croire, j'ai aussi été au PS et le journal qu'on recevait n'était pas à moitié aussi bien). On peut trouver ça casse-couille de militer, j'en conviens, même si je vois aussi ce qu'on peut trouver de bandant à s'impliquer directement dans le fonctionnement de la démocratie. Ici, on se contentera d'adhérer et de payer notre cotisation. C'est déjà un grand service à rendre à ses idées. Nous nous en remercions.

Pour aller plus loin, voyez ici.

samedi 12 décembre 2009

Lisez, il y a un truc hilarant à un moment !

Le progrès (gains de productivité) permet de travailler moins tout en produisant plus. On a ainsi les moyens de produire le nécessaire pour tout le monde et de produire encore beaucoup de superflu.

Comment on s'organise actuellement ? La production est essentiellement faite par des bourreaux de travail qui bossent 60 heure par semaine et qui sont payés au lance-pierre : j'ai nommé tous les esclaves du tiers monde qui nous fabriquent nos vêtements, nos jouets, nos appareils électroménager etc. pas chers, qui exploitent les mines, qui désamiantent le Clémenceau, qui font marcher l'agriculture et le bâtiment (travailleurs clandestins qui cueillent les fruits pas cher qu'on bouffe ou qui bossent sur les chantiers de Bouygues) etc. et même des bons petits occidentaux parfois, ceux qui font tourner les caisses dans les carrefour ou les McDo par exemple.

Et après, qu'est-ce qui se passe ? D'une part, les maîtres de ces esclaves-là (patrons, cadres dirigeants, actionnaires et banquiers) empochent des profits gigantesques et d'autre part, une pénurie de travail se met en place qui permet de mettre en concurrence les esclaves entre eux et de faire encore augmenter les profits susmentionnés. Il faut aussi qu'il y ait de la demande pour que les gens achètent la production, ça c'est le rôle de la dette (privée, comme aux états unis ou publique, comme aux états-unis mais même dans ce cas, c'est le peuple qui paye quand on lui supprime ses services publics ou quand on lui augmente ses impôts pour boucher les trous et ce, d'autant plus que les impôts sont de moins en moins progressifs), aiguillonnée par la pub et les modes.

Au final, les riches ont tellement d'argent qu'ils ne savent plus quoi en faire et finissent par spéculer et faire gonfler des bulles qui éclatent ensuite à la gueule de tout le monde. Et les pauvres s'endettent jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus rembourser, ce qui fait exploser les bulles que les riches ont fait gonfler.

C'est pas un système viable ? Bien vu, que je dis. Mais qui vous dit que ça s'effondrera gentiment sans écraser trop de monde ? Et pourquoi attendre que tout le monde ait bien souffert avant de changer toute cette merde ?

Je propose de travailler moins (partager le travail) et de financer tout ça en payant moins (ou en taxant plus, ça revient au même) ceux qui sont trop payés (ça va de soi).

En plus d'éviter ce qui nous arrive, on aura du temps pour cultiver notre jardin (! attention ! : ! métaphore !) ce qui compensera largement d'éventuelles baisses du revenu. Pas de quoi t'acheter un tableau de maître ? T'as le temps pour te le fabriquer maintenant.

Comment y arriver ? C'est la question à laquelle j'essaie de répondre avec ce manuel. En particulier, lisez cet article et les liens qu'il contient.

NB. Le plein emploi à 35h avec la productivité actuelle est un problème pour la planète : ça en consomme les ressources bien trop vite. D'où la nécessité de baisser le temps de travail ou la productivité (produire moins et de meilleure qualité avec plus de travail humain et moins de pétrole).