Un article de Slate.fr et ma réponse.
D'abord, l'ARTICLE :
La seule chose vraiment certaine en ce qui concerne la prochaine élection présidentielle, c'est qu'elle sera sacrément rock'n'roll. Entre les primaires socialistes, dont on pressent qu'elles ne freineront guère les ardeurs d'éventuels recalés, et la compète proprement-dite, à laquelle une bonne vingtaine de «wannabes» prévoit déjà de participer, les choses n'ont jamais été aussi ouvertes…
Moins certaine que le bordel sus-évoqué, mais assez probable toutefois, la présence de Marine Le Pen au second tour doit donc être envisagée.
Bien entendu, opposée à n'importe quel membre du PS, à Sarkozy, à Bayrou, voire à Villepin ou à Borloo (nous somme dans la pure spéculation, souvenez-vous) en deuxième mi-temps, la parachutée d'Hénin-Beaumont serait logiquement écrabouillée par la foule des démocrates de ce pays. Mais, si tout est si ouvert et qu'un médiocre 12/15% suffit à vous placer en orbite, que se passerait-il en cas de finale Le Pen-Mélenchon ?
Bon, à priori, et puisque Mélenchon est un homme d'extrême gauche et que l'extrême gauche est ontologiquement plus gentille que l'extrême droite (les crimes du communisme ne sont que des erreurs quand les crimes du fascisme en sont le but, n'est-ce pas?), les démocrates sincères devraient, même en faisant la grimace, se reporter sur l'ex-sénateur socialiste.
Hey, nous étions bien allés voter pour Chirac en 2002… Si c'est pour faire la fine bouche avec Méluche en 2012, c'était bien la peine…
Sauf que, sauf que… glisser un bulletin Chirac dans l'urne alors qu'on avait voté Jospin avec enthousiasme au premier tour, c'était rester en terrain connu. Chirac, on ne l'aimait pas, certes, mais il ne proposait pas de transformer la France en Cuba septentrional. Il ne se félicitait pas non plus de ce que les Chinois soient capables de remettre les Tibétains sur le droit chemin et ne passait pas son temps à recenser les têtes à faire tomber!
Non, on ne l'aimait pas mais c'était le «devil you know» (le diable que l'on connait), comme on dit chez nous les Gallo-américains ― qui sont aux Gallo-romains ce que le World Wide Web est aux Voies romaines.
Le Parti de gauche de Mélenchon ― ou le Front de gauche si l'énergique tribun réussit son OPA hostile sur le Parti communiste ―, c'est tout de même une autre paire de manches. Et à l'exception d'une valeur cardinale (l'antiracisme), j'ai personnellement du mal à saisir si j'ai davantage en commun avec cet OPNI au populisme assumé qu'avec le ramassis hétéroclite d'extrémistes de droite authentiques et de prolos déboussolés qu'est le FN.
Tiens, prenons l'Europe par exemple, dont je suis un chaud partisan ― totalement et irrévocablement dévoué à la cause du fédéralisme. Eh bien si Marine Le Pen propose de sortir de l'Union, de rétablir le franc et de mettre en place des barrières physiques aux frontières françaises pour empêcher les seaux en plastiques chinois et les basanés africains de nous envahir, en quoi Jean-Luc Mélenchon s'en distingue-t-il?
D'accord, il ne veut pas exactement abandonner l'euro: il se contenterait juste de dévaluer cette monnaie de «banquiers et d'usuriers», ce qui reviendrait à peu près au même puisqu'il faudrait faire ça sans les Allemands. Remarquez, la bataille de chiffonniers avec les Italiens et les Espagnols qui s'ensuivrait («Achetez mes trucs en francs, ils sont moins chers que leurs bidules en pesetas ou en lires!») animerait pas mal le débat...
Il ne veut pas non plus quitter l'Union, juste «sortir du Traité de Lisbonne», ce qu'il faudrait faire sans les copains et poserait également de sacrés problèmes d'organisation. Enfin, s'il ne dit rien des basanés aux frontières, il n'a aucun doute sur leur seaux en plastiques: le protectionnisme, c'est définitivement le «isme» qui monte chez les ex-internationalistes.
Sur un autre front, si j'ose dire, le FN est pour une retraite à 40 annuités sans âge de départ spécifique, quand Mélenchon est plutôt pour le retour aux soixante ans sans nombre d'annuités spécifique. Est-ce si différent? Pas vraiment. Du moins du point de vue d'un Sarkozy ou d'un DSK, qui pensent qu'il faut cotiser plus longtemps puisque l'on vit plus longtemps.
Mais si j’ai cherché à comparer, point par point, le reste des programmes socio-économiques des uns et des autres, avouons qu'il est plus facile de se rencarder chez les lepénistes que chez les mélenchonnistes. A main droite, on annonce la couleur, tout est décrit en détail et la France bleu-Marine ressemblerait effectivement à un mix d'étatisme, de corporatisme, de racisme, d'autoritarisme, de provincialisme intellectuel, d'archaïsme sociétal et économique, d'antilibéralisme, d'anti-américanisme, de bêtise crasse... A main gauche ― que le flou qui entoure la relation du boss avec le PC empêche d'aller au-delà des banalités génériques du progressisme orthodoxe ― on flaire peu ou prou la même chose, la xénophobie en moins, on l'a vu, mais le collectivisme en plus.
Un sondage express, absolument a-scientifique et représentatif de pas grand chose, m'enseigne pourtant qu'autour de moi, on irait malgré tout mettre un bulletin Mélenchon dans la boîte en cas de catastrophe. Ce qui est assez ironique puisque ce dernier s'abstiendrait lui-même de voter pour DSK, qui ne vaut pas mieux que l'UMP, laquelle est plus à droite que Marine Le Pen!
Pour moi, il s'agirait d'un fameux dilemme. Ne pas voter? Je n'ai jamais loupé le moindre scrutin et je me suis toujours moqué des abstentionnistes. Voter blanc? Je n'ai jamais compris ce qu'exprimait le fait de ne rien exprimer. Voter Le Pen? Tss, je ne réponds même pas à ce genre de provocations… Voter Mélenchon? Arghh… Non, vraiment, pas possible. Ou alors juste avant de m'expatrier, charge à ceux qui restent de se démerder avec la nouvelle donne et de nous faire passer des nouvelles du pays par pigeon voyageur si le Web français met la clé sous la porte Cuban style…
Oui, vraiment, elle risque d'être sacrément rock’n’roll, cette présidentielle 2012.
Hugues Serraf
ma REPONSE
Qu’un démocrate de droite comme l’auteur de ce texte hésite entre Mélenchon et Le Pen, je comprends.
Mais il y a quelques jugements assez idiots dans ce texte.
« Mélenchon homme d’extrême gauche »
Peu m’importent les étiquettes mais je voulais juste rappeler que le programme du front de gauche qui se dessine n’est pas tellement plus à gauche que celui avec lequel François Mitterrand s’est fait élire la première fois.
« L’extrême gauche ontologiquement plus gentille que l’extrême droite. » « Cuba septentrional »
La phrase sur l’ontologie ne me parait pas débile mais elle sous entend que l’extrême gauche actuelle (puisqu’il choisit de nommer ainsi le Front de Gauche) serait de la même veine que les partis uniques des pays communistes passés et présents. Ce qui est entièrement faux. Le FG espère prendre le pouvoir par les urnes et le rendre quand on perdra les élections. Pas de parti unique dans le programme. Si on veut comparer le FG à un épouvantail, on peut le comparer à Chavez pour le côté démocrate de gauche qui n’a pas peur de se mettre le monde à dos.
Sur l’Europe. La stratégie du FG, ce serait dans un premier temps de rétablir un rapport de force avec l’Europe libérale. Et après, on verra ce qui résultera du rapport de force. Sortir de l’Europe ou sortir de l’euro, ce n’est pas la question, la question c’est de faire en sorte que l’Europe cesse d’être un vecteur adémocratique de l’ultralibéralisme. C’est pourquoi, il faut revenir sur les traités qui interdisent des mesures de contrôle des mouvements de capitaux, le maintien de services publics hors d’atteinte du secteur privé etc. Le FG croit que la France a les moyens de peser sur ces décisions si la population française y est déterminée. La stratégie est donc de demander par référendum aux Français si par exemple ils sont pour un service public de l’énergie, et si oui, de faire jouer la clause de l’ « opt out » au niveau européen qui permet par exemple aux anglais de ne pas respecter les normes sociales sur le temps de travail en Europe (dans notre cas, ce serait pour permettre à la France d’avoir un secteur de l’énergie entièrement sous le contrôle de l’état). On peut penser que c’est une stratégie vouée à l’échec mais pour ma part, je pense qu’il faut tenter quelque chose plutôt que d’accepter l’idéologie de la concurrence libre et non faussée contenue dans le traité de Lisbonne. D’autre part, il ne faut pas sous estimer le poids économique et politique de la France qui peut peser d’une autre manière que ce qu’elle fait dans les négociations.
Sur le protectionnisme (l’histoire des « seaux en plastique »). Il y a une différence fondamentale entre celui prôné par le FN et celui prôné par le FG. L’un se ferait sur des critères purement nationaux, l’autre se ferait sur des normes sociales et environnementales. Est-ce mauvais pour les pays étrangers ? À mon avis, plutôt moins que de se lancer dans la concurrence avec eux en abaissant nos propres normes. Car dans ce dernier cas (à la différence du premier) il n’y a aucune incitation pour les entreprises en Chine, par exemple, à améliorer le sort de leurs ouvriers ou à faire attention à l’avenir de la planète (dans ce cas en tous cas, il n’y en a pas en plus du simple bon sens).
Sur les retraites. Le FG est pour une retraite à 60 avec 37,5 annuités de cotisation. Par contre, si on veut faire des amalgames bidon, on peut relever que les 40 ans et l’âge non spécifié, c’est le programme du PS. De plus, quand on lit le programme du FN, on y trouve des perles comme : « le développement de régimes de retraite complémentaire par capitalisation », « encouragement de la famille et de la natalité » (i.e. renvoyer les femmes à la cuisine).
Sur le flou du programme du FG et l’aspect similaire à celui du FN. Effectivement, il sera moins flou quand le PG, la GU et le PCF se seront mis d’accord. En attendant, on peut se rapporter au programme du PG : http://programme.lepartidegauche.fr/ qui est aussi détaillé que celui du FN. Et quand on compare les deux, on trouve de fortes différences sur la taxation (le FN baisse les impôts des riches en prétendant que ça va rapporter un max à la nation), sur les services publics (le FN n’arrête pas de vouloir diminuer le nombre de fonctionnaires et de vouloir les déposséder de leur « privilèges »), sur le contrôle des banques (le FN n’en parle pas mais on sent quand il clame qu’il est pour « libérer l’entreprise » que cela va être bon pour les multinationales et la finance), sur l’écologie, les transports (le FN est fan des bagnoles) et je n’ai pas encore tout lu.
« Mélenchon s’abstiendrait de voter DSK ». Ce n’est pas sûr. Ce qu’il dit pour l’instant c’est qu’il répondra à la question quand les socialistes auront dit s’ils voteraient pour lui. Et pourquoi refuse-t-il de répondre à ces questions ? Parce que c’est une façon de l’enfermer dans un rôle de second plan et de permettre à nouveau l’histoire du vote utile de pourrir la démocratie.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
lundi 20 décembre 2010
jeudi 28 octobre 2010
Différentes formes de mobilisation
Parait-il que l'opposition à la réforme des retraites proposée par le gouvernement est largement majoritaire dans le pays. D'autre part, la légitimité de la droite à faire passer sa loi est limitée (Cf. video sarko). Comment, ayant la légitimité et la majorité, les opposants aux saccage des retraites peuvent-ils parvenir à leurs fins (le retrait du projet de loi pour commencer) ? Il faut emprunter deux voies :
1- d'une part il faut sans cesse renouveler les manifestations du caractère majoritaire de l'opposition au projet de loi pour maintenir éclatante la légitimité de nos revendications.
=> MANIFESTEZ DES QUE VOUS LE POUVEZ (et ça commence samedi 6 novembre) !
2- d'autre part, pour faire plier le gouvernement, il faut que ça devienne un moindre mal pour lui de céder. C'est-à-dire que cela nécessite que le mouvement menace véritablement le grand patronat et les financiers qui sont ceux que le gouvernement sert effectivement (article diplo). Ça passe par le boycott, la grève et la mobilisation politique.
Boycottez au maximum tout ce qui nourrit avant tout les grandes multinationales (par exemple : privilégiez le marché et le petit commerce face aux supermarchés, privilégiez les légumes de saison produits localement, le bio pour casser les grands groupes de l'agroalimentaire et du commerce international de produits de l'agriculture, limitez vos déplacements et cessez les voyages en avion, dans la culture, boycottez les majors, pour les vêtements, l'électronique, la cosmétique et l'électroménager aussi, il y a du boulot etc. et si cela vous amène à économiser beaucoup d'argent, ne le placez pas dans n'importe quelle banque, mettez le à la NEF ou au crédit coopératif (changer de banque) et tant qu'on parle d'argent, si vous avez des sicav ou des assurances vie, vendez, changez, remplissez d'abord vos livrets A, développement durable, voire PEL) !
Pour la grève, il faut que ce soit efficace : pour ça, il faut soit une grève générale massive, soit que les secteurs stratégiques soient mobilisés et que le reste les soutienne financièrement (une journée de grève, ça coûte environ 60 euros, les centrales syndicales, quand tout va bien les indemnisent à hauteur de environ 20 euro par jour). Syndiquez vous donc et donnez (ici http://www.solidaires.org/article33397.html ou là http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/3165-solidarite-avec-les-grevistes ou ailleurs) !
La mobilisation politique ici consiste à faire craindre au patronat que le pouvoir pourrait tomber en des mains qui ne lui seront pas subordonnées. Votez pour et adhérez à des mouvements à la gauche du PS (signez cette pétition : pétition) ! Diffusez la propagande qui dénonce l'impasse dans laquelle nous met l'idéologie néolibérale (par exemple, cette vidéo : l'enjeu des retraites) !
1- d'une part il faut sans cesse renouveler les manifestations du caractère majoritaire de l'opposition au projet de loi pour maintenir éclatante la légitimité de nos revendications.
=> MANIFESTEZ DES QUE VOUS LE POUVEZ (et ça commence samedi 6 novembre) !
2- d'autre part, pour faire plier le gouvernement, il faut que ça devienne un moindre mal pour lui de céder. C'est-à-dire que cela nécessite que le mouvement menace véritablement le grand patronat et les financiers qui sont ceux que le gouvernement sert effectivement (article diplo). Ça passe par le boycott, la grève et la mobilisation politique.
Boycottez au maximum tout ce qui nourrit avant tout les grandes multinationales (par exemple : privilégiez le marché et le petit commerce face aux supermarchés, privilégiez les légumes de saison produits localement, le bio pour casser les grands groupes de l'agroalimentaire et du commerce international de produits de l'agriculture, limitez vos déplacements et cessez les voyages en avion, dans la culture, boycottez les majors, pour les vêtements, l'électronique, la cosmétique et l'électroménager aussi, il y a du boulot etc. et si cela vous amène à économiser beaucoup d'argent, ne le placez pas dans n'importe quelle banque, mettez le à la NEF ou au crédit coopératif (changer de banque) et tant qu'on parle d'argent, si vous avez des sicav ou des assurances vie, vendez, changez, remplissez d'abord vos livrets A, développement durable, voire PEL) !
Pour la grève, il faut que ce soit efficace : pour ça, il faut soit une grève générale massive, soit que les secteurs stratégiques soient mobilisés et que le reste les soutienne financièrement (une journée de grève, ça coûte environ 60 euros, les centrales syndicales, quand tout va bien les indemnisent à hauteur de environ 20 euro par jour). Syndiquez vous donc et donnez (ici http://www.solidaires.org/article33397.html ou là http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites/3165-solidarite-avec-les-grevistes ou ailleurs) !
La mobilisation politique ici consiste à faire craindre au patronat que le pouvoir pourrait tomber en des mains qui ne lui seront pas subordonnées. Votez pour et adhérez à des mouvements à la gauche du PS (signez cette pétition : pétition) ! Diffusez la propagande qui dénonce l'impasse dans laquelle nous met l'idéologie néolibérale (par exemple, cette vidéo : l'enjeu des retraites) !
samedi 9 octobre 2010
Nan ! J’veux pas y aller !
Mardi 12 octobre et samedi 16 octobre il y aura des manif dans toute la France pour faire entendre son désaccord avec la réforme des retraites que le gouvernement veut faire passer. Allez-y ça me fera plaisir et ça ne vous coûtera pas grand-chose !
\begin{blabla}
Il y a de très bons arguments pour rejeter cette réforme. Elle va faire baisser le montant des retraites, augmenter le chômage, priver bien des gens du petit bonheur qu’ils attendent depuis des dizaines d’années. %(Leur travail n’a rien de plaisant et ils ont l’impression d’y avoir déjà suffisamment gâché de leurs belles années. Ils ont accumulés des envies et des projets pour leur retraite mais sentent qu’il ne leur restera pas trop de temps pour les réaliser avant que les maladies, la vieillesse ne les interrompent. Enlevez-y deux années, à ce temps qu’ils escomptaient, et ils n’arriveront à la retraite que pour attendre en mauvaise santé l’heure de leur trépas.)% Elle est inefficace (la réforme) pour ce qui est de faire baisser les déficits publics. Tout ça, alors même que la France est riche comme jamais et qu’il suffirait de taxer ceux qui peuvent l’être sans souffrir, pour régler le problème des déficits, tout en permettant à tous de se réserver un moment libéré de leur travail pour contribuer, selon leur fantaisie, au bonheur commun.
Enfin, tout ça est très bien expliqué dans de multiples liens que j’ai déjà mis sur ma page et dans bien d’autres que d’autres ont mis sur la leur et dans bien d’autres encore.
\end{blabla}
Revenons-en aux manifs. Ça ne coûte pas grand-chose, ça peut rapporter gros et si on s’abstient, ça peut coûter cher. Le mieux pour tous serait que la mobilisation soit très forte et maintienne son intensité. De cette manière, les éventuelles grèves reconductibles ne dureraient pas trop longtemps. On aurait un gouvernement affaibli qui hésiterait à continuer son œuvre de cassage des services publics d’ici à la fin de la législature, à la même cadence.
Le réservoir de gens opposés à la réforme nécessaire pour une telle mobilisation existe. Il suffit qu’au lieu de manifester une fois sur deux, on y aille à chaque coup. Il suffit quand on n’a pas encore pu y aller de se donner la manif comme une priorité et de prévoir son coup un peu à l’avance. Il suffit d’être tenace, un peu sérieux, de ne pas céder au défaitisme ambiant. Ce défaitisme, que les fanfaronnades du gouvernement essaient de provoquer, ce serait bien con d’y céder alors que c’est si simple de se réserver un après midi par semaine pour faire craquer la majorité. Elle peine à cacher ses divisions, le gouvernement est usé (par de multiples affaires et par bientôt dix ans d’exercice du pouvoir etc.) Ne lâchons pas le bon bout (ou attrapons le enfin), c’est si facile de les emmerder plus qu’ils nous emmerdent.
P.S. On peut aussi aller à la manif par curiosité, pour voir ce qui se passe quand on est vraiment nombreux à y aller (même si en fait la mobilisation actuelle et même si on prend les chiffres de la police, est déjà parmi les plus élevées depuis 30 ans).
\begin{blabla}
Il y a de très bons arguments pour rejeter cette réforme. Elle va faire baisser le montant des retraites, augmenter le chômage, priver bien des gens du petit bonheur qu’ils attendent depuis des dizaines d’années. %(Leur travail n’a rien de plaisant et ils ont l’impression d’y avoir déjà suffisamment gâché de leurs belles années. Ils ont accumulés des envies et des projets pour leur retraite mais sentent qu’il ne leur restera pas trop de temps pour les réaliser avant que les maladies, la vieillesse ne les interrompent. Enlevez-y deux années, à ce temps qu’ils escomptaient, et ils n’arriveront à la retraite que pour attendre en mauvaise santé l’heure de leur trépas.)% Elle est inefficace (la réforme) pour ce qui est de faire baisser les déficits publics. Tout ça, alors même que la France est riche comme jamais et qu’il suffirait de taxer ceux qui peuvent l’être sans souffrir, pour régler le problème des déficits, tout en permettant à tous de se réserver un moment libéré de leur travail pour contribuer, selon leur fantaisie, au bonheur commun.
Enfin, tout ça est très bien expliqué dans de multiples liens que j’ai déjà mis sur ma page et dans bien d’autres que d’autres ont mis sur la leur et dans bien d’autres encore.
\end{blabla}
Revenons-en aux manifs. Ça ne coûte pas grand-chose, ça peut rapporter gros et si on s’abstient, ça peut coûter cher. Le mieux pour tous serait que la mobilisation soit très forte et maintienne son intensité. De cette manière, les éventuelles grèves reconductibles ne dureraient pas trop longtemps. On aurait un gouvernement affaibli qui hésiterait à continuer son œuvre de cassage des services publics d’ici à la fin de la législature, à la même cadence.
Le réservoir de gens opposés à la réforme nécessaire pour une telle mobilisation existe. Il suffit qu’au lieu de manifester une fois sur deux, on y aille à chaque coup. Il suffit quand on n’a pas encore pu y aller de se donner la manif comme une priorité et de prévoir son coup un peu à l’avance. Il suffit d’être tenace, un peu sérieux, de ne pas céder au défaitisme ambiant. Ce défaitisme, que les fanfaronnades du gouvernement essaient de provoquer, ce serait bien con d’y céder alors que c’est si simple de se réserver un après midi par semaine pour faire craquer la majorité. Elle peine à cacher ses divisions, le gouvernement est usé (par de multiples affaires et par bientôt dix ans d’exercice du pouvoir etc.) Ne lâchons pas le bon bout (ou attrapons le enfin), c’est si facile de les emmerder plus qu’ils nous emmerdent.
P.S. On peut aussi aller à la manif par curiosité, pour voir ce qui se passe quand on est vraiment nombreux à y aller (même si en fait la mobilisation actuelle et même si on prend les chiffres de la police, est déjà parmi les plus élevées depuis 30 ans).
lundi 27 septembre 2010
égoïsme, égoïsme bien compris, cohérence
On a l’impression que l’altruisme n’a pas de fin et que, puisqu’on ne va pas se dépouiller pour le mendiant au coin de la rue, autant ne pas y penser.
Parfois aussi, quelque chose de mystérieux, diffusant à travers la société, fait qu’il devient de bon ton (pour faire cool, je devrais dire que ça devient « cool ») de prétendre ne penser qu’à soi et à son bon plaisir. Exemples : mépriser la souffrance autour de soi c’est une manière de poser en surhomme ; celui qui plombe l’ambiance avec un sujet sérieux et triste est rejeté, donc, il faut garantir qu’on n’est pas de ceux-là etc.
Admettons alors que ça soit pas cool, l’altruisme (provisoirement, parce que j’ai bien envie de proposer une petite démonstration du contraire mais je la garde pour la fin). Je prétends du moins que c’est de notre intérêt. Que l’égoïsme (oh paradoxe !) mène à l’altruisme (comme dans les utopies libérales).
Exemple 1 : c’est pas drôle d’être riche au milieu de miséreux ; on se sent pas bien ; on a un peu peur que tous ces gens un peu trop désocialisés pètent un câble un jour, parce qu’on voit bien que la police ça ne va pas leur faire peur, à eux qui n’ont rien à perdre et qui sont plein d’alcool.
Exemple 2 : untel ne gagne pas trop de blé et veut s’acheter une maison. C’est un projet à assez long terme pour lui. Il décide d’économiser et d’acheter systématiquement le moins cher. Ce faisant, il achète de la bouffe industrielle qui pollue et exploite des esclaves, il achète du textile chinois fait par des esclaves etc. le tout dans un supermarché qui nique le tissu urbain et qui emploie des esclaves etc. etc. Tout ça, favorise une économie dans laquelle les inégalités sont fortes avec des riches qui spéculent sur l’immobilier ce qui fait monter le prix de la maison qu’untel veut s’acheter. Ça favorise une économie délocalisée qui empêchera la hausse du salaire d’untel ou la baisse du chômage dans son pays. Ainsi, il n’est pas bien sûr que ses économies de bouts de chandelles le rapprochent de son but ou, du moins, qu’elle le rapprochent aussi bien de son but que si il avait eu un comportement de consommateur responsable et si il avait financé un média de gauche et un parti de gauche qui auraient lutté contre les délocalisations, contre la hausse des loyers etc. (D’ailleurs, avec des loyers modérés, plus besoin de devenir proprio.) On peut se demander aussi si ce qu’il aurait dépensé par un comportement responsable aurait été forcément tellement plus élevé que ce qu’il a dépensé pour sa bouffe industrielle (ex : il se peut qu’il ait acheté pour plus cher de viande de merde que ce qu’il aurait payé pour des lentilles bio locales, à quantité de protéines équivalente ; que dans le cas de la bouffe de qualité, il aurait moins mangé etc.) Conclusion, c’est bien difficile de savoir si en agissant comme il l’a fait, il s’est plus rapproché de son but que dans le cas où il n’aurait pas autant mis en veilleuse sa recherche du bien de la société. Bien difficile de savoir si la jouissance dont il s’est privé pendant sa période économe ne compense pas celle qui résulte du fait d’arriver un peu plus tôt à l’état de propriétaire. Et s’il finit par acheter au haut de la bulle immobilière et qu’elle explose juste après, c’est encore plus triste. Alors qu’en pariant à l’inverse de untel, on a une chance de faire d’une pierre deux coup : on garde une chance raisonnable d’arriver un jour à avoir sa maison et on augmente les chances d’améliorer la société. Conclusion (bis) : soyez altruistes !
Exercice : faites une analyse comparable sur les gens qui refusent de s’inscrire à un parti par peur d’être fiché ou à un syndicat parce qu’il ne veut pas que son patron le vire ou le gars qui met ses opinions en veilleuse en attendant de décrocher un poste fixe etc.
Bon, encore une page sur la cohérence, la démonstration que je vous avais promise au début et j’arrête.
Je reviens à mon incipit. On abandonne parfois toute ses velléités de travailler au bien commun, sous prétexte qu’on n’en aura jamais fini. Une autre façon de poser le problème, c’est de dire que faute de pouvoir être absolument cohérent avec ses opinions (et il y aurait à redire sur ce qu’est l’absolue cohérence…), on abandonne ses opinions. C’est un fait d’ailleurs qu’on entend souvent des gens critiquer untel parce qu’il vote communiste et qu’il roule en BMW ou pour tout autre genre de raisons liée à la cohérence entre sa vie et ses engagements. Bref, pour tous ceux qui n’osent pas voter à gauche parce qu’ils gagnent beaucoup d’argent dans la banque, ou qui n’osent pas voter vert parce qu’ils ont un 4x4, sachez que je vous absous ! Il vaut mieux, dans mon opinion, être incohérent et un peu altruiste que de ne pas chercher à voir plus loin que le bout de son nez par peur du reproche d’incohérence qu’on pourrait nous faire.
Finalement c’était un paragraphe. Et finalement, j’abandonne ma démo. Juste le temps de vous dire que c’est la mauvaise conscience de l’interlocuteur face à ce qu’il se passe de triste et d’horrible dans le monde qui plombe l’ambiance, pas le fait d’amener le sujet sur la table.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
Parfois aussi, quelque chose de mystérieux, diffusant à travers la société, fait qu’il devient de bon ton (pour faire cool, je devrais dire que ça devient « cool ») de prétendre ne penser qu’à soi et à son bon plaisir. Exemples : mépriser la souffrance autour de soi c’est une manière de poser en surhomme ; celui qui plombe l’ambiance avec un sujet sérieux et triste est rejeté, donc, il faut garantir qu’on n’est pas de ceux-là etc.
Admettons alors que ça soit pas cool, l’altruisme (provisoirement, parce que j’ai bien envie de proposer une petite démonstration du contraire mais je la garde pour la fin). Je prétends du moins que c’est de notre intérêt. Que l’égoïsme (oh paradoxe !) mène à l’altruisme (comme dans les utopies libérales).
Exemple 1 : c’est pas drôle d’être riche au milieu de miséreux ; on se sent pas bien ; on a un peu peur que tous ces gens un peu trop désocialisés pètent un câble un jour, parce qu’on voit bien que la police ça ne va pas leur faire peur, à eux qui n’ont rien à perdre et qui sont plein d’alcool.
Exemple 2 : untel ne gagne pas trop de blé et veut s’acheter une maison. C’est un projet à assez long terme pour lui. Il décide d’économiser et d’acheter systématiquement le moins cher. Ce faisant, il achète de la bouffe industrielle qui pollue et exploite des esclaves, il achète du textile chinois fait par des esclaves etc. le tout dans un supermarché qui nique le tissu urbain et qui emploie des esclaves etc. etc. Tout ça, favorise une économie dans laquelle les inégalités sont fortes avec des riches qui spéculent sur l’immobilier ce qui fait monter le prix de la maison qu’untel veut s’acheter. Ça favorise une économie délocalisée qui empêchera la hausse du salaire d’untel ou la baisse du chômage dans son pays. Ainsi, il n’est pas bien sûr que ses économies de bouts de chandelles le rapprochent de son but ou, du moins, qu’elle le rapprochent aussi bien de son but que si il avait eu un comportement de consommateur responsable et si il avait financé un média de gauche et un parti de gauche qui auraient lutté contre les délocalisations, contre la hausse des loyers etc. (D’ailleurs, avec des loyers modérés, plus besoin de devenir proprio.) On peut se demander aussi si ce qu’il aurait dépensé par un comportement responsable aurait été forcément tellement plus élevé que ce qu’il a dépensé pour sa bouffe industrielle (ex : il se peut qu’il ait acheté pour plus cher de viande de merde que ce qu’il aurait payé pour des lentilles bio locales, à quantité de protéines équivalente ; que dans le cas de la bouffe de qualité, il aurait moins mangé etc.) Conclusion, c’est bien difficile de savoir si en agissant comme il l’a fait, il s’est plus rapproché de son but que dans le cas où il n’aurait pas autant mis en veilleuse sa recherche du bien de la société. Bien difficile de savoir si la jouissance dont il s’est privé pendant sa période économe ne compense pas celle qui résulte du fait d’arriver un peu plus tôt à l’état de propriétaire. Et s’il finit par acheter au haut de la bulle immobilière et qu’elle explose juste après, c’est encore plus triste. Alors qu’en pariant à l’inverse de untel, on a une chance de faire d’une pierre deux coup : on garde une chance raisonnable d’arriver un jour à avoir sa maison et on augmente les chances d’améliorer la société. Conclusion (bis) : soyez altruistes !
Exercice : faites une analyse comparable sur les gens qui refusent de s’inscrire à un parti par peur d’être fiché ou à un syndicat parce qu’il ne veut pas que son patron le vire ou le gars qui met ses opinions en veilleuse en attendant de décrocher un poste fixe etc.
Bon, encore une page sur la cohérence, la démonstration que je vous avais promise au début et j’arrête.
Je reviens à mon incipit. On abandonne parfois toute ses velléités de travailler au bien commun, sous prétexte qu’on n’en aura jamais fini. Une autre façon de poser le problème, c’est de dire que faute de pouvoir être absolument cohérent avec ses opinions (et il y aurait à redire sur ce qu’est l’absolue cohérence…), on abandonne ses opinions. C’est un fait d’ailleurs qu’on entend souvent des gens critiquer untel parce qu’il vote communiste et qu’il roule en BMW ou pour tout autre genre de raisons liée à la cohérence entre sa vie et ses engagements. Bref, pour tous ceux qui n’osent pas voter à gauche parce qu’ils gagnent beaucoup d’argent dans la banque, ou qui n’osent pas voter vert parce qu’ils ont un 4x4, sachez que je vous absous ! Il vaut mieux, dans mon opinion, être incohérent et un peu altruiste que de ne pas chercher à voir plus loin que le bout de son nez par peur du reproche d’incohérence qu’on pourrait nous faire.
Finalement c’était un paragraphe. Et finalement, j’abandonne ma démo. Juste le temps de vous dire que c’est la mauvaise conscience de l’interlocuteur face à ce qu’il se passe de triste et d’horrible dans le monde qui plombe l’ambiance, pas le fait d’amener le sujet sur la table.
Si ça vous plaît pas, qu'on comprend rien, que c'est qu'un ramassis de banalités, dites le ! Commentez ! J'adore le débat qui fait progresser les idées.
L'évolution du PS
@ tous ceux qui espèrent en Filoche et en l'aile gauche du PS.
Le PS est condamné à se droitiser.
Étant donné l'image que les médias renvoient de lui (à tort ou à raison), les gens qui veulent faire de la politique à gauche en ce moment ne peuvent pas être enthousiasmés par le PS et adhéreront plutôt à un autre parti (PG, NPA voire EE ou PCF).
Les nouveaux adhérents potentiels du PS sont les gens enthousiasmés par le social libéralisme à la DSK, Zapatero ou Papandréou, ou encore à la Schröder (on nous raconte tellement sur tous les tons que l'Allemagne c'est le paradis). Le rapport de force interne (le rapport de force entre l'aile droite et l'aile gauche, si vous voulez) au PS va donc évoluer favorablement à son aile droite (qui gagnera plus d'adhérents que l'autre).
On aurait pu espérer que la crise interromprait la montée des tendances droitières dans les partis sociaux démocrates mais ça n'a pas été le cas. Je ne vois pas quel genre d'événement extérieur pourrait faire ce qu'un événement de l'ampleur de la crise actuelle n'a pas pu faire. Peut-être un miracle à la primaire pourrait enclencher une dynamique à gauche si un candidat de l'aile gauche était choisi. Ce serait possible en théorie, puisque les non-adhérents pourront y voter et donc le résultat ne reflétera pas forcément le rapport de force interne du PS. Mais encore faudrait-il qu'un candidat de la gauche du PS s'y présente or tout indique que ce ne sera pas le cas.
Le PS est condamné à se droitiser.
Étant donné l'image que les médias renvoient de lui (à tort ou à raison), les gens qui veulent faire de la politique à gauche en ce moment ne peuvent pas être enthousiasmés par le PS et adhéreront plutôt à un autre parti (PG, NPA voire EE ou PCF).
Les nouveaux adhérents potentiels du PS sont les gens enthousiasmés par le social libéralisme à la DSK, Zapatero ou Papandréou, ou encore à la Schröder (on nous raconte tellement sur tous les tons que l'Allemagne c'est le paradis). Le rapport de force interne (le rapport de force entre l'aile droite et l'aile gauche, si vous voulez) au PS va donc évoluer favorablement à son aile droite (qui gagnera plus d'adhérents que l'autre).
On aurait pu espérer que la crise interromprait la montée des tendances droitières dans les partis sociaux démocrates mais ça n'a pas été le cas. Je ne vois pas quel genre d'événement extérieur pourrait faire ce qu'un événement de l'ampleur de la crise actuelle n'a pas pu faire. Peut-être un miracle à la primaire pourrait enclencher une dynamique à gauche si un candidat de l'aile gauche était choisi. Ce serait possible en théorie, puisque les non-adhérents pourront y voter et donc le résultat ne reflétera pas forcément le rapport de force interne du PS. Mais encore faudrait-il qu'un candidat de la gauche du PS s'y présente or tout indique que ce ne sera pas le cas.
Ce qu'est un parti
Il ne faut pas penser que c’est une bande d’adorateurs d’un dogme qui se présenterait sous la forme d’une série de réponses univoques sur chaque question de société.
C’est en fait une sorte de forum où des gens (certes, avec des principes en commun) se retrouvent pour faire progresser leur propre réflexion puis faire progresser au sein de la société, l’opinion ainsi produite.
Un exemple hypothétique : on peut avoir comme principe commun de penser que l’état doit réorganiser le partage des richesses de manière plus égalitaire qu’actuellement, et notamment en instaurant un revenu maximum (principe commun) mais la façon exacte de prendre en compte les différents revenus, la façon ensuite de fixer le degré d’inégalité de revenu acceptable, tout ça doit être discuté.
De même, l’ordre de priorité des mesures à prendre, le rythme auquel les mesures doivent être prises, les concessions que l’on peut faire dans le cadres d’alliances électorales ou les concessions que l’on peut faire dans un contexte local particulier etc.
Si bien que l’essentiel des assemblées générales et des discussions de cercle dans un parti (du moins, dans mon parti) est consacré au débat entre membres avec pour objectif principal de s’instruire mutuellement.
Ensuite, évidemment, en vue d’avoir un programme, on doit arriver à ce qu’une opinion claire soit émise. Mais si cette opinion est un peu dogmatique quand on la lit sur un programme électoral, il faut garder en vue que la véritable opinion du parti, c’est tout autre chose que ce dogme. Ce qu’on lit sur les tracts et sur les affiches, ce qu’on entend dire par un membre qu’on croise dans la rue ou qu’on voit à la télé, c’est un instantané d’une réalité mouvante qui est ce qu’on pourrait appeler la véritable opinion du parti. Cette véritable opinion, c’est tout autre chose qu’une chose sacrée à laquelle chacun dans le parti adhère aveuglément. C’est la résultante de la rencontre d’opinions parfois divergentes et rarement définitives et qui vont, je l’espère, toujours en se perfectionnant de manière à répondre le mieux possible aux enjeux de société.
C’est en fait une sorte de forum où des gens (certes, avec des principes en commun) se retrouvent pour faire progresser leur propre réflexion puis faire progresser au sein de la société, l’opinion ainsi produite.
Un exemple hypothétique : on peut avoir comme principe commun de penser que l’état doit réorganiser le partage des richesses de manière plus égalitaire qu’actuellement, et notamment en instaurant un revenu maximum (principe commun) mais la façon exacte de prendre en compte les différents revenus, la façon ensuite de fixer le degré d’inégalité de revenu acceptable, tout ça doit être discuté.
De même, l’ordre de priorité des mesures à prendre, le rythme auquel les mesures doivent être prises, les concessions que l’on peut faire dans le cadres d’alliances électorales ou les concessions que l’on peut faire dans un contexte local particulier etc.
Si bien que l’essentiel des assemblées générales et des discussions de cercle dans un parti (du moins, dans mon parti) est consacré au débat entre membres avec pour objectif principal de s’instruire mutuellement.
Ensuite, évidemment, en vue d’avoir un programme, on doit arriver à ce qu’une opinion claire soit émise. Mais si cette opinion est un peu dogmatique quand on la lit sur un programme électoral, il faut garder en vue que la véritable opinion du parti, c’est tout autre chose que ce dogme. Ce qu’on lit sur les tracts et sur les affiches, ce qu’on entend dire par un membre qu’on croise dans la rue ou qu’on voit à la télé, c’est un instantané d’une réalité mouvante qui est ce qu’on pourrait appeler la véritable opinion du parti. Cette véritable opinion, c’est tout autre chose qu’une chose sacrée à laquelle chacun dans le parti adhère aveuglément. C’est la résultante de la rencontre d’opinions parfois divergentes et rarement définitives et qui vont, je l’espère, toujours en se perfectionnant de manière à répondre le mieux possible aux enjeux de société.
retraite résumé
hypothèse : Il faut manifester le xx/xx/xxxx (remplacer par la date de votre choix (contrepet))
démonstration :
(i) [plus de vieux => on peut pas payer] = [moins d'agriculteurs => on peut plus manger] = [gros mensonge qui néglige l'évolution de la productivité]
%PRÉMISSE DU GOUVERNEMENT FAUSSE%
(ii) augmentation de la durée de cotisation + chômage de masse = baisse des retraites + trou dans les caisses de l'assurance chômage
%REFORME DU GOUVERNEMENT INEFFICACE ET CRUELLE%
(iii) [disparition du chômage (hypothétique) + temps de travail accru + productivité accrue = catastrophe écologique] => diminuons le temps de travail (=> avoir le temps de devenir moins con et de profiter de la vie)(= bonus)
%NÉCESSAIRE ET AGRÉABLE D'AGIR EN SENS CONTRAIRE%
(iv) diminution du temps de travail facile à financer (par exemple : il suffit de revenir au niveau de taxation du temps de Jospin = période de situation économique florissante où la France se développait plus vite que ses voisins)
%AUTRE REFORME POSSIBLE (ET NÉCESSAIRE, Cf (iii))%
(v) "il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui gagnent"
%LAPALISSADE%
CQFD
démonstration :
(i) [plus de vieux => on peut pas payer] = [moins d'agriculteurs => on peut plus manger] = [gros mensonge qui néglige l'évolution de la productivité]
%PRÉMISSE DU GOUVERNEMENT FAUSSE%
(ii) augmentation de la durée de cotisation + chômage de masse = baisse des retraites + trou dans les caisses de l'assurance chômage
%REFORME DU GOUVERNEMENT INEFFICACE ET CRUELLE%
(iii) [disparition du chômage (hypothétique) + temps de travail accru + productivité accrue = catastrophe écologique] => diminuons le temps de travail (=> avoir le temps de devenir moins con et de profiter de la vie)(= bonus)
%NÉCESSAIRE ET AGRÉABLE D'AGIR EN SENS CONTRAIRE%
(iv) diminution du temps de travail facile à financer (par exemple : il suffit de revenir au niveau de taxation du temps de Jospin = période de situation économique florissante où la France se développait plus vite que ses voisins)
%AUTRE REFORME POSSIBLE (ET NÉCESSAIRE, Cf (iii))%
(v) "il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui gagnent"
%LAPALISSADE%
CQFD
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