lundi 27 septembre 2010

Ce qu'est un parti

Il ne faut pas penser que c’est une bande d’adorateurs d’un dogme qui se présenterait sous la forme d’une série de réponses univoques sur chaque question de société.

C’est en fait une sorte de forum où des gens (certes, avec des principes en commun) se retrouvent pour faire progresser leur propre réflexion puis faire progresser au sein de la société, l’opinion ainsi produite.

Un exemple hypothétique : on peut avoir comme principe commun de penser que l’état doit réorganiser le partage des richesses de manière plus égalitaire qu’actuellement, et notamment en instaurant un revenu maximum (principe commun) mais la façon exacte de prendre en compte les différents revenus, la façon ensuite de fixer le degré d’inégalité de revenu acceptable, tout ça doit être discuté.

De même, l’ordre de priorité des mesures à prendre, le rythme auquel les mesures doivent être prises, les concessions que l’on peut faire dans le cadres d’alliances électorales ou les concessions que l’on peut faire dans un contexte local particulier etc.

Si bien que l’essentiel des assemblées générales et des discussions de cercle dans un parti (du moins, dans mon parti) est consacré au débat entre membres avec pour objectif principal de s’instruire mutuellement.



Ensuite, évidemment, en vue d’avoir un programme, on doit arriver à ce qu’une opinion claire soit émise. Mais si cette opinion est un peu dogmatique quand on la lit sur un programme électoral, il faut garder en vue que la véritable opinion du parti, c’est tout autre chose que ce dogme. Ce qu’on lit sur les tracts et sur les affiches, ce qu’on entend dire par un membre qu’on croise dans la rue ou qu’on voit à la télé, c’est un instantané d’une réalité mouvante qui est ce qu’on pourrait appeler la véritable opinion du parti. Cette véritable opinion, c’est tout autre chose qu’une chose sacrée à laquelle chacun dans le parti adhère aveuglément. C’est la résultante de la rencontre d’opinions parfois divergentes et rarement définitives et qui vont, je l’espère, toujours en se perfectionnant de manière à répondre le mieux possible aux enjeux de société.

retraite résumé

hypothèse : Il faut manifester le xx/xx/xxxx (remplacer par la date de votre choix (contrepet))

démonstration :



(i) [plus de vieux => on peut pas payer] = [moins d'agriculteurs => on peut plus manger] = [gros mensonge qui néglige l'évolution de la productivité]

%PRÉMISSE DU GOUVERNEMENT FAUSSE%



(ii) augmentation de la durée de cotisation + chômage de masse = baisse des retraites + trou dans les caisses de l'assurance chômage

%REFORME DU GOUVERNEMENT INEFFICACE ET CRUELLE%



(iii) [disparition du chômage (hypothétique) + temps de travail accru + productivité accrue = catastrophe écologique] => diminuons le temps de travail (=> avoir le temps de devenir moins con et de profiter de la vie)(= bonus)

%NÉCESSAIRE ET AGRÉABLE D'AGIR EN SENS CONTRAIRE%



(iv) diminution du temps de travail facile à financer (par exemple : il suffit de revenir au niveau de taxation du temps de Jospin = période de situation économique florissante où la France se développait plus vite que ses voisins)

%AUTRE REFORME POSSIBLE (ET NÉCESSAIRE, Cf (iii))%



(v) "il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui gagnent"

%LAPALISSADE%



CQFD



lundi 21 juin 2010

retraites

Désolé, c'est assez long. J'ai essayé de me limiter à des choses qu'on n'entend nulle part pour que vous ne perdiez pas votre temps à relire ce qui est déjà rabâché dans les médias. Bon, c'est vrai, à part le premier paragraphe mais c'est pour situer le contexte. Et le dernier.

Finalement, ils ne sont pas si méchants que ça, ces vilains politiciens. Ces vilains politiciens qui baissent les impôts des riches et des grandes entreprises, qui vendent les bijoux de famille (autoroutes, edf, gdf etc.) et qui dérégulent tout ce qu'ils peuvent en matière de droit du travail, de santé publique et de contrôle des capitaux et de la finance. Ces vilains politiciens qui, après avoir consciencieusement vidé les caisses de l'état par toutes les méthodes énumérées précédemment, nous disent qu'on n'a pas le choix et qu'on doit : accepter des bas salaires, accepter de travailler plus ET casser les services sociaux, sans quoi le FMI nous punira parce que les marchés ne nous prêteront plus d'argent (en fait l'effet sur l'endettement des mesures de casse sociale sera quasi nul voir néfaste mais c'est une autre histoire).

Ils ont accepté, dans leur immense bonté, de n'augmenter les divers âges de la retraite et les diverses durées de cotisation que de deux ans ! Ils ont accepté de taxer les riches et le capital ! Bon c'est vrai, à côté, ils baissent le salaire des fonctionnaires. On ne pouvait pas attendre moins de la part d'un gouvernement de droite !

Voilà le genre de réaction qu'ils visent avec cet avant-projet. Ils ont bien manoeuvré. Il est vrai qu'il est extrêmement difficile après la campagne médiatique qui a précédé de mobiliser contre ça. On a effrayé très fort tout le monde, on sort un demi plan, tout le monde est rassuré même si ça ne va toujours pas dans son intérêt. Et, cerise sur le gâteau, on annonce que les riches vont payer et on les fait payer par toute une série de mesures plus ou moins illisibles qui donnent une impression d'abondance quand en fait le détail des chiffres pourrait montrer tout autre chose.

Ce qu'il faut voir, c'est que ces 4 milliards d'e (somme qu'il est prévu que les riches paieront) se comparent, d'une part, aux 30 milliards de cadeaux accordés aux mêmes riches depuis 2002 et d'autre part, à ce qu'on exige du reste de la société en même temps (90 % des économies supplémentaires annoncées dans le plan sont faites sur le dos du citoyen lambda). En plus, il peut y avoir une part d'effet d'annonce là-dedans. Que restera-t-il en matière d'efforts vers moins d'injustice après les amendements votés au coeur de l'été par une majorité à la botte du médef ?
Il est donc clair que ce projet ne fera pas diminuer les inégalités, il les accroîtra. Après une décennie de cadeaux aux riches et d'étranglement des faibles, on ajoute un fardeau plus grand sur les épaules des pauvres que sur celles des riches. On peut donc être à la fois pour que les riches payent plus d'impôts et être contre ce projet.

side-note : augmenter la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu de 1%, ce n'est pas forcément une mesure égalitaire non plus car on sait que les inégalités les plus fortes se font parmi les 10% les plus riches. Ici, on les met tous à l'amende (symboliquement mais tout de même) de la même manière. Ce qui serait autrement mieux, ce serait d'ajouter des tranches d'imposition à l'impôt sur le revenu.

De même, le recul social apparaît limité par rapport à ce qu'on craignait et on se dit qu'on peut bien faire des sacrifices de temps en temps. La vérité, c'est que ce ne sont pas "des sacrifices de temps en temps" mais un recul quasiment continu depuis le début de l'ère néolibérale des acquis sociaux et un recul que rien ne justifie. Rien sauf la perspective pour les grandes multinationales et leurs actionnaires d'accroître leurs profits. On peut se dire qu'ils peuvent bien empocher ce qu'ils veulent et que nous on se contente de peu et qu'on n'en est pas moins heureux pour autant. Ce raisonnement est faux. D'abord il y a de nombreux signes que les gens sont effectivement affectés et que leur travail devient de moins en moins supportable. La multiplication des jobs de merde avec moyens insuffisants et obligation de recherche du profit maximum à tout instant conduit beaucoup à la dépression voire au suicide. La pauvreté augmente avec l'insécurité, son corollaire. Il faut voir aussi la dégradation des conditions du métier d'enseignant comme une conséquence de la dégradation du lien social qui suit la casse des services sociaux. De manière plus indirecte, on a d'autres effets sur la démocratie et sur l'environnement. Ces mesures de casse sociale accroissent les inégalités et accroissent le pouvoir de la finance et des grandes entreprises. Les inégalités empêchent d'engager une évolution vers une société moins gourmande en énergie parce que les pauvres voient (et à juste titre) comme une injustice les efforts qu'ils seront les seuls à devoir faire absolument (les riches pourront toujours payer pour éviter de les faire). Les inégalités permettent aux plus riches de mener un mode de vie très dispendieux en énergie qui fait saliver tout le monde et que tout le monde imite dans la mesure de ses moyens. L'effet sur la démocratie provient directement du conflit entre le pouvoir des grandes entreprises et de la finance et celui des états (conflit dont la clé réside souvent dans le contrôle des médias par une bande du Fouquet's ou par un magnat italien).

Ici, je voulais expliquer pourquoi augmenter la durée de cotisation (ou l'âge de départ, tout ça c'est équivalent à quelques détails près) est une méthode qui revient à diminuer le niveau des pensions (en gros parce que c'est impossible de cotiser assez pour avoir un taux plein, compte tenu du chômage) et qui augmentera le chômage (plus d'emplois occupés par des vieux qui sont fatigués de travailler et moins par des jeunes qui ne demandent que ça) mais je me dis que l'article est déjà assez long comme ça. À part ça, j'accepterais volontiers une augmentation de la durée de cotisation seulement si elle était accompagnée d'une forte diminution du temps de travail hebdomadaire ou d'années sabbatiques payées ou d'autres mesures du même style qui diminuent le temps passé au boulot et en laissent pour se consacrer à autre chose qu'à des tâches à but lucratif.

Un recul social faussement limité donc et ce d'autant plus qu'il ne résout pas le problème de déficit lié aux retraites (pas plus que la réforme Fillon en son temps, souvenez-vous...) Car s'il ne résout rien, cela signifie aussi que la droite se garde de quoi faire pour l'après 2012. Faire avaler une réforme insupportable par petits bouts, ça ne la rend pas meilleure.

Enfin, le problème des retraites mérite vraiment une mobilisation citoyenne. Ça parle du temps de travail. Ça parle de la répartition des sous entre capital et travail. On peut et on doit exiger plus sur ces sujets qui sont à la racine de la crise actuelle.

Démonstration :
La productivité a augmenté. On n'a pas diminué le temps de travail. D'où l'apparition du chômage de masse. Celui-ci permet de menacer les gens qui ont un emploi de les virer à la moindre de leurs revendications. Et donc de faire augmenter la part des profits qui vont au capital (i.e. aux actionnaires) puisque qu'on peut faire stagner les salaires et exiger toujours plus des salariés. D'où vient la demande alors ? De l'endettement privé qui, conjointement avec l'accumulation de pognon dans les mains de gens qui en ont tellement qu'ils ne savent plus qu'en faire, crée des bulles spéculatives, qui crèvent en causant les dommages que l'on sait.

jeudi 29 avril 2010

manif dont tout le monde se fout - recap

Je parle bien sûr de cette manif ci : http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/2580-appel-a-un-rassemblement-de-solidarite-avec-le-peuple-grec-victime-des-banques

Et je ne dis pas que c'était si important que ça d'y être. En tous cas, pour moi, c'est beaucoup moins important que de prendre la peine de s'informer sur ce qui se passe en lisant, par exemple, alternatives économiques ou le monde diplomatique. Beaucoup de langage codé dans cet article, n'hésitez pas à poser des questions ! Et bien sûr à critiquer ! (je rigole, je sais bien que c'est le comble du "pas cool" que de discuter politique sur internet (et ailleurs aussi d'ailleurs ; mais ailleurs, au moins, vos amis ne sont pas forcément au courant que vous vous êtes ridiculisés))

Alors j'y étais. On était environ 80. Il n'y a pas eu de vociférations de la foule mais des interventions de diverses personnalités (du PCF, de la FASE, du PCOF, des Alternatifs et du PG). Dans ce que j'ai entendu, pas de cassage de Papandréou. Les interventions étaient de niveau variable. Quelques médias étaient là, dont france cul qui à parlé du rassemblement dans son journal de 7h ce matin.

Encore quelques pensées sur cette affaire grecque.

Au bilan, les états riches d'Europe organisent eux même le dumping social en Europe en demandant que les conditions de travail en Grèce soient altérées. On insiste pour que les salaires des grecs soient baissés et après on aura un prétexte pour ne pas augmenter le SMIC ou pour déclarer irréaliste tout projet de redistribution moins inégalitaire des richesses. Finalement, tous les ultralibéraux n'attendent que ça : une bonne crise de la dette pour casser ce qui reste de services publics et que les intérêts privés puissent se partager les richesses qu'il reste à piller.

Sur la lutte idéologique. Il ne faut pas croire que tous les médias défendent les grecs contre les vilains allemands. Cette nuit à mes heures d'insomnie, j'ai zappé sur RMC et j'entendais des journalistes asséner comme des évidences que les allemands avaient beaucoup souffert, qu'aujourd'hui ils en tiraient les bénéfices et qu'on pouvait comprendre qu'ils ne veuillent pas payer pour la Grèce. On présente comme une vertu le dumping social et fiscal et la montée fulgurante de la pauvreté et des inégalités qui ont eu lieu dans ce pays sans dire que la réussite dans le commerce international de l'Allemagne (qui ne profite pas à la grande majorité du peuple allemand) a beaucoup bénéficié aussi des déficits qui se creusaient dans les autres pays d'Europe. En plus, comme le dit Christine Lagarde, l'Allemagne se fera du blé en prêtant à la Grèce, elle ne va rien perdre (ou alors le spin de Sarkozy sur les bénéfices faramineux qu'il a réalisé en renflouant le banques ne serait qu'un bobard ? non je me refuse à croire que notre président pourrait être malhonnête à ce point).

Autre fait amusant, c'est toute la série des gouvernements un peu de gauche en Europe qui sont attaqués par les spéculateurs : Hongrie (de l'époque), Grèce, Portugal et Espagne.
L'Espagne, dans la tourmente aujourd'hui, était pourtant un modèle de sérieux budgétaire puisqu'il y avait des budgets excédentaires dans ce pays avant la crise. Tout le blabla sur les comptes maquillés (par la droite comme par la gauche mais pas par le gouvernement actuel : on fait payer aux enfants les péchés des parents comme dans l'ancien régime) en Grèce n'était donc que du vent, un prétexte. C'est donc aussi une affaire de sales préjugés infondés des marchés sur le laxisme de la gauche, le manque de sérieux des gens du sud etc. Alors que les plus gros fabricants de déficits sont bien souvent de droite (Reagan, Bush, le précédent gouvernement grec, notre ami Sarkozy et ses prédécesseurs chiraquiens).

lundi 15 mars 2010

regional election - turn one - recap

Grosse crise économique, grosse crise écologique : les Français, peuple supérieur, ont trouvé la solution : l'abstention.

Ce qu'il y a d'écœurant là dedans, c'est que ça révèle notre désintérêt pour nos droits et nos libertés. Résultat d'un cocktail d'idiotie crasse et d'égoïsme très mal compris. Il faut dire que les médias ne nous ont pas aidé avec la façon dont ils ont rendu compte de la campagne. On ne parle d'un politicien qu'à partir du moment où il a quelque chose de scandaleux, de cette manière on sélectionne une classe politique riche en bouffons et en personnes viles. En plus, on s'obstine à essayer de nous faire croire qu'on n'a le choix qu'entre PS et UMP (avec un peu de vert cette fois-ci). Le reste des propositions a été quasi-totalement occulté ou traité avec le plus épais mépris. Imaginez un peu comment vous traiteriez des listes dont vous n'auriez entendu parler que par les affiches électorales et par la profession de foi reçue chez vous. Vous les traiteriez comme des rigolos (cf la liste émergence d'île de france) et même si vous pouvez trouver charmantes leurs propositions, vous ne pourrez pas imaginer d'aller voter pour ces charlots.

54 % d'abstention, c'est scandaleux mais quand ils votent ces abstentionnistes, qui au fond s'en foutent de la politique, on peut se demander si leur vote n'est pas aussi nuisible que leur abstention. Si, par exemple, leur je-m'en-foutisme ne les rend pas aussi plus susceptibles de voter en allant simplement à celui qui les manipule le mieux, sans trop se poser de questions et surtout sans essayer de faire intervenir la raison là-dedans. Une bonne part de ce petit monde a voté à la présidentielle mais étaient-ils plus vertueux à cette époque ? Si on vote juste pour suivre la mode ça ne me dérange pas qu'on reste à la maison à la place.

Fin de l'interlude fasciste.

Pour ma part, je l'ai déjà confessé, ça m'est déjà arrivé une fois de m'abstenir, c'était aux européennes de 2004. Et c'est bien parce que ça a toujours été très facile pour moi d'aller voter. En fait, une seule fois je me suis trouvé avoir besoin d'une procuration et cette fois-là comme une raclure de bidet, je me suis abstenu. I feel for you abstentionnistes just as I feel for my poor wretched soul ayant ce péché sur ma conscience moi aussi. Aujourd'hui, je vous propose une sélection de mantras pour vous aider à vous élever du stade d'abstentionniste vers un stade de conscience supérieur et pourquoi pas, peut-être, un jour, au nirvana.

Fee - C'est super important de voter et ce d'autant que, vu le niveau de l'abstention actuellement, votre vote n'a jamais eu autant de poids.

Fi - C'est super facile de faire une procuration : il suffit d'aller dans n'importe quel commissariat avec une pièce d'identité.

Foh - C'est super facile de s'inscrire sur les listes électorales de là où on habite. Il suffit d'aller à la mairie avec une photocopie de carte d'identité et un justificatif de domicile de moins de 3 mois.

Fum - Changez de priorités. Devenez prêt à tout pour accomplir votre devoir citoyen.

P. S. Dédicace à tous ceux qui ont voté Front de Gauche (FG) ou apparenté.

J'étais un peu déçu des résultats parce qu'il y a un paquet de régions où la liste soutenue par le Parti de Gauche (PG) ne dépasse pas les 5 % nécessaire pour participer aux fusions, parce que les alliances NPA-FG n'ont pas donné des scores mirobolant (moins de 5% en Pays de Loire, moins de 10% en Languedoc) et parce qu'il n'y a pas vraiment de décollage par rapport aux européennes.

MAIS il faut bien voir que dans cinq régions, le PCF était avec le PS. Et que la campagne s'est faite dans la confidentialité la plus parfaite grâce à la discrétion de médias respectueux comme libé, le monde ou france culture (pour ne citer que ceux que j'ai pu côtoyer pendant la campagne).
Et malgré ces conditions les listes soutenues par le Parti de Gauche ont totalisé 1221746 voix en France métropolitaine, c'est-à-dire 6,45% des voix, ce qui est mieux en nombre de voix comme en pourcentage que les résultats du FG des européennes (alors même, je le répète, que, aux européennes, le PCF était allié au PG partout). Si on compte le résultat en outre mer en tenant compte des partis apparentés communistes, on arrive à 1310523 voix, soit 6,73%, c'est toujours mieux que ce qu'on avait aux européennes en nombre comme en pourcentage.

Donc faible progression (0,5%) mais progression quand même. Espérons que le PG ne va pas se faire couillonner dans le processus de fusion des listes.

vendredi 12 mars 2010

Sea, sex and sun

Qu'attendre d'une victoire de la gauche :

Mécanisme :
1 - La gauche (pour être précis : le parti dominant à gauche, appelons-le PS) gagne.
2 - Le PS et ses alliés doivent lutter contre des intérêts puissants pour faire avancer son projet.
3 - Ça n'avance pas et ça finit par se dénaturer, le PS de parti de gauche qu'il était se change en parti centriste. Et c'est bien naturel ! L'exercice du pouvoir droitisera toujours un parti, puisque exercer des responsabilités place les politiciens sous une plus forte pression des milieux d'affaires.
4 - Le résultat, surtout en période de crise comme la période qui dure depuis que je suis né, c'est que les gens ne sont pas contents. Et à la suivante, ils votent moins et à droite parce que les médias (contrôlés essentiellement par la bande du Fouquet's et peuplés de gens beaucoup plus idiots que ce qu'on serait en droit d'attendre de personne ayant d'aussi hautes responsabilités) ne présentent qu'une seule alternative (PS ou UMP ? comme en ce moment dans la campagne des régionales).

Méthode :
1- Ne pas s'attendre à ce qu'un gouvernement de gauche satisfasse les attentes qu'il a suscité : il lutte contre trop d'adversité et les attentes sont toujours trop fortes (quand on ne promet rien comme Jospin, on échoue lamentablement).
2 - Tirer les conclusions de l'usure du pouvoir, non pas avec fatalisme en admettant qu'on n'aura jamais droit qu'à une politique de droite mais en remettant à chaque fois qu'il le faut le curseur à gauche en choisissant les bons candidats et les bons partis. Et, grâce en soit rendue au bon dieu, on a encore la chance en France (pas comme en Angleterre et aux États-Unis par exemple) d'avoir une remarquable diversité à gauche.
3 - Pour espérer que l'adhésion puisse être forte pour un maintien à gauche (c'est à dire à un vote à la gauche de l'actuel parti dominant à gauche), il faut maintenir vivace la bataille médiatique, la bataille idéologique de manière à éviter le désespoir et la manipulation de l'électorat. Les médias sont presque tous contrôlé par des forces hostiles à la gauche on l'a déjà remarqué. Il en reste quelques uns pourtant, qu'il faut soutenir (en ce moment : le monde diplomatique et fakir sont deux excellents choix, il y en a d'autres). Et deuxièmement, comme il ne faut pas trop compter sur les médias, il faut amener le débat politique hors de la sphère médiatique, dans la vie réelle des gens en pratiquant le militantisme (même "sans peine", ça sera un moindre mal).

Avec cette méthode, on peut capitaliser les avancées (parce qu'il y en a quand même) obtenues dans le premier gouvernement PS et, par petites touches et par gouvernements successifs toujours maintenus à gauche, on arrive à nos fins. Mais si la droite arrive au pouvoir, elle a tôt fait de tout casser et on n'avance plus.

mercredi 3 mars 2010

Suite de mes oeuvres... Lisez braves gens ! Lisez !

Pour ma part, les médias que je suis le plus sont France cul et libé. Et à chaque fois que l'un ou l'autre fait le point sur une région, il n'y a jamais un mot sur les listes du Front de Gauche (FG) (littéralement : sur un cahier de 8 pages sur la région Rhône Alpes dans libé, pas une seule mention du FG). J'imagine que ça doit être plus ou moins la même chose sur tous les médias. Ce qui m'emmerde le plus avec ça, en plus du fait que le résultat c'est que des millions de français ignorent ce qu'est le FG et donc ne penseront jamais à mettre ce bulletin dans l'urne, c'est que implicitement, ça fait comme si les médias nous disaient, cette liste là, ce n'est pas du sérieux.

Pas sérieux le FG ?

D'abord, quelle qualification est nécessaire pour être élu ? Je prétends qu'elle n'est pas si énorme qu'on imagine. Pas besoin d'avoir fait l'ENA. Ce sont les conseillers et les hauts fonctionnaires qui ont besoin de compétences techniques. Les élus, il leur suffit d'être capable de comprendre ce qu'on leur dit, d'être capable de ne pas perdre de vue le cap idéologique pour lequel ils se sont fait élire et enfin, d'être capable de comprendre de quoi est fait la vie de leurs administrés (par exemple, arriver à s'imaginer ce que c'est que de prendre le ou ce que c'est qu'être au chômage ou ce que c'est qu'être prof au collège etc.)

Mais admettons qu'on recherche tout de même des compétences techniques.

Pour la question des conseillers, il ne faut pas croire qu'une administration du FG aurait du mal à en trouver de compétents. Des intellectuels, des universitaires liés au front de gauche (ex : Jacques Généreux, tous ceux qui animent les conférences du Parti de Gauche (PG) tous les vendredis) ou que le FG pourrait appeler comme conseiller, il y en a légion (il n'y a qu'à voir tout ce qui est publié en matière de critique sérieuse du capitalisme, du productivisme etc. dans des livres ou dans les médias).

On peut aussi voir que le FG réunit le parti communiste et le PG, qui se compose, entre autres, d'anciens du PS. Or tout ce petit monde inclut de nombreux anciens ministres (dont Mélenchon) et de nombreux parlementaires, au plan local national ou européen. Bref, les listes FG ne contiennent certainement pas moins de personnel "qualifié" que celles d'Europe écologie ou du modem par exemple. Mais je prétends également que le PS et l'UMP qui posent en tant que gens sérieux ne sont pas si qualifiés qu'ils espèrent le paraître. Ce n'est pas parce qu'on admet plus facilement les dogmes de l'idéologie dominante qu'on sait mieux comment gérer une région ou un pays (il n'y a qu'à voir la gestion minable de la France par l'UMP et j'inclus les années Balladur et les années Chirac dans le paquet).

Enfin, c'est une idée idiote de ne vouloir élire que des gens qui aient une expérience préalable d'élu ou qui soient issus d'un parti d'élus. Avec de tels critères, les sud-africains n'auraient jamais élu Mandela. On peut (et doit) renouveler le personnel politique en permanence. Il faut donner leur chance à de nouvelles personnalités de se faire une expérience.

Une partie de l'apparent manque de sérieux du FG pourrait également provenir de la rhétorique de Mélenchon. Je n'en suis pas toujours enchanté moi-même mais elle peut se justifier. D'abord, si il n'avait pas cette façon parfois outrancière de s'exprimer, on n'entendrait absolument pas parler du FG dans les médias (sans Mélenchon, bon client pour des médias en quête de sensation, la visibilité du FG est quasi-nulle). Ensuite, le FG cherche à toucher l'électorat populaire donc il va employer une rhétorique un peu populiste. Il faut bien voir d'abord que populiste ne veut pas dire mensongère : traiter de parasites les banquiers, qui prêtent aux états de l'argent à 6% que leur prête la BCE avec un taux de 1%, ce qui leur permet de faire des bénéfices faramineux sur le dos des états qui doivent emprunter pour sauver l'économie que ces mêmes banques ont plongé dans le marasme, ça me parait tout à fait adéquat. De plus, si on écoute bien, derrière les invectives et les emportements, il y a de réels ferments pour une éducation populaire. Mélenchon, c'est un des hommes politiques qui argumente le plus avec des arguments rationnels et pas avec des sophismes ou avec des slogans. Le bas peuple qui votait coco, dans le temps, il commençait par être attrapé avec des slogans simplistes et puis il se faisait une éducation politique beaucoup plus poussée par la suite, encadré par le parti. Les témoignages sont nombreux de gens issus de milieux très pauvres qui ont dû leur ascension sociale essentiellement à ce qu'il y avait de formateur dans leur engagement militant.

On n'aura jamais un parti politique parfait avec lequel on soit d'accord sur tout. Ça n'empêche pas que ce soit le moindre mal ou encore que ce soit une expérience à tenter de voter FG.