Critique du chiffrage.
Le chiffrage des programmes, tel qu’il est pratiqué est une activité contestée par des économistes tout ce qu’il y a de plus sérieux. En effet, avec le chiffrage, tel qu’il est pratiqué, on cherche «combien ça coûte ?» mais on ne tient jamais compte du fait que certaines dépenses peuvent parfois rapporter plus qu’elles ont coûté. Une vision étriquée du chiffrage a tendance à mettre dans la tête des gens que les programmes les moins chers sont les meilleurs. La question qu’il faut se poser n’est pas «combien ça coûte ?» mais «ce programme est-il à la hauteur des enjeux ?» Cette critique du chiffrage s'applique bien évidemment au chiffrage classique donné dans la suite de l'argumentaire. Seulement, parfois l'on rencontre des gens qui ne voudront pas entendre la critique et réclameront le chiffrage.
Pourquoi on a un programme cher.
Le Front de Gauche a un programme conquérant qui vise à sortir de la crise non pas tant bien que mal et avec quelques bosses mais par le haut, en mettant en place un nouveau fonctionnement de la société qui assure au grand nombre une vie meilleure que ce qu’elle était dans l’avant-crise. On veut des vraies réformes et les vraies réformes, ça coûte de l’argent.
Ce qui coûte et ce qui rapporte.
Réalisme du Front de Gauche.
Le Front de Gauche a le seul programme réaliste parmi ceux présentés à la présidentielle, malgré son coût. En effet, tout programme qui ne libère pas les finances publiques de la tutelle des marchés ne permettra pas d’éviter l’austérité qu’ils réclament et qui ne fera qu’agraver la dette du pays. Tout programme qui ne permet pas un accroissement sensible de la part des salaires dans la richesse produite condamne l’économie à rester dans l’instabilité mortifère dans laquelle un capital hypertrophié la met. La recherche d’une soit disant modération affichée par la plupart des partis pour complaire à l’idéologie dominante défendue par les médias dominants est en fait tout le contraire d’une modération, tout le contraire d’un réalisme.
Appendices.
Coût du SMIC à 1700 euros.
Le SMIC à 1700 euros rapporte de l’argent. C’est le capital qui met la main à la poche et le SMIC accru augmente les rentrées fiscales pour l’état et les cotisations pour la sécu.
Reprendre au capital pour donner aux salaires, concrètement.
Par le travail, une société produit des richesses. Cette richesse va en partie rémunérer les travailleurs et en partie rémunérer les créanciers ou les actionnaires c’est-à-dire, le capital. On veut faire en sorte que la part qui va au capital diminue et celle qui va aux salaires augmente.
Reprendre 10% du PIB au capital pour le rendre aux salaires, ça se fait :
- en augmentant les salaires,
- en diminuant la précarité (la précarité permet aux patrons d’exiger plus de travail pour le même salaire car elle maintient les salariés sous la menace de retomber dans la galère),
- en diminuant le temps de travail (à salaire constant et sans accroitre la productivité horaire par de l’annualisation ou de la flexibilité),
- en taxant le capital.
NB : Il faut aussi qu’il n’y ait pas trop d’écart entre les salaires. Sinon, les riches ont trop d’argent et spéculent avec et les pauvres n’en ont pas assez et s’endettent : ces deux processus augmentent les revenus du capital.
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samedi 2 juin 2012
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